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USA : Destitution contre Trump

Dernière mise à jour, le 21 août 2019 à 06:34

Le président américain Donald Trump, pourra se targuer de l’échec au Congrès d’une motion appelant au lancement d’une procédure de destitution contre lui. La motion a été rejetée à la Chambre des représentants contrôlée par les démocrates, illustrant la division qui règne au sein de l’opposition sur cette question. M. Trump a salué l’échec de cette résolution, « peut-être la plus ridicule et chronophage » qu’il ait connue. Mis il fait un pari risqué en alimentant les tensions raciales et idéologiques et en creusant la division de l’Amérique. Il renonce clairement à se poser en rassembleur et mise plus que jamais sur la mobilisation de l’électorat blanc.

Donald Trump retrouve mercredi les estrades de campagne, déterminé à poursuivre ses attaques contre les démocrates qui « détestent » l’Amérique au lendemain de la dénonciation par le Congrès de ses tweets « racistes ».

« Grand meeting ce soir à Greenville, en Caroline du Nord », a tweeté le président américain après trois jours d’une violente polémique liée à ses tweets conseillant à quatre élues démocrates issues de minorités de « retourner » dans leur pays d’origine, « ces endroits infestés par la criminalité ».

« Je parlerai des gens qui aiment notre pays, et de ceux qui le détestent », a-t-il ajouté, semble-t-il désireux de poursuivre sur le ton qui a suscité une vague d’indignation, aux Etats-Unis et au-delà.

Le milliardaire républicain de 73 ans, qui visera en novembre 2020 un second mandat de quatre ans, pourra se targuer de l’échec au Congrès d’une motion appelant au lancement d’une procédure de destitution contre lui.

La motion a été rejetée à la Chambre des représentants contrôlée par les démocrates, illustrant la division qui règne au sein de l’opposition sur cette question.

M. Trump a salué l’échec de cette résolution, « peut-être la plus ridicule et chronophage » qu’il ait connue.

Mis il fait un pari risqué en alimentant les tensions raciales et idéologiques et en creusant la division de l’Amérique. Il renonce clairement à se poser en rassembleur et mise plus que jamais sur la mobilisation de l’électorat blanc.

Les quatre femmes, que le locataire de la Maison Blanche qualifie désormais de « méchantes jeunes élues socialistes », sont Alexandria Ocasio-Cortez (New York), Ilhan Omar (Minnesota), Ayanna Pressley (Massachusetts) et Rashida Tlaib (Michigan). Trois d’entre elles sont nées aux Etats-Unis.

« Diversion »

Pour elles, interrogées ensemble sur CBS, tout ceci est d’abord une manoeuvre politique de la part du président américain.

« C’est une manière de faire diversion (…) pour ne pas parler des questions qui préoccupent véritablement les Américains », a souligné Ayanna Pressley.

« Il n’incarne pas les principes, la responsabilité et l’intégrité d’un véritable président », a-t-elle ajouté.

La Chambre des représentants a adopté mardi soir une motion condamnant des propos « racistes » du président américain.

Si le vote avait une portée symbolique forte, M. Trump sait qu’il peut compter sur le soutien des ténors républicains du Congrès.

Car si, ici et là, des élus du « Grand Old Party » ont dénoncé les tweets présidentiels, ils sont dans l’ensemble très prudents dans leurs critiques envers celui qui sera –sauf énorme surprise– leur candidat en 2020. Et seuls quatre élus républicains à la Chambre des représentants ont voté pour le texte de la majorité démocrate.

« Ouvertement raciste »

Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au Sénat, s’en est tenu à une déclaration très générale. « Nous avons tous une responsabilité (…), nos mots sont importants », a-t-il simplement affirmé, avant d’ajouter, en réponse à une question, que le président n’était, à ses yeux, « pas un raciste ».

Pour Kevin McCarthy, chef de la minorité républicaine à la Chambre, toute la polémique « n’est qu’une histoire politique ».

Ces déclarations ne semblent pas nuire à la popularité de M. Trump chez les électeurs républicains: son taux d’approbation a gagné cinq points, à 72%, selon un sondage Reuters/Ipsos réalisé lundi et mardi.

Et la question de l’immigration, un marqueur de sa campagne de 2016 qu’il compte réutiliser, fait mouche. Selon une enquête du centre de recherche Pew publiée mercredi, 57% des républicains estiment que les Américains « risquent de perdre leur identité en tant que nation » si le pays est « trop ouvert » aux immigrants.

Par rapport à la semaine dernière, sa cote de popularité dans l’ensemble de la population est restée stable, à 41%.

Pour Joe Biden, vice-président sous Barack Obama et candidat à l’investiture démocrate pour 2020, aucun président dans l’histoire américaine « n’a été aussi ouvertement raciste que cet homme ».

« Pouvez-vous imaginer un président conservateur comme George W. Bush faire de telles déclarations racistes? », a lancé Bernie Sanders, qui espère lui aussi porter les couleurs démocrates lors de la prochaine présidentielle.

(avec Afp)

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