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Avec la MPP : Fatshi se prépare pour la présidentielle 2023

Dernière mise à jour, le 8 décembre 2019 à 09:23

Il trône au sommet de l’Etat depuis la présidentielle de décembre 2018, mais il garde toujours les yeux rivés sur le prochain round électoral de 2023. A l’instar d’autres formations politiques qui affûtent déjà leurs armes, le chef de l’Etat Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi dit Fatshi ne ménage pas sa monture. Selon des indiscrétions glanées dans les milieux de l’UDPS/Tshisekedi, une équipe restreinte travaille sur le projet. Il s’agit de fédérer plus de forces politiques autour de l’UDPS/Tshisekedi pour créer une Majorité présidentielle populaire (MPP), celle qui accompagnera Fatshi en 2023.

Sur le terrain, ses potentiels concurrents se sont déjà jetés dans l’arène. Tous se projettent déjà en 2023 ; année de prochaines échéances électorales. A Lubumbashi, le PPRD qui ne fait mystère autour du choix de Joseph Kabila comme son candidat naturel à la présidentielle de 2023 vient d’annoncer les couleurs depuis son dernier congrès de Lubumbashi.

En même temps, Moïse Katumbi, président d’Ensemble pour le changement,  profite de son safari national qu’il a lancé à partir du Grand Katanga pour tâter le terrain. On sait déjà que Katumbi se présentera en 2023 sous le label de son propre parti politique dont les contours sont en train d’être finalisés.

Au sein du CACH, la coalition qui a porté Félix Tshisekedi, rien ne semble bouger. On sait d’ores et déjà que, selon l’accord créant le CACH, l’UDPS a accepté de s’effacer en 2023 au profit de l’UNC de Vital Kamerhe. Ce qui n’est pas évident. Après cinq ans d’exercice du pouvoir, Félix Tshisekedi acceptera-t-il de se retirer de la présidentielle de 2023 en accordant son soutien à Vital Kamerhe. Difficile de répondre à cette question.

Il est cependant curieux de constater que depuis la victoire de Félix Tshisekedi, le CACH n’a jamais formalisé sa structure. Il est resté comme une coalition temporaire censée disparaître juste après avoir rempli sa mission. De ce point de vue, un soutien de Félix Tshisekedi à Vital Kamerhe paraît peu probable. Il y aura un temps où chacun cherchera à voler de ses propres ailes.

Une chose est sûre : Vital Kamerhe a de sérieuses prétentions pour 2023. Mais, le président de l’UNC sait pertinemment bien qu’il ne pourra pas compter sur la bonne foi de l’UDPS. Sans doute, Félix Tshisekedi ne tiendra pas sa parole, telle que consignée dans l’accord de Nairobi créant le CACH.

C’est l’une des raisons – peut-être même la principale – qui explique le peu d’empressement qu’il y a à mettre en place les structures politiques du CACH.

En 2023, ou peut-être bien avant, une rupture entre Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe est possible. Le chef de l’Etat, qui n’exclut pas l’option de se représenter en 2023, sait qu’il ne pourra pas compter sur Kamerhe. Et vice-versa.

Aussi se prépare-t-il pour éviter toute surprise désagréable lorsque se pointera le rendez-vous électoral de 2023.

Au sein de l’UDPS, il y a une équipe restreinte qui travaille sur le format politique avec lequel Félix Tshisekedi se présentera en 2023. Cela ne sera forcément ni le CACH, ni la majorité qui s’est formée autour de la coalition FCC – CACH. En 2023, Félix Tshisekedi devrait se présenter sous une majorité recomposée au sein de laquelle l’UDPS, son parti, assurera le leadership. En effet, l’idée est de mettre en place une Majorité présidentielle populaire (MPP).

Dans les milieux de l’UDPS, le projet fait du chemin. Des vagues de recrutement se succèdent, notamment au sein du Rassemblement des démocrates tshisekedistes (RDT) et d’autres courants de la mouvance UDPS. Tous ont des yeux rivés sur 2023.

La MPP, qu’est-ce ?

Comment l’UDPS       attend-elle s’y prendre ? La recette est bien simple. La coalition FCC-CACH est factuelle et devrait en principe se désintégrer peu avant 2023. Le PPRD en donne déjà les signaux. Quant au CACH, l’UDPSne compte pas sur sa sincérité. Au sein de l’UDPS, en tout cas, son aile dure, Vital Kamerhe est plus perçu comme un adversaire à fragiliser plutôt qu’un allié sur qui compter. En 2023, il y aura un sérieux rabattement des cartes. C’est tout le sens du projet de création de la MPP.

En réalité, la MPP va partir de la configuration actuelle de la Majorité parlementaire, formée entre le FCC et le CACH, sans oublier l’AFDC de Modeste Bahati Lukwebo. La MPP se propose d’être une constellation de partis et regroupements politiques de la majorité parlementaire autour du président Félix Tshisekedi.

Dans ces conditions, l’UDPS attend grignoter çà et là pour élargir son cercle d’influence. Des contacts sont déjà pris, autant dans le FCC que dans le CACH. A première vue, l’AFDC de Modeste Bahati Lukwebo, qui a rompu tout contact avec le FCC, a plus de chance de se retrouver dans la MPP. On apprend qu’entre l’entourage de Félix Tshisekedi et Bahati Lukwebo, les discussions sont très avancées. Avec son poids politique, l’UDPS pense bien s’allier à l’AFDC pour accroître son influence à l’échelle nationale.

D’autres déçus du FCC, notamment ceux qui contestent l’hégémonie du PPRD, ne pourraient pas hésiter à rejoindre la MPP. Tout comme des alliés du CACH qui se sentent étouffés par l’omniprésence de Kamerhe à côté de Félix Tshisekedi. C’est dire qu’il y a des brèches dont pourrait se saisir le chef de l’Etat pour agrandir sa base politique.

Dans tous les cas, en 2023, Félix Tshisekedi ne se mettra pas à l’écart. Il ne s’effacera pas non plus au profit de Vital Kamerhe, comme prévu dans l’accord créant le CACH. En 2023, Félix Tshisekedi sera sûrement candidat à sa propre succession. C’est avec une UDPS relookée, élargie à d’autres forces politiques et sociales, que Félix Tshisekedi ira solliciter le mandat du peuple sous la bannière de la Majorité présidentielle populaire.

L’UDPS s’y prépare à fond, multipliant des contacts pour fédérer le plus de monde possible autour de ce projet.

(avec lePotentiel RDC)

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