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Gratuité de l’enseignement : Manque de moyens financiers en RDC

Dernière mise à jour, le 27 octobre 2019 à 03:29

Les enseignants titulaires des cours dans les classes de 7ème et 8ème année du collège Boboto, concernée par la gratuité de l’enseignement de base décrétée en République démocratique du Congo (RDC), n’ont pas renoué avec la craie au premier jour de la rentrée des classes, hier lundi 2 septembre sur l’ensemble du territoire national. Contacté par Top Congo FM, l’un de ces enseignants a déclaré à haute et intelligible voix qu’ils manquaient de tout. Jusqu’hier lundi, ils n’avaient ni journal de classe ni cahier de prévisions de matières ni cahier de roulement. Bref, la direction n’avait encore acheté aucun document pédagogique pour ces enseignants. Une grande première dans l’histoire de cet établissement scolaire géré par la compagnie de Jésus, compté parmi les prestigieuses écoles de la RDC.

A en croire cet enseignant, le retard préjudiciable dans l’achat de leurs documents pédagogiques n’est pas imputable aux gestionnaires de ce collège fondé en 1964. Plutôt, au manque de moyens financiers nécessaires. « A la suite de la décision du Gouvernement portant gratuité de l’enseignement de base à partir de cette année scolaire 2018-2019, nous ne sommes plus en capacité de réunir la somme d’un million de dollars américains traditionnels, que contribuaient les parents au titre des frais de fonctionnement. Dès lors que la gratuité de l’enseignement de base est devenue effective dans tous les établissements publics, nous attendons que le Gouvernement mette cette somme à la disposition des gestionnaires du collège, pour permettre à ces derniers de nous payer les documents pédagogiques requis. Il s’agit-là, d’un préalable incompressible à la reprise effective des cours », déclare sur un ton de déception, ce professionnel de la craie joint au téléphone par notre consœur Top Congo FM.

L’impératif de l’hygiène environnementale

Outre les documents tenus par l’enseignant, au petit collège Boboto on conditionne également la reprise effective des activités scolaires par l’impératif de l’assainissement de l’environnement. Il s’agit principalement ici, de l’hygiène dans les toilettes de l’école.  » Après trois mois de vacances, on ne peut pas imaginer que les sanitaires soient d’usage, sans y apporter la toilette nécessaire pour éviter des maladies. Ces travaux d’hygiène exigent l’achat de détergents et autres produits appropriés. Et comme toujours, l’école disposait de fonds nécessaires grâce à la contribution des parents. Maintenant que l’Etat a décidé que les parents ne doivent plus délier la moindre bourse, le Gouvernement doit tirer toutes les conséquences », déclare un autre enseignant du petit collège Boboto.

Secret de polichinelle, le collège Boboto figure parmi les meilleurs établissements d’Enseignement primaire et secondaire (EPS) en RD Congo. Chaque année, il reçoit des milliers d’écoliers et plusieurs centaines d’élèves des humanités. Pas seulement. Le collège Boboto doit également sa notoriété à son attachement au calendrier scolaire. Généralement, les enseignements y sont dispensés dès le premier jour de la rentrée des classes.

De tout ce qui précède, la non-reprise effective des activités scolaires hier lundi 2 septembre dans les classes du cycle primaire, de 7ème et de 8ème années (ex-1ère et 2ème années du secondaire), constitue le premier signe de la paralysie, consécutive à la gratuité de l’enseignement de base. La question qui se pose est celle de savoir jusqu’où irait l’ajournement de la rentrée scolaire dans les classes ci-dessus indiquées du collège Boboto.

Dès lors que chasser le naturel il revient au galop, plus d’un analyste craint que les parents dont les enfants fréquentent cette école, ne puissent s’impatienter au point de s’engager à nouveau à contribuer pour sécuriser la scolarité de leurs progénitures. A condition que le Gouvernement ne puisse intervenir à temps, en allouant à ce collège, les fonds nécessaires à son fonctionnement. Sinon, les mêmes causes produisant les mêmes effets, les risques de retour à la case du départ ne sont pas à écarter d’emblée ! Car, le cas collège Boboto est loin d’être isolé. 

2,9 MILLIARDS USD POUR ASSURER LA GRATUITÉ DE L’ENSEIGNEMENT EN RDC

C’est hier qu’a eu lieu la rentrée scolaire sur toute l’entendue du pays sous le signe, cette année plus particulièrement de la gratuité théorique de l’enseignement fondamental comme prescrit dans la Constitution du 18 Février 2006. Mais pour que cette gratuité soit effective, les experts du secteur de l’enseignement sont parvenus, dans presque tous les fora sur cette question à des subsides qui oscillent entre 2,5 et 2,9 USD, presque 3 milliards USD.

Là où le Budget annuel des recettes du Pouvoir central ne dépassant jamais les 4 milliards USD. Où le gouvernement irait-il chercher ces 2,9 USD pour financer la gratuité de l’enseignement qui vient d’être lancée sans étude préalable pour sa réalisation ? Quand on sait que, selon les statistiques du ministère du Budget, les recettes du premier semestre 2019 du gouvernement central se sont plafonnées à 2 milliards USD sur les 5 milliards USD projetés.

Le Budget 2020 qui sera voté par le Parlement au mois de septembre prochain, ne ferait rien de plus en termes de recettes et aller au-delà de 4 milliards USD. Il est quasiment impossible d’en tirer les entre 2,8 2,9 milliards de la gratuité de l’enseignement. Même seulement 2 milliards USD, on ne voit pas comment le ferait le gouvernement Ilunga. Alors que la décision de la gratuité est déjà prise à la rentrée d’hier.

D’où viendraient les subsides de l’Etat pour compenser la gratuité ? Et même, en réfléchissant par l’absurde , si le Budget de l’Etat était de quelque chose comme 10 à 15 milliards USD et le permettait, ce ne serait pas dans le Budget en cours d’exécution qui n’a pas prévu des dépenses dues à la gratuité. Mais plutôt à l’exécution de ce Budget-là et pas avant. Ce n’est pas aujourd’hui qu’on devait appliquer la gratuité mais plutôt à l’exécution du Budget qui le financera réellement. Lequel ? On ne l’a pas encore.

Ce qui veut dire qu’on est allé trop vite en besogne en appliquant la gratuité. La réalité est qu’à ce jour, les subsides de l’Etat en faveur de quelques écoles du secteur public est de 180 USD par an, par école officielle, c’est le montant prévu au Budget. Très minime. C’est dans ce montant qu’on trouve les frais de fonctionnement des écoles publiques qui sont éligibles la gratuité.

Raison pour laquelle, ce sont les parents qui compensent cet état des choses en payant le minerval. Puisque le minerval est supprimé alors que que le Budget actuel de l’Etat -2019- ne prévoit que les subsides de 180 USD par an, par école, et qu’il n’y a pas eu un autre Budget engageant cette dépense, d’où viendrait alors les frais de fonctionnement des écoles où s’applique déjà la gratuité ?

Le gouvernement de Sylvestre Ilunga Ilunkamba doit répondre à tous ces questionnements en fixant, sans aucune démagogie, les Congolais, une bonne fois pour toutes sur la source de financement de la gratuité de l’enseignement.

Avec de maigres ressources, le gouvernement ne peut se risquer dans des politiques ruineuses comme la gratuité de l’enseignement sans ressources financières suffisantes propres pour sa réalisation. C’est connu, jusqu’à ce jour les parents contribuent à hauteur de 75% des frais de scolarité de leurs enfants. Tandis que l’Etat assure les 10% et les Bailleurs de fonds internationaux les 15% restants. On ne sait pas ce qui a changé, en termes des liquidités au trésor public pour que l’Etat s’engage à payer seul, le tout pour l’enseignement fondamental. 

REPRISE DES COURS TIMIDE

Le calendrier de La nouvelle année scolaire 2019-2020 a été respecté. Après deux mois de vacances, écoliers et élèves ont repris le chemin de l’école hier lundi 2 septembre sur l’ensemble du territoire congolais. Cependant, cette rentrée des classes sur fonds de la gratuité de l’Enseignement de base dans tous les établissements publics du pays, a fait fortune diverse dans les écoles de Kinshasa.

Même si après sa visite effectuée dans quelques écoles ciblées de la capitale, le ministre sortant de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel (EPSP), s’est réjoui de l’effectivité de la rentrée scolaire, le constat général est que la rentrée scolaire 2019-2020 a été très timide dans la plupart des écoles de la capitale. Ce, malgré l’exonération des frais de contribution naguère payés par les parents. Une équipe de reporters de Forum des As s’est déployée hier sur le terrain. Reportage.

Les bleu et blanc à peine visibles à Limete

La rentrée scolaire 2018-2019 a bel et bien été effective hier lundi 2 septembre. Cependant, les élèves du des principaux établissements publics et privés de la commune de Limete ont brillé par leur absence. Mieux, les bleu et blanc ont été à peine visibles sur les artères de cette municipalité de Kinshasa.

Les couleurs bleu et blanc ont été pratiquement absents des artères de Limete. De la prestigieuse Ecole Cartésien à la 7ème, au Collègue Saint-Raphaël à la 1ère Rue en passant par l’école Massamba (13ème Rue) et Lumumba à la 17ème Rue on pouvait compter au doigt de la main le nombre d’élèves ayant répondu présent à ce premier jour de la rentrée scolaire édition 2019-2020 marquée par la gratuité de l’enseignement de base pour les écoles publiques et conventionnées.

Rue, à peine visibles hier lundi 3 septembre sur les artères de la ville de Kinshasa. Cette date était celle de la rentrée scolaire 2007-2008 sur toute l’étendue de la RDC. Ce, conformément au calendrier scolaire fixé par le ministère de l’Enseignement primaire secondaire et professionnel (EPSP).

Dans toutes ces écoles précitées, pas plus de cinq élèves n’étaient dans la salle ni dans la cour. Sauf quelques enseignants qui s’y étaient agglutinés. Interrogés, ils ont affirmé que, comme il est de coutume à Kinshasa, la majorité des parents ne sont pas en ordre avec les fournitures et ceux qui le sont attendent peut-être deux ou trois jours avant d’envoyer leurs enfants à l’école ».

Quant aux écoles conventionnées catholiques, certaines d’entre elles ont accueilli quelques dizaines d’élèves. C’est le cas de l’EP Saint Adrien dans la commune de Ngaba, de l’EP 8, du Lycée Boyokani, dans la commune de Kalamu. Par contre, l’Institut Sainte Marie Gorethi, de la même commune, n’a accueilli aucun élève. Toutes les portes étaient hermétiquement fermées. La même situation a été vécue dans d’autres communes, notamment à Ngaba, à l’EP 3 et 6 (Sainte Monique), à l’EP 2 et 5 (Lycée St Pierre) dans la commune de Kinshasa, etc. Les quelques élèves qui s’y sont rendus avaient rebroussé chemin, aussitôt arrivés à l’école.

D’autre part, les écoles privées agréées, n’ont pas connu d’engouement. Elles n’ont reçu que très peu d’élèves, contrairement à la dernière rentrée scolaire. On n’a constaté des salles encore vides.

« La manie des élèves est de s’absenter pendant une semaine… »

Le directeur de l’EP A 1 dans la commune de la Gombe, Kueno Ndombasi, a justifié l’absence de nombreux élèves hier lundi 3 septembre par la manie observée, depuis quelques années, dans le chef des élèves de s’absenter durant la première semaine qui suit la rentrée scolaire.

Selon le directeur de l’EP A I, ces élèves prennent tout leur temps pendant une semaine parce que, expliquent-ils, la direction d’école va consacrer la première semaine qui suit la rentrée des classes à la mise en ordre des documents administratifs et au nettoyage des locaux scolaires devenus sales pendant les deux mois de vacances.

Contrairement aux élèves dont la présence n’était pas nombreuse, Kueno Ndombasi a affirmé que c’était tout le contraire pour les enseignants qui étaient tous à leur lieu de travail. « Cela démontre quand même l’engagement des enseignants à contribuer au développement de la République démocratique du Congo », a-t-il répondu, à une question du reporter du journal Le Potentiel sur le mot d’ordre de grève lancé par le Syeco et le Synecat. Le directeur de l’EP A 1 Gombe s’est refusé à commenter sur cette menace de grève qui, a-t-il dit, est une affaire qui ne relève pas de sa compétence.

Enfin, il a parlé des parents qui accompagnent leurs enfants à l’école. « A ceux-là, nous ne demandons rien; l’essentiel est qu’ils viennent laisser leurs enfants afin de permettre à ces derniers de suivre les enseignements dès le début et leur donner, comme les autres élèves, les mêmes chances de réussite », a-t-il précisé.

Se confiant au Potentiel, quelques enseignants trouvés sur le lieu ont confirmé observer le mot d’ordre de grève lancé par le Syeco et le Synecat. « Ce ne sont pas les bonnes intentions qui comptent de la part du gouvernement mais plutôt leur concrétisation », ont-ils martelé, déçus par le traitement dont est l’objet les enseignants en RDC.

« Les autorités devaient prendre en compte le budget voté par le Parlement et promulgué par le président de la République, en allouant aux enseignants des salaires réels », ont-ils indiqué, faisant allusion au barème salarial prévu pour les enseignants. Lequel alloue 35.216 Fcau huissier de la ville de Kinshasa.

Institut de la Gombe : Une rentrée morose

Deux enseignants qui ont requis l’anonymat ont révélé, à cette occasion, n’avoir pas été payés le samedi 1er septembre dernier, contrairement aux assurances des autorités du ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel (EPSP). « Le comptable du compte 406, qui devait payer plus de 136.000.000 de francs congolais aux enseignants et au personnel de l’éducation, n’a payé qu’en dessous de 1.000.000 de Fc, faute de liquidité », ont-ils fait savoir. Conséquence : seuls quelques enseignants relevant des quatre directions (EP A 1 Gombe, EP A 2, EP A 3 et EP A 4) ont été payés le samedi 1er septembre dernier.

L’atmosphère à l’Institut de la Gombe, situé dans la commune du même nom et qui figure parmi les « grands » établissements scolaires de la capitale, a été morose. On a constaté un nombre insignifiant d’élèves dans les classes. Ceux-ci se tournaient les pouces.

« La paie des salaires des enseignants est programmée », nous a confié une source. Mais les enseignants contactés, avouent qu’ils ne sont pas encore payés. « Dans ces conditions, comment veut-on que nous nous sacrifions pour enseigner les enfants d’autres personnes alors que les nôtres traînent encore à la maison faute d’argent », ont-ils argumenté. La même atmosphère a été observée aux Lycées Sacré Cœur et Bosangani. Les enseignants étaient à leur lieu de travail, mais n’ont pas dispensé les enseignants, respectant ainsi le mot d’ordre de grève.

Quelques enseignants de ces deux établissements scolaires ont avoué avoir reçu leur salaire du mois d’août, samedi dernier. Un salaire qu’ils jugent « très insignifiant ». « La majorité, si pas la plupart, des enseignants des lycées Sacré Cœur et Bosangani n’habitent pas la commune de la Gombe où se trouvent ces lycées. Ils doivent emprunter les moyens de transport en commun pour se rendre à leur lieu de travail. Pourtant, l’employeur ne leur paie pas les frais de transport. Vous comprenez que les enseignants sont, dès lors, confrontés à d’énormes difficultés », ont-ils déploré.

A noter que l’entreprise de construction Safrimex, qui était chargée de réhabiliter les bâtiments des lycées Sacré Cœur et Bosangani, a terminé ses travaux. Consécutifs à l’incendie qui s’y était déclaré. Ces travaux ont duré quatre mois et demi. Les responsables de cette entreprise ont remis, le vendredi 31 août dernier au cours d’une brève cérémonie, les clefs des bâtiments au gouverneur de la ville, André Kimbuta.

Au collège Boboto, considéré également comme une des « grandes » écoles de Kinshasa, on a enregistré la présence de quelques élèves dans les salles de classes. Les enseignants qui présents, mais n’ont pas enseigné conformément au mot d’ordre de grève. 

Carton à plein au Collège de la Salle, au Lycée Shaumba, salles à moitié vides à Kimvula et à l’EDAP

Le Collège De la Salle, le Lycée Mgr Shaumba dans la commune de la Gombe et le Lycée Bolingani de Kintambo ont vibré au rythme des enseignements. En revanche l’Institut Kimvula et l’École d’application de l’Université pédagogique nationale (Edap) ont reçu un petit nombre d’élèves.

Il est environ 9h45′. Cap sur le Collège De La Salle, sis avenue de la Science. Devant la grille, deux peintres parachèvent minutieusement les travaux de badigeonnage. Malgré ces travaux, les cours se dispensent en bonne et due forme. Prise de contact par-ci, plans du cours et résumés par-là.

« C’est la rentrée scolaire. Les élèves sont venus en masse. C’est la prise de contact. Je leur ai donné le plan du cours. Le lendemain, je vais passer à l’introduction. La bonne ambiance règne », se réjouit Mbiya Kanza, Prof de Mathématiques en 7ème. Le même sentiment est partagé par M. Claude, Conseiller d’orientation de cette école des Frères des écoles chrétiennes (FEC), dirigée actuellement par le frère Évariste.

Au Lycée Mgr Shaumba de confession protestante, le constat est le même. Tout se passe normalement. Les filles ont répondu présente à l’appel. Le corps enseignant aussi. Ici, les enseignements sont dispensés normalement. De la 7ème année post-primaire à la classe terminale des humanités, les salles sont bien pleines. Des parents sont impatients dans la file d’attente. Qui pour acheter tel document scolaire, qui pour retirer l’uniforme, qui pour avoir certains renseignements.

Tant pis pour les absentes

Au Lycée Bolingani, école des Sœurs franciscaines à Kintambo, on se bouscule aux portillons pour se tailler une place à l’intérieur. « Vive la rentrée scolaire », apostrophent tout joyeuses, ces jeunes filles. « Le go de l’année scolaire 2019-2020 est désormais donné. Les cours ont bel et bien commencé. Tant pis pour les retardataires. C’est la fin des vacances. Je l’ai réalisée aujourd’hui. Car, nous avons effectivement étudié. Au menu, les Mathématiques, le Français, l’Informatique. »

« Je reste optimiste comme d’habitude », affirme Mlle Vanessa Bongongo.

« Notre professeur de mathématique a placé la barre très haut. Dès ce lundi, nous avons fait des copies et il y a déjà un premier devoir sur les équations du second degré. J’invite donc les absentes de venir. » Atteste pour sa part, Mlle Gaëlle, élève en 3ème année (soit l’ancienne 5ème) des humanités Chimie-Biologie.

Tuer le vieil homme en nous

Dans la commune de Ngaliema, à l’Edap située juste à 5 pas de l’UPN, les classes sont à moitié vide à l’école primaire. Aux humanités, c’était pire, les élèves ont brillé par leur absence.

Même constat à l’Institut Kimvula à Kintambo où le nombre de ceux que les kinois appellent affectueusement « Corbeaux » ne reflète pas la réalité de l’effectif attendu.

« C’est une mauvaise habitude. Les élèves de Kimvula en général viennent souvent le jeudi ou bien la semaine prochaine. C’est un comportement à décourager. Ils endossent la veste des stars comme c’est le cas au moment de l’échauffement au football où certains joueurs doivent sortir parmi les derniers pour être applaudis.

Il faut que les autorités de l’école s’y penchent et puissent avoir la main lourde. A notre époque ce n’était pas le cas. » s’est indigné cet ancien de Kimvula et tenancier d’un cabine téléphonique qui tourne en plein régime, Guylain Lusalakio alias « Tonton Lama ».

Le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi a lancé la rentrée scolaire au Collège Mokengeli newlook de Lemba.

Elle est placée sous la gratuité de l’enseignement de base à en croire l’article 43 de la constitution de la 3ème République du 18 février 2006 et la loi cadre de 2014. C’est aussi l’une des promesses de campagne de l’actuel Chef de l’État. 

Des bleus blancs presque invisibles devant les écoles de Yolo-Sud

Il est environ 7h15, quand les écoliers retrouvent le chemin de l’école ce lundi 03 septembre dans une ambiance quasi morose. Contrairement à l’exercice précédent, le premier jour de la rentrée scolaire 2019-2020 n’a pas été celui de grande affluence dans des écoles du quartier Yolo-Sud de Kalamu. Interrogés, nombre de parents déclarent n’avoir pas encore payé le nécessaire pour envoyer leurs enfants à l’école.

Dans certaines écoles publiques visitées hier, le nombre d’élèves présents dans les salles de cours atteignait à peine, la moitié des effectifs. Cas d’une classe de 4ème année (équivalent de l’ancienne 6ème année des Humanités) où seulement 26 élèves ont répondu présent, sur un total de 53. Même constat dans une autre classe de 2ème année (soit 4ème année des Humanités) où l’on a enregistré seulement 13 élèves présents sur un total de 40.

« Certes, la gratuité de l’enseignement de base est effective dans toutes les écoles publiques. Mais l’achat de fournitures scolaire pose problème. L’Etat doit savoir que nous avons des enfants aussi bien au primaire qu’aux humanités. Et, pour ceux qui sont au cycle des humanités, c’est le parent lui-même qui prend en charge les frais scolaires. Pour y faire face, le Gouvernement doit réajuster nos salaires pour nous permettre de subvenir à tous les besoins liés à la scolarité de nos enfants », explique Mme Jacqueline Kitoko, mère de cinq enfants.

Visages rayonnants, sourire aux lèvres, quelques écoliers fréquentant les établissements publics, rencontrés sur la grande artère de Kapela, s’empressaient à expérimenter la gratuité de l’école. De même que ceux de leurs collègues des écoles privées qui, dans une effervescence habituelle du premier jour de la rentrée scolaire, se montraient tout aussi enthousiastes.Cheveux bien coiffés pour les garçons, belles tresses pour les filles, baskets, sac au dos pimpant et uniforme pimpant neuf, la motivation de ces écoliers rencontrés dans la rue semblait se limiter là.

« En ce premier jour de la rentrée scolaire, je me suis résolu d’accompagner mon fils à l’école pour me rencontre personnellement compte de l’effectivité de la gratuité de l’enseignement de base, telle que décidée par le Gouvernement. Car, je n’y ai pas cru dès le départ. » déclare sous le sceau de l’anonymat, une autre mère de famille, la quarantaine révolue.

Quand le bonheur des parents des élèves des écoles publiques fait le malheur…

L’obligation de payer un acompte des frais scolaires dans des écoles privées est aussi l’une des causes majeures de la non-reprise des enseignements hier dans la plupart des établissements de Kinshasa. Pendant que certains parents chantent en chœur  » merci Fatshi « , d’autres crient au secours du Président de la république. Ces derniers lui demandent de s’impliquer personnellement, afin que les promoteurs des écoles privées puissent revoir à la baisse, le montant des frais exigés.

« Que l’Etat demande aux promoteurs des établissements privés de revoir, non seulement le montant demandé au titre d’acompte, mais aussi et surtout, la somme à payer pour toute l’année. Car nous ne saurons pas inscrire tous nos enfants dans les écoles publiques, d’autant plus que ces dernières limitent le nombre d’élèves à inscrire », s’exprime Jean-Jacques. 

(avec Grevisse KABREL, KANDOLO M., Rachidi MABANDU, Gloire BATOMENE, Tania MUBUADI)

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