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RDC : AFDC-A désavoue la démarche du FCC de « Kabila »

Dernière mise à jour, le 8 août 2019 à 08:04

La Coordination des élites de l’émergence (plateforme politique membre politique de l’AFDC/Alliés) désavoue la démarche du Front commun pour le Congo (FCC) qui a radié récemment son autorité morale. Elle affirme, dès lors, sa loyauté au sénateur Modeste Bahati Lukwebo. C’est du moins ce qu’a révélé, jeudi 19 juillet, son coordonnateur, Patrick Makanga. « La démarche de la députée nationale Nene Ilunga est influencée par la corruption qui ne cache pas de visage ».

« Comment une députée ne peut pas tenir compte des différents textes qui régissent sa plateforme électorale ? », tempête Patrick Makanga s’adressant à la presse.

Pour le porte-étendard de la Coordination des élites de l’émergence, »ceux qui restent dans la logique du FCC sont aveugles et ne justifient pas leurs propos incohérents, dépouillés de tout fondement ». « Ils sont en train de violer les textes et doivent répondre de leurs actes devant les instances judiciaires ».

« Ils veulent quitter une plateforme qui a une personnalité juridique pour une plateforme de fait. Qu’ils lisent la Constitution en son article 110, pour renoncer à leur mandat », lâche le Coordonnateur de la plate forme politique membre politique de l’AFDC/Alliés. Patrick Makanga sollicite, par ailleurs, « l’implication du chef de l’Etat pour qu’il puisse mettre de l’ordre dans le désordre créé et monté par un groupe de personnes visant à nuire à Modeste Bahati ».

« Les gouverneurs, vice-gouverneurs et autres mandataires publics de l’AFDC-A ont sept jours à dater du lundi 15 juillet, pour se prononcer en tant que membres du FCC ». C’est la menace brandie par la plateforme de Joseph Kabila contre les mandataires de l’AFDC-A qui n’ont pas encore donné leur position depuis la conférence des présidents du tenue le lundi 15 juillet dernier au Rotana Hôtel.

« Au delà de cet ultimatum, les mandataires récalcitrants seront purement et simplement contraints d’abandonner leurs postes », dixit le FCC. 

MANQUE DE LOYAUTÉ À L’AUTORITÉ MORALE

Le Porte-parole de l’ancienne Majorité présidentielle, André-Alain Atundu, s’est exprimé mercredi 17 juillet sur l’actualité politique Rd congolaise. C’était au cours d’un entretien à bâtons rompus avec quelques journalistes triés sur le volet. Tous les sujets étaient passés au crible. Il s’est prononcé longuement sur la séquence Bahati Lukwebo qui, depuis début juillet, défraye la chronique. Pour Atundu, le leader de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A) choisit de quitter le navire FCC au moment où il est question, selon Atundu, d’appliquer la preuve de sa loyauté à l’Autorité morale de son organisation, en l’occurrence Joseph Kabila. Larges extraits.

André-Alain Atundu ne mâche pas ses mots. Le porte-parole de l’ancienne Majorité présidentielle accuse Bahati Lukwebo de poursuivre des ambitions et aspirations personnelles au détriment du FCC.

« Il n’y a pas de liberté sans contrainte. Et la contrainte organisationnelle de la liberté, c’est la discipline républicaine. Et donc il est tout à fait normal que lorsqu’on fait partie d’une organisation, que l’on puisse se plier à la discipline de cette organisation. Notamment lorsque l’autorité de référence a donné son point de vue sur un cas, c’est cela qui devient le point de vue de l’ensemble. Et l’esprit de la charte est que pour éviter une division au sein de notre famille, il y a une autorité qui assure la cohésion par son arbitrage. Et cette autorité c’est le Président Joseph Kabila », analyse André-Alain Atundu. Celui-ci réagissait à la radiation du Sénateur Modeste Bahati du FCC. Pour André-Alain Atundu, cela doit être très clair pour tous, la volonté du président Joseph Kabila, comme autorité suprême du FCC, ne devrait souffrir d’aucune contestation.

Evidemment, il se pose une question individuelle de frustration. « Lorsque son ambition ou son aspiration, ne coïncide pas avec la vision que l’autorité morale se fait de l’intérêt général et bien compris de l’organisation, on pourrait être amené à exprimer certaines frustrations », reconnait Atundu. Mais en même temps, il estime qu’ « Il n’est pas moralement correct et décent, lorsqu’on a été obligé de quitter le navire, de vilipender l’ancienne organisation dont vous faisiez partie, au motif que tous ceux qui sont restés n’ont pas de personnalité et d’autonomie. tout simplement parce qu’ils n’ont pas rallié votre point de vue. Je pense que ce n’est pas respecté vos anciens partenaires, c’est même les mépriser », déplore Atundu. »Il y a de la noblesse à respecter ses adversaires, surtout si ceux-ci sont vos anciens camarades avec qui vous avez partagé toute une décennie les mêmes valeurs, la même allégeance à l’autorité morale », fait-il remarquer.

CHOIX D’ALEXIS THAMBWE MWAMBA

Justifiant le choix porté sur Alexis Thambwe Mwamba pour présider le Bureau du Sénat, Atundu y va de son argumentation. « Sur le plan démocratique, concernant certains postes, à part la volonté de l’autorité morale qui est l’autorité suprême (ceci vaut aussi pour LAMUKA, FCC ou CACH), au-delà de tout, il y a certains paramètres, en fonction de l’objectif visé par l’organisation. Ce paramètre peut être l’âge.A un certain moment, on peut préférer un jeune au vieux, à un autre, un nouveau à quelqu’un qui a déjà servi ». Le poids politique, souligne-t-il, est un ratio et doit être situé dans son contexte.

S’agissant du Sénat, dit-il, le poids politique de l’AFDC est fonction de son appartenance à sa plateforme.  » Au sein du FCC qui a 91 sénateurs, avoir 13 sénateurs est un poids important, c’est certain. Mais lorsqu’on a quitté avec ses 13 membres, on ne représente plus un poids important. Même si en toute hypothèse vous dites je vais rejoindre LAMUKA ou CACH, ceci ne change pas fondamentalement l’équilibre des forces. Le FCC aura gardé quand même 80 sénateurs… « 

Atundu pense qu’il n’y a pas de problème de poids politique. Pour le porte-parole de l’ancienne Majorité présidentielle, la question essentielle est la loyauté vis-à-vis de l’engagement qu’on a pris. Et lorsque les circonstances se présentent pour justement donner la preuve de cette loyauté, ce n’est pas le moment de quitter.

Le FCC est secoué par une crise en son sein après la radiation de Bahati Lukwebo, l’un des poids lourds de cette méga plateforme initiée par l’ancien président Joseph Kabila. Une crise née du refus du leader de l’AFDC-A de retirer sa candidature au profit de celle d’Alexis Thambwe Mwamba choisi par l’autorité morale du FCC pour briguer le perchoir du Sénat. Cette crise survient au moment où le regroupement cher à Joseph Kabila vit une situation inédite. Le FCC fait l’expérience d’une Majorité sans chef d’Etat. Et en face, le partenaire CACH fait l’expérience d’un chef d’Etat sans Majorité. La gouvernance du pays dépend de la bonne volonté des leaders de deux familles. 

APPELLE AU DIALOGUE

Le président du Conseil national de suivi de l’Accord de la Saint-Sylvestre (CNSA) a amorcé des pourparlers avec la coordination du Front commun pour le Congo Congo (FCC) et l’AFDC-A, en vue de consolider les acquis de l’Accord de la Saint-Sylvestre. Il appelle, dès lors, les uns et les autres au dialogue.

Instituée pour veiller à l’application des mesures de décrispation consignées dans l’Accord de la Saint-Sylvestre, cette institution juge préoccupants les différends qui opposent les désormais deux ailes de l’AFDC-A. C’est dans ce cadre que le CNSA, a entrepris des pourparlers entre les deux regroupements politiques, confrontés aux « problèmes » de nature à créer le dédoublement au sein de l’AFDC et Alliés, explique le rapporteur de cet organe, Valentin Vangi.

« Nous ne souhaitons pas revenir à la situation comme c’était avant le CNSA. Nous ne voulons pas que la République revienne encore aux événements du passé marqués par le dédoublement des partis politiques », a-t-il indiqué après les échanges avec des membres du CNSA avec la branche de l’AFDC-A, dirigée par Modeste Bahati.

« Comme il y a un problème qui pourrait davantage crisper la situation politique, nous sommes venus échanger avec eux. Il est prévu que nous ayons une rencontre avec l’autre groupe de l’AFDC, qui n’est pas présent ici, pour qu’ensemble, nous puissions discuter sur base des textes qui régissent le groupement politique AFDC-A, afin de revenir à la légalité », indique Valentin Vangi.

Une scission s’observe au sein du regroupement AFDC-A, après la radiation de Bahati Lukwebo, autorité morale de cette formation politique. A l’affiche, deux groupes politiques, diamétralement opposés sur les orientations politiques, qui cherchent à engager des actions politiques au nom du même regroupement politique.

BAHATI TEND LA MAIN AUX DISSIDENTS

C’était l’occasion pour Modeste Bahati de réaffirmer sa volonté de travailler de nouveau avec les dissidents.

« Ceux qui me connaissent depuis la CNS, en passant par le dialogue inter congolais, savent que je suis un homme de dialogue. C’est l’occasion de demander à ceux-là qui croient se détacher du grand groupement de l’AFDC-A, de revenir à la raison. Qu’ils ne se laissent pas manipuler parce que nous leur donnons l’occasion de s’amender », à lâché le sénateur Bahati, minimisant l’impact de la dissidence sur le fonctionnement de son regroupement.

« Toute la population sait qui est en train de pousser nos camarades à la rébellion. Ils sont deux chefs des partis, sur 31 que compte l’AFDC-A. Nous nous disons que nous pouvons nous en passer. Mais moi, en tant que rassembleur, j’ai dit non », rapporte l’autorité morale.

Au coordonnateur du FCC, qu’il accuse d’alimenter la division au sein de son regroupement, Bahati Lukwebo prévient « qu’il n’a pas enduré des souffrances pour lui faire du plaisir ».

BAHATI LUKWEBO SE DIT PRET A MOURIR

L’autorité morale de l’AFDC met en garde tous ceux qui tentent de dédoubler son regroupement politique et se dit prêt à mourir pour cette cause. « J’ai été, dit-il, choisi par les présidents des partis membres du regroupement politique Afdc-A. Il n’y a qu’eux qui peuvent apporter une certaine modification. ils peuvent commettre tout ce qu’ils veulent, parce que les gens courent derrière les postes ministériels à la veille de la formation du gouvernement ».

(avec Rachidi MABANDU, Didier KEBONGO, Emma MUNTU, ForumDesAs (RDC))

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