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Explosion du camion-citerne : Plusieurs morts en Tanzanie

Dernière mise à jour, le 16 septembre 2019 à 07:39

L’explosion d’un camion-citerne samedi en Tanzanie a fait 69 morts, essentiellement des badauds venus siphonner le carburant qui s’écoulait du poids-lourd accidenté, selon un nouveau bilan dimanche du gouvernement tanzanien qui a décrété un deuil national de trois jours. « Nous déplorons actuellement 69 morts, dont le dernier a perdu la vie durant le vol alors qu’il était en cours de transfert par hélicoptère vers l’hôpital national à Dar es Salaam », a déclaré le Premier ministre Kassim Majaliwa. « Les blessés sont maintenant au nombre de 66 », a ajouté le Premier ministre qui s’exprimait devant une foule massée sur un terrain scolaire de Morogoro, où s’est déroulé le drame. Le dernier bilan donné samedi soir par le gouverneur de Morogoro, Stephen Kebwe, faisait état de 64 morts et 70 blessés.

Les faits se sont déroulés samedi matin sur la commune de Msamvu, dans l’immédiate périphérie de Morogoro, un ville située à quelque 200 km à l’ouest de la capitale économique Dar es Salaam, sur l’un des principaux axes routiers du pays.

Le poids-lourd s’est renversé sur la chaussée, en tentant selon des témoins d’éviter une moto. Dans la foulée, des conducteurs de « boda-boda » – des moto-taxis – ont afflué sur les lieux pour tenter de récupérer du carburant qui s’échappait de la citerne, tout comme des habitants de la commune. Puis l’essence s’est embrasée.

Devant l’ampleur de la catastrophe, le président John Magufuli a décrété samedi soir un deuil de trois jours.

« Que Dieu te guérisse »

Il s’est rendu dimanche au chevet des blessés soignés à l’hôpital national de Dar es Salaam, où ils ont été transférés par route ou par hélicoptère depuis Morogoro.

« Que Dieu te guérisse », a dit le chef de l’Etat à chacun des 43 blessés, dont certains dans un état très sérieux selon les médecins qui accompagnaient M. Magufuli.

De son côté, le Premier ministre Kassim Majaliwa, dépêché à Morogoro par le chef de l’Etat, a annoncé la mise en place d’une commission d’enquête pour établir si une ou des institutions avaient manqué à ses responsabilités dans la gestion de cette catastrophe.

« Pendant que nos compatriotes maintenant décédés se rassemblaient pour siphonner le carburant, quelqu’un les en a–t-il empêchés? », a interrogé le Premier ministre.

« Moi, je sais que normalement, en cas d’accident, la police de la sécurité routière vole au secours », a poursuivi M. Majaliwa, se demandant également si les pompiers étaient intervenus à temps.

Les premières funérailles devraient se dérouler dimanche après-midi.

Tests ADN

« Les préparatifs sont terminés pour l’inhumation, des tombes individuelles ont été creusées et les cercueils sont prêts », a assuré dans la matinée la ministre chargée des Affaires parlementaires Jenista Mhagama, ajoutant qu’une équipe de spécialistes était également prête à apporter éventuellement une assistance psychologique aux membres des familles éplorées.

Pour les victimes méconnaissables, il sera procédé à des tests ADN, a-t-elle précisé, ajoutant que les familles qui le souhaitent pourront emporter les corps des leurs pour les inhumer.

Ce type de tragédie n’est pas rare sur le continent. Début juillet, dans le centre du Nigeria, au moins 45 personnes étaient mortes et plus de 100 blessées lors du pillage par la population d’un camion-citerne accidenté qui avait explosé.

La citerne avait pris feu lorsqu’un autocar chargé de passagers avait tenté de passer: son pot d’échappement, en raclant le sol, avait provoqué des étincelles qui avaient enflammé le carburant.

Pour la tragédie de samedi près de Morogoro, c’est un homme qui tentait d’arracher la batterie qui est peut-être à l’origine de l’embrasement du carburant répandu au sol, selon le gouverneur et un témoin.

Tandis que les moto-taxis et résidents s’affairaient à remplir des jerricanes avec le carburant, « une personne tentait d’arracher la batterie du véhicule. Nous avons averti que le camion pouvait exploser à tout moment mais personne n’a voulu nous entendre. Nous avons alors poursuivi notre chemin. Mais à peine avions-nous tourné les talons que nous avons entendu l’explosion », a ainsi rapporté January Michael, un jeune enseignant joint par l’AFP.

Le président John Magufuli s’était dit samedi « très choqué que les gens se ruent sur des véhicules accidentés pour piller leur cargaison ». « Arrêtons cette habitude, je vous en prie », a-t-il demandé.

En 2015 au Soudan du Sud, à Maridi (300 km à l’ouest de Juba), une catastrophe similaire avait fait au moins 203 morts. En 2010, 292 personnes avaient perdu la vie dans l’explosion d’un camion-citerne à Sange, dans l’est de la République démocratique du Congo.

(avec Afp)

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