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Alexis THAMBWE MUAMBA : Un criminel à la tête du Sénat congolais

Dernière mise à jour, le 14 septembre 2019 à 01:44

C’est désormais, une page tournée depuis le samedi 27 juillet. Plus donc de suspense. Le Bureau définitif du Sénat s’affiche complet, à l’issue du vote des pairs organisé le week-end dernier. Au perchoir de la Haute assemblée, les Sénateurs ont jeté leur dévolu sur Alexis Thambwe Mwamba dit ATM. John Tibasima, lui, enfile dorénavant le costume de 2ème vice-Président. Kaumba Lufunda a, quant à lui, été élu Rapporteur. Le dernier candidat du FCC se trouve être Éric Rubuye, élu au poste de Questeur. Ainsi, sur les six prétendants alignés à différents postes, le FCC a réussi à en faire élire quatre.

A la faveur de ces résultats, des analystes concluent que la plateforme politique chère à Joseph Kabila a accompli sa mission. Le Pprd a obtenu le poste clé de rapporteur avec le sénateur Prince Kaumba (78 voix). Le parti de Joseph Kabila, à en croire un membre du bureau politique de cette formation politique, se dit fier d’avoir respecté tous ses engagements pris dans le cadre de ces élections. « L’essentiel est fait. L’objectif est atteint. Alexis Thambwe Mwamba est le nôtre au FCC », s’est réjoui le même sociétaire de la méga plateforme de Kingakati.

Cependant, le seul cas qui continue à défrayer la chronique est celui d’Evariste Boshab, candidat au poste de 1er vice-Président, face à l’indépendant Samy Badibanga. Question : comment concilier l’insuccès d’Evariste Boshab à l’élection de samedi dernier avec la majorité numérique du FCC au Sénat ? Le vote positif de l’Assemblée plénière pour ATM, ne présageait-il pas celui de tous les autres candidats FCC à différents postes ? A quel niveau le vote a-t-il basculé ? Autant de questions, parmi tant d’autres restées suspendues sur les lèvres de plus d’un observateur.

CAS BOSHAB : VOIR AILLEURS QU’AU PPRD

De l’avis de certains observateurs, la cause de la défaite de « l’homme fort de Mweka » est à chercher ailleurs, et non au sein du PPRD, son parti politique. A preuve, l’ancien Président de l’Assemblée nationale a obtenu 44 voix. Ce vote reflète les suffrages réellement exprimés des 44 sénateurs que compte le PPRD. Et donc, la consigne du parti donnée à ses sénateurs, a été respectée sans la moindre restriction. Ainsi, sur base de cette donnée chiffrée, les mêmes analystes pensent que les « jeteurs du mauvais sort » sur Evariste Boshab seraient sans doute tapis dans les rangs des autres sociétaires du FCC et des alliés. Les partisans de cette hypothèse estiment que ces derniers doivent avoir désobéi à la consigne de la plateforme. Ce qui, selon les mêmes analystes, exige une autocritique rigoureuse.

En politique, on se sourit parfois sans forcément s’aimer réellement. C’est le seul domaine où tous les coups sont permis. Plus d’un observateur attribue donc à cela, la défaite du sénateur Boshab face à son frère de l’espace kasaïen, Samy Badibanga Ntita. Selon ces mêmes analystes indépendants qui rapportent des propos des sénateurs ayant requis de l’anonymat, les coups contre Evariste Boshab seraient venus de ses « frères » membres de la Chambre haute du parlement, originaires de l’espace Grand Kasaï.

A en croire ces observateurs, nombre de sénateurs de cette aire linguistique et géographique ont évoqué avant le vote (sans doute en toute discrétion), le dossier Kamuina Nsapu qu’ils ont estimé avoir été mal géré.Outre le très sensible dossier Kamwina Nsapu, des sources proches des milieux des sénateurs du Grand Kasaï parlent également des relations entre Evariste Boshab et les autres acteurs politiques de son espace. Tout le problème, c’est que personne ne dit concrètement ce que ces autres élus du Grand Kasaï reprochent à Evariste Boshab.

SAMY BADIBANGA : LA SURPRISE D’UN VOTE DE PAIRS ?

A tous égards, des analystes pensent que les différents éléments énumérés ci-dessus, ne pouvaient pas concourir au vote positif d’Evariste Boshab comme premier adjoint d’ATM. Etant donné qu’il y avait également dans la course au même poste, un autre fils du Centre, à savoir Samy Badibanga, les sénateurs du Grand Kasaï l’auraient préféré à Evariste Boshab. Car, estiment des analystes, les sénateurs du Grand Kasaï doivent avoir trouvé en Samy, un caractère considéré comme diamétralement opposé à celui du SG honoraire du PPRD. Conséquence, le candidat Président de la République au scrutin du 30 décembre 2018, aura été la révélation, la surprise, mieux l’outsider de l’élection des sept membres du Bureau définitif du Sénat, samedi 27 juillet dans la salle de conférence internationale du Palais du peuple.

Alors qu’aucun analyste ne pouvait parier pour lui, Samy Badibangal’a emporté haut la main avec 60 voix, contre les 44 de son adversaire Evariste Boshab. Des analystes attribuent ainsi la victoire de Samy, non seulement aux raisons évoquées par des sénateurs du Grand Kasaï anti Boshab, mais aussi, au soutien de certains sénateurs frustrés du FCC. Sans exclure l’appui de quelque forme, des sénateurs Cach. Une stratégie de vote bien murie.

MODESTE BAHATI : DEJA LE GLAS ?

Bien qu’appartenant désormais au passé, le vote des membres du Bureau définitif du Sénat laisse derrière elle, plusieurs leçons. D’abord sur les partis et regroupements politiques en présence. La seconde moralité est celle que les Congolais tirent au sujet des candidats aux différents postes. En ce qui concerne la FCC, il n’y a presque plus grand-chose à redire. La plateforme de Joseph Kabila a prouvé qu’elle reste sur la première ligne, pour ne pas dire qu’elle demeure la première force politique en RD Congo. Les résultats de différentes élections (législatives nationales et provinciales et sénatoriales) faisant foi.

Quant aux acteurs politiques, le cas Bahati, candidat malheureux au poste de Président du Sénat, reste depuis le week-end dernier, le principal sujet des causeries des Kinois. Chacun y va de sa lecture de l’avenir politique de l’élu des élus du Sud-Kivu. Toutefois, les différentes analyses convergent et se recoupent. Pour la plupart des analystes, si pas tous, le sort politique de l’homme fort de l’AFDC-A est désormais scellé, à la suite non seulement de son échec à l’issue du vote de samedi dernier, Mais aussi et surtout, de sa brouille avec le FCC. Simple métonymie, avec Joseph Kabila.

De l’avis des analystes, Modeste Bahati qui s’est mis dans une posture « fataliste » de « ou ça passe ou ça casse », se trouve dans une situation telle qu’il ne pourrait plus faire marche arrière pour réintégrer le FCC. Une autre difficulté pour lui, c’est que dans un contexte politique où le FCC et CACH ont convenu de gérer le pays en coalition, des observateurs voient mal comment la plateforme chère au Président Félix Tshisekedi intégrerait un acteur politique, « transfuge » de celle de son partenaire Joseph Kabila. De par le deal entre les deux plateformes, les mêmes analystes pensent que les portes aussi bien du FCC que du CACH resteront dorénavant verrouillées devant Modeste Bahati.

« Avec sa défaite, Modeste Bahati ne saurait aller ni au CACH ni encore moins à LAMUKA », déclarent quelques cadres de ces deux plateformes interrogés le week-end dernier, aussitôt après l’élection au Sénat.Des observateurs reprochent à Modeste Bahati, entre autres, des ambitions qu’ils qualifient de démesurées, le manque de patience. A cela, les mêmes analystes évoquent les situations des années antérieures, notamment celle de 2018, lors que Modeste Bahati a menacé de déposer sa candidature à l’élection présidentielle du 30 décembre de la même année. Ce, sans l’aval de sa famille politique.

Les ambitions de l’ancien homme fort de la Société civile du Congo (SOCICO), soutiennent les mêmes observateurs, ont atteint leur paroxysme cette année, quand il dépose sa candidature à la présidence du bureau définitif du Sénat, alors que l’Autorité morale du FCC, Joseph Kabila avait déjà choisi Alexis Thambwe Mwamba à ce même poste. « Tout cela paraissait comme un affront, sinon un défi à JKK », concluent-ils.

(avec Grevisse KABREL)

Résultat de l’élection du bureau définitif du Sénat, sur 108 votants :

A. Président

  1. Alexis Thambwe Mwamba (Indépendant/FCC): 65 voix.
  2. Modeste Bahati (AFDC-A) : 43

B. Premier Vice-président

  1. Samy Badibanga (Les Progressites) 60 voix
  2. Evariste Boshab (FCC) : 44
  3. Sanguma Mossai (Indépendant) 4

C. Deuxième Vice-président

  1. John Tibasima Ateenyi (FCC) : 63 voix
  2. Michel Kanyimbu (Indépendant): 44

D. Rapporteur

  1. Kaumba Lufunda (FCC) : 78 voix
  2. Jean-Philibert Mabaya (Lamuka) 29

E. Rapporteur adjoint

  1. Marie-Josée Kamitatu Sona (Lamuka): 56 voix
  2. Jean-de-Dieu Moleka (Indépendant): 51

F. Questeur

  1. Éric Rubuye (FCC) : 86 voix
  2. Bijoux Goya (Indépendante): 20

G. Questeur adjoint (1er tour)

  1. Jean-Pierre Zagbalafio (FCC): 44 voix
  2. Rolly Lelo (Indépendant): 42
  3. Madeleine Nikomba (Indépendante): 21.

(2ème tour, avec 102 votants):

  1. Roly Lelo : 63
  2. Jean-Pierre Zagbalafio : 38

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