jeudi , 12 décembre 2019
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Climat : Inaction des dirigeants de la planète

Dans un discours furieux à l’ONU, la jeune Suédoise Greta Thunberg a réprimandé les dirigeants de la planète pour leur inaction contre le changement climatique, au début d’un sommet à New York. « Je ne devrais pas être là, je devrais être à l’école, de l’autre côté de l’océan », a lancé Greta Thunberg, la voix tremblante mais forte, lisant un texte depuis sa chaise. « Comment osez-vous? Vous avez volé mes rêves et mon enfance avec vos paroles creuses ». « Je fais pourtant partie de ceux qui ont de la chance. Les gens souffrent, ils meurent. Des écosystèmes entiers s’effondrent, nous sommes au début d’une extinction de masse, et tout ce dont vous parlez, c’est d’argent, et des contes de fées de croissance économique éternelle? Comment osez-vous! » Ce court discours est l’un des plus percutants que l’adolescente de 16 ans ait prononcés depuis son arrivée aux Etats-Unis fin août. Elle a, comme auparavant, répété les faits scientifiques confirmant le réchauffement accéléré de la planète, puis s’en est pris aux chefs d’Etats et de gouvernements présents au même sommet, auquel le secrétaire général de l’ONU l’avait invitée. « Vous nous avez laissés tomber. Mais les jeunes commencent à comprendre votre trahison », a dit Greta Thunberg. « Si vous décidez de nous laisser tomber, je vous le dis: nous ne vous pardonnerons jamais. Nous ne vous laisserons pas vous en sortir comme ça ». « Le monde se réveille, et le changement arrive, que cela vous plaise ou non. Merci », a-t-elle conclu, très applaudie dans la grande salle de l’Assemblée générale.

« Comment osez-vous! » a lancé lundi la jeune militante du climat Greta Thunberg aux dirigeants mondiaux réunis à l’ONU pour revigorer l’accord de Paris sur le climat, et appelés à abandonner les énergies fossiles pour accélérer la réduction des émissions de gaz à effet de serre. 

Répondant à l’appel du secrétaire général des Nations unies, 66 Etats ont désormais souscrit au principe d’une neutralité carbone d’ici 2050, a annoncé l’ONU lundi matin en préambule de ce sommet inédit. Jusqu’à présent, seule une vingtaine de pays ont inscrit cet horizon dans leur loi nationale ou engagé ce processus. L’Union européenne espère arriver à un consensus entre Etats membres en 2020.

Le sommet précède l’Assemblée générale annuelle des Nations unies et une soixantaine de chefs d’Etats et de gouvernements doivent prendre la parole pour annoncer des engagements renforcés.

Le ton a été donné à l’ouverture par un discours percutant de la jeune Suédoise Greta Thunberg, qui a blâmé sans détour les dirigeants pour leur inaction.

« Je ne devrais pas être là, je devrais être à l’école, de l’autre côté de l’océan », a lancé la lycéenne en année sabbatique, la voix tremblante de colère. « Comment osez-vous? Vous avez volé mes rêves et mon enfance avec vos paroles creuses ».

« Des écosystèmes entiers s’effondrent, nous sommes au début d’une extinction de masse, et tout ce dont vous parlez, c’est d’argent, et des contes de fées de croissance économique éternelle? Comment osez-vous! »

Surprise, le président américain Donald Trump, présent à l’ONU pour d’autres événements, est venu s’asseoir quelques minutes dans la salle, alors que les Etats-Unis avaient décliné de participer. Il a écouté, puis applaudi, le Premier ministre indien, Narendra Modi, avant de filer vers un autre événement.

Volonté de ne pas être complètement absent du principal événement du jour ? Goût de la provocation de la part de celui qui a annoncé le retrait avec fracas des Etats-Unis de l’accord de Paris ? La brève visite du milliardaire républicain a suscité la perplexité.

Manifestations « sympathiques »

Outre les Etats-Unis, le Brésil et l’Australie ne participent pas au sommet, faute de choses à annoncer. Mais la Chine, qui dévore du charbon et émet deux fois plus de gaz à effet de serre que les Etats-Unis, s’exprimera par la voix de son chef de la diplomatie, Wang Yi.

L’Indien Narendra Modi, dont le pays est comme la Chine fidèle au charbon, a décrit la croissance effrénée des énergies renouvelables dans son pays.

Sans nommer Greta Thunberg, Emmanuel Macron s’est dit frappé par les discours des jeunes l’ayant précédé. « Aucun responsable ne peut rester sourd à cette exigence de justice entre les générations », a-t-il dit. « On a besoin de cette jeunesse pour nous aider à changer les choses (…) et mettre plus de pression sur ceux qui ne veulent pas bouger ».

Excédant le temps de parole prévu de trois minutes par leader, il a fait applaudir la Russie, qui a ratifié lundi l’accord de Paris, et répété que les dernières centrales au charbon françaises seraient fermées en 2022. Quant à l’Europe, il a appelé à ce que toutes les importations soient « zéro carbone et zéro déforestation ».

Dans l’avion vers New York, le président avait jugé « sympathiques » les grandes manifestations de jeunes les vendredis, mais jugé qu’il serait plus utile de faire pression sur « ceux qu’on n’arrive pas à faire bouger »… visant par exemple la Pologne.

Zéro carbone

La neutralité carbone signifie que les pays s’engagent à réduire au maximum leurs émissions et à compenser le reliquat, par exemple en replantant des arbres, qui absorbent le carbone de l’air.

Ce but était considéré si radical en 2015 que le terme avait été exclu du texte de l’accord de Paris, mais il est en train de s’imposer, rendu plus pressant par les canicules de l’été dernier, les cyclones et les images de glaciers fondant presque à vue d’oeil.

« Il faut espérer que ce groupe de pays et d’acteurs et d’autorités locales progressistes préparent la seconde vague, pour démontrer où se trouve la modernité, où se trouve le progrès », dit à l’AFP Laurence Tubiana, l’une des architectes de l’accord de Paris.

Les cinq années passées devraient constituer la période la plus chaude jamais enregistrée, selon un rapport publié dimanche par l’ONU. La Terre est en moyenne plus chaude d’1°C qu’au XIXe siècle, et finira à au moins +3°C en 2100 dans l’état actuel des engagements.

Les promesses de lundi n’ont pas de valeur légale. Le sommet n’est qu’un « tremplin » vers la réunion COP26 de Glasgow fin 2020, quand les pays sont censés soumettre à l’ONU des engagements climatiques révisés à la hausse.

A ce jour, seuls 59 des 195 signataires de l’accord de Paris ont annoncé leur intention de le faire. Les Etats-Unis n’en font pas partie.

(avec Afp)

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