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FMI : La RDC affiche un taux d’endettement faible

Contrairement aux rumeurs véhiculées par une certaine opinion et selon lesquelles la situation économique de la République Démocratique du Congo serait catastrophique après les 100 premiers jours du mandat de Félix Tshisekedi, le Fonds Monétaire International (FMI) a donné un autre son de cloche hier mercredi 26 juin 2019.  En sus d’être en situation positive et fort appréciable par ses partenaires, le pays affiche un taux d’endettement jugé très faible par les institutions de Bretton Woods.

C’est en tout cas l’impression générale qui se dégage des échanges que le Représentant résident du FMI en République Démocratique du Congo, Philippe Egoumé, a eus avec les médias, hier mercredi 26 juin, lors de la « Présentation sur les perspectives économiques régionales de l’Afrique subsaharienne et développement économique récent en RDC ». 

Après avoir brossé succinctement la situation économique et la croissance observée au niveau des pays de l’Afrique subsaharienne, Philippe Egoumé s’est appesanti sur « La Situation économique actuelle de la République Démocratique du Congo et les Conclusions de la Consultation au titre de l’Article VI ».

Parlant des économies des Etats de l’Afrique subsaharienne, il a établi deux grandes catégories, à savoir les pays « prisonniers » de leurs ressources naturelles ou potentialités, et ceux qui ont essayé de diversifier leurs économies.

La première catégorie est la plus exposée en cas de chute des cours des produits sur lesquels se fondent leurs économies. Par contre, ceux qui ont fourni des efforts pour diversifier leurs économies résistent aux effets des crises exogènes comme endogènes. Sur les 45 pays qui composent cette dernière catégorie, seuls 21 s’en sortent tête haute en cas de basse conjoncture frappant un secteur donné.

Voilà pourquoi il conseille la diversification de l’économie en vue de se mettre à l’abri en cas de chute des cours des matières premières, par exemple les mines et le pétrole.

RDC : cadre macro-économique stable

Abordant de manière spécifique le cas de la République Démocratique du Congo, il a expliqué l’impact des mines sur l’économie nationale et démontré qu’à ce jour, le gros des importations restent assurées par les exploitants miniers. Toutefois, il a fait savoir que ces derniers déplorent le déficit d’électricité qui les empêche d’atteindre le maximum de leur production. Le gap d’électricité s’élève actuellement à 1.200 mégawatts, selon le rapport des opérateurs du secteur minier.

Cette situation influe négativement sur la croissance des recettes dont l’Etat a besoin pour réaliser son programme d’action. D’abord, le fait de ne pas atteindre le maximum de production a un impact négatif sur le niveau des recettes. Car, lorsque la production est élevée, les recettes provenant de ce secteur le sont aussi.

En outre, le déficit énergétique est un véritable handicap pour que la transformation de la production se fasse sur place et apporte au pays une plus grande valeur ajoutée. En clair, une usine de transformation exige beaucoup d’énergie électrique pour être installée.

C’est ici que Philippe Egoumé a donné l’exemple du Bénin qui souffre du manque de transformation de la bauxite qu’il produit en grande quantité au niveau mondial à cause de la faiblesse de son potentiel énergétique. Selon des études menées à ce sujet, en cas d’installation d’une unité de transformation de la bauxite, c’est l’ensemble du pays qui sera privé d’électricité car l’usine en question consommera à elle seule toute la production énergétique.

Une bonne note pour la RDC

En République Démocratique du Congo, l’inflation mensuelle est restée inférieure à 1% depuis février 2018. Toutefois, le solde budgétaire cumulé à fin mai 2019 est légèrement négatif. En conséquence, la structure des dépenses s’est modifiée en faveur des dépenses d’investissement. En plus, on note que depuis 2017 à ce jour, le gouvernement congolais s’est imposé une discipline budgétaire qui veut que ne soit consommé que ce qui est effectivement produit au niveau des recettes internes.

Partant de toutes ces données, on peut affirmer que le pays affiche actuellement des indicateurs économiques positifs, susceptibles d’assurer sa croissance, en comparaison des Etats de l’ensemble de la région de l’Afrique subsaharienne.

Toutefois, le FMI conseille que les réserves officielles du gouvernement détenues par la Banque Centrale du Congo, qui ne représentent que 3 semaines d’importation, soient revues à la hausse le plus tôt possible. Car, la moyenne mondiale est de 3 mois.

Dans les Principales Conclusions de la Consultation au Titre de l’Article IV des statuts du FMI, il est recommandé au pays de :

  • Accroître l’espace et la crédibilité budgétaires ;
  • Renforcer l’indépendance de la politique monétaire et les réserves internationales de la Banque Centrale du Congo ;
  • Promouvoir la bonne gouvernance, lutter contre la corruption, et améliorer le climat des affaires.

Par ailleurs, le Représentant résident du FMI en RDC a invité le gouvernement à privilégier la Banque centrale pour les dépôts de ses fonds, plutôt que les banques commerciales. Parce que, hormis le fait que les fonds déposés à la BCC sont mieux sécurisés, mais cela présente aussi l’avantage de jauger le vrai poids économique et financier d’un Etat.

En plus, on sait évaluer la bonne gouvernance parce que les entrées et les sorties sont bien notées et suivent la procédure normale. On signale que la réunion du Conseil d’administration du Fonds Monétaire International sur la situation de la RDC aura lieu le 26 août 2019 à Washington.

(avec lePhare)

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