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RDC : Du rififi à l’Assemblée nationale

Dernière mise à jour, le 30 novembre 2019 à 04:46

La reconnaissance par le Bureau de l’Assemblée nationale, du groupe parlementaire de l’aile dissidente de l’AFDC-A, a mis la poudre aux feux. Dès l’ouverture de la séance, la tribune de l’hémicycle se transforme en un ring. Les élus Pro Bahati en viennent aux mains avec ceux de la dissidence devant micros et caméras, obligeant ainsi la présidente de l’Assemblée nationale, Jeanine Mabunda, à suspendre momentanément la plénière afin de ramener de l’ordre dans la maison.

Après moult rappels à l’ordre de la part du speaker de la Chambre, les élus de deux camps rivaux font fait la paix des braves. Mais amènent le combat sur un autre terrain, verbal celui-là, arguments contre arguments.

A la reprise de la séance, un député proche de Bahati prend la parole sous forme d’une motion incidentielle pour dénoncer le « coup fourré du FCC » contre son regroupement politique.

Se basant sur le Règlement Intérieur de l’Assemblée nationale qui stipule dans ses articles 54 et 55 qu’un groupe parlementaire se constitue une et une seule fois, William Kazumba trouve inimaginable que le Bureau puisse cautionner le dédoublement du regroupement politique AFDC-A après qu’il ait été constitué.

Pour cet élu de Dibaya dans le Kasaï Central, le dédoublement de l’AFDC-A est une tricherie flagrante consacrant la violation de la loi. Il accuse le Questeur de l’Assemblée nationale de retenir à la source les cotisations des députés du groupe AFDC-A sans qualité ni titre au nom de l’AFDC-FCC.

« Ce qui prouve à suffisance le détournement des fonds de notre groupe parlementaire » déplore-t-il avant de demander à la présidente de l’Assemblée nationale de reconnaitre illico presto le Groupe parlementaire AFDC-A dirigé par Adèle Kanyinda.

Selon lui, cette matière déjà tranchée par le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale ne peut faire objet d’un quelconque examen par la commission Politique, Administratif et juridique.

Aussitôt après l’intervention de ce fidèle de Bahati, les députés du FCC sont intervenus pour exiger le rejet de sa motion.

Tshimanga Buana fait remarquer que l’AFDC-A reste membre du FCC en dépit de la « rébellion » de son président, Bahati Lukwebo.

Pour l’ancien Rapporteur de la Chambre basse, les députés de l’AFDC-A ont été élus sous le label du FCC. Il estime que Bahati paye le prix de sa « rébellion » contre le FCC et son autorité morale, Joseph Kabila.

Faux, rétorque Adèle Kanyinda. Elle démontre que les députés de son regroupement ont été élus sous le label AFDC-A et non sous celui du FCC qui n’est pas un regroupement mais une plateforme électorale non enregistrée par le Journal Officiel.

Elle a brandi tous les documents qui reconnaissent l’AFDC-A comme regroupement politique avec comme autorité morale, Bahati Lukwebo.

Après ce choc frontal, la plénière décide finalement de transmettre ce dossier à la Commission PAJ pour examen avant que l’Assemblée nationale tranche.

NÉHÉMIE MWILANYA CHARGÉ « D’ASPHYSIER » BAHATI LUKWEBO

Modeste Bahati serait-il dans la lucarne de Me Néhémie Mwilanya ? Le député Muhindo est loin de rejeter cette hypothèse. Il va même plus loin, accusant le Coordonnateur du Comité de stratégie du FCC d’avoir été chargé « d’asphysier » l’autorité morale de l’AFDC-A. Aussi bien sur le plan financier, économique … et fiscale.

Pour y parvenir tous les moyens sont mis à contribution. Le dédoublement de l’AFDC-A ne sort pas de ce schéma de déstabilisation de l’empire politique de Bahati. Celui qui tire les ficelles dans l’ombre ne le fait pas dans les dentelles.

D’après Muhindo, les ministères des Finances, de l’Economie, du Commerce, de l’Environnement, les services de l’Etat, y compris les gouverneurs de province ont reçu des instructions formelles de mettre à genoux Modeste Bahati Lukwebo.

Le député Muhindo charge ainsi le député Néhémie Mwilanya, coordonnateur du Front Commun pour le Congo (FCC), en l’accusant d’exécuter l’ordre de l’autorité morale de ce regroupement politique.

Le député Muhindo sort de son silence en dévoilant un grand pan du complot qui se trame depuis plusieurs mois contre le sénateur Modeste Bahati Lukwebo et son AFDC-A. L’enfant terrible du Sud-Kivu est en train de payer son comportement rebelle contre le mot d’ordre de l’Autorité morale de son ancienne famille politique, le FCC (Front commun pour le Congo).

« Couler » Bahati sur le plan fiscal

Selon le député Muhindo, tous les fonctionnaires ont craché le morceau : ils ont reçu mission de contrôler. Mieux de charger économiquement et fiscalement le sénateur Bahati Lukwebo. Objectif poursuivi : anéantir financièrement et, in fine, politiquement.

Pour que la mission réussisse, l’homme orchestre de cette cabale n’a pas fait dans les dentelles. Tous les moyens sont mis en branle pour mettre à genoux celui à qui la famille politique a barré la route d’abord à la Primature, ensuite au perchoir du Sénat, avant de lui ravir les 5 ministères qui revenaient à son regroupement politique AFDC-A (Alliance des forces démocratiques du Congo et Alliés). Ce, après avoir réussi à avaliser le dédoublement de ce regroupement en faveur de Néné Nkulu Ilunga.

Charger meme illegalement et sans soubassement

Pour accomplir cette sale besogne contre Bahati, ministères, services de l’Etat et autres gouvernorats pro FCC ont été mobilisés. Ainsi les ministères des Finances, de l’Economie, du Commerce, de l’Environnement, les régies financières, ainsi que les gouverneurs de province, ont été instruits en vue de charger, même illégalement et sans soubassement, le président national de l’AFDC et l’Autorité morale de l’AFDC-A, en lui attribuant des sommes imaginaires assorties de pénalités exorbitantes, accuse le député Muhindo.

Déterminé à faire payer à Bahati son outrecuidance pour avoir osé lever une voix discordante au sein du FCC, surtout contre la volonté de son autorité morale et touché par la plainte pendante contre lui à la Cour de cassation pour plusieurs infractions, Néhémie Mwilanya, renseigne la source, a fait venir des fiscalistes belges pour achever Bahati Lukwebo.

Auteur intellectuel du dedoublement de l’AFDC-A

Aujourd’hui, le coordonnateur du FCC est l’auteur intellectuel du dédoublement de l’AFDC-A par peur, haine et jalousie, charge le député Muhindo. V Conséquence directe de ce dédoublement avalisé par le FCC, la chambre basse du Parlement, censé être un temple de la démocratie, s’est transformé le jeudi 7 novembre en un temple de boxe où les députés des deux camps rivaux AFDC-A se sont livrés à des scènes déshonorables.

VIOLATION GRAVE DE RÈGLEMENT INTÉRIEUR DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE

Honorable Président de l’Assemblée Nationale ;
Honorables Membres du Bureau de l’Assemblée Nationale ;
Honorables Députés et Chers Collègues.

Nous référant à l’article 77, alinéa 7 de notre Règlement Intérieur, tout est sensé connaître la place de la motion incidentielle.

En effet, Honorable Madame la Présidente !

Vous êtes sans ignorer qu’un groupe parlementaire se constitue une et une seule fois au début de la législature. Cfr. Articles 54 et 55 du Règlement Intérieur.

A notre grande surprise, le Bureau qui est sensé respecter et faire respecter la loi, est devenu champion de la violation grave de son propre Règlement Intérieur adopté en plénière de l’Assemblée Nationale et déclaré conforme à la Constitution par la Cour Constitutionnelle.

Il est inimaginable qu’un bureau du Parlement puisse cautionner le dédoublement du Regroupement Politique AFDC-A après qu’il ait été constitué.

Pour preuve, la liste constitutive du Règlement Politique AFDC-A vous avez été transmise reprenant ses 41 Députés Nationaux.

Le Regroupement politique AFDC-A ne vous a jamais envoyé une lettre de démission d’un quelconque Député ayant déclaré quitter l’AFDC-A.

Par conséquent, le dédoublement orchestré par vous n’est qu’une tricherie flagrante consacrant le non-respect de la loi.

Nous déplorons, par la suite, le fait que l’Honorable Questeur se soit permis de retenir à la source les cotisations des Députés du Groupe Parlementaire AFDC-A, sans qualité ni titre, au nom du soi-disant AFDC-A/FCC. Ce qui prouve à suffisance le détournement des fonds de notre Groupe Parlementaire.

Pour preuve, voici la copie qui témoigne du détournement à travers le document qui porte la mention « AFDC-A/FCC ».

Nous demandons à l’honorable Présidente le document juridique qui prouve l’existence de l’AFDC-A/FCC comme 17ème Groupe Parlementaire de cette législature.

Pour clore, nous vous demandons de reconnaître dès maintenant le Bureau du Groupe Parlementaire AFDC-A dirigé par l’Honorable Adèle KANYINDA MAHINA.

Cette matière ne peut faire l’objet d’un quelconque examen par la commission parce qu’elle est explicitement tranchée par le Règlement Intérieur.

Par ailleurs, nous mettons en cause l’irrégularité flagrante qui a caractérisé la désignation de quelques membres des bureaux des commissions permanentes attribuées à notre Regroupement sans avoir associé la Présidente de notre Groupe Parlementaire.

Nous demandons à la plénière de reconsidérer les droits revenant au Regroupement Politique AFDC-A, proportionnellement à notre poids politique.

(avec Eric WEMBA, Kléber KUNGU)

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