dimanche , 21 juillet 2019
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RDC : Lamuka en train d’agoniser…

Fer de lance de l’opposition congolaise, la coalition Lamuka perd pédale. Créée à Genève, en Suisse, cette plateforme se fragilise de plus en plus et risque de voler en éclats, constatent nombre d’analystes politiques. Au lendemain de sa création, Lamuka a connu sa première fracture, en perdant un duo stratégique : le tandem Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi dit Fatshi – Vital Kamerhe LWA KANYINGINGYI, qui est allé constituer au Kenya le Cap pour le Changement (CACH), la coalition actuellement au pouvoir. Contrairement aux attentes d’une certaine opinion, l’avènement de Fatshi à la magistrature suprême est loin de consolider ce regroupement, malgré les signaux positifs lancés par le nouveau chef de l’Etat, engagé sur la voie de la décrispation politique.

La coalition Lamuka est-elle en train d’agoniser ? Les récents évènements en date poussent à le croire, au regard des incohérences et des défections que l’on enregistre de plus en plus au sein de cette plateforme. Au fil du temps, ce regroupement électoral, mué récemment en plateforme politique, se désosse, perdant de jour en jour ses porte-étendards. Pire, ceux qui y restent, émettent de moins en moins sur le même diapason.

Fer de lance de l’opposition congolaise, la coalition Lamuka perd pédale. Créée à Genève, en Suisse, cette plateforme se fragilise de plus en plus et risque de voler en éclats, constatent nombre d’analystes politiques.

Au lendemain de sa création, Lamuka a connu sa première fracture, en perdant un duo stratégique: le tandem Félix Tshisekedi – Vital Kamerhe, qui est allé constituer au Kenya le Cap pour le Changement (CACH), la coalition actuellement au pouvoir.

DECRISPATION POLITIQUE

Contrairement aux attentes d’une certaine opinion, l’avènement de Fatshi à la magistrature suprême est loin de consolider ce regroupement, malgré les signaux positifs lancés par le nouveau chef de l’Etat, engagé sur la voie de la décrispation politique.

Certes, le retour triomphal de Moïse Katumbi en RDC à partir de Lubumbashi a suscité espoir et donné des ailes à certains opposants. D’autant que ce retour au bercail, enregistré le lundi 20 mai dernier après trois ans d’exil, est intervenu au moment où, par grâce présidentielle, des dizaines de prisonniers politiques – dont Muyambo, DiomiNdongala et Franck Diongo – ont recouvré leur liberté.

COUACS EN CASCADE

Un couac toutefois dans la famille Lamuka : l’absence à Lubumbashi de Salomon Idi Kalonda Della, le conseiller politique et bras droit de Moïse Katumbi Chapwe au sein d’Ensemble, son mouvement politique. Privé de passeport, il est dans l’impossibilité de regagner la terre de ses ancêtres, malgré tant de pressions exercées sur les tenants du pouvoir à Kinshasa.

A ce couac succède un autre couac : l’ancien Gouverneur du Katanga, qui a promis de réaliser un safari à travers le Congo profond pour implanter son Ensemble et remercier ses compatriotes, a soudain du mal à se mouvoir et finit par battre de l’aile. Attendu comme un Messie à Goma, première étape de cette tournée qui devrait avoir pour point de chute Kinshasa, il n’a plus obtenu l’autorisation d’atterrir. Encore moins à Kisangani. Dépité, le porte-étendard de Lamuka a fini par lâcher prise, en renvoyant sine die ce périple, comme l’atteste Francis Kalombo, son porte-parole.

REVIREMENTS

D’autre part, le discours du Coordonnateur d’Ensemble est aujourd’hui loin de plaire à Martin Fayulu, le candidat malheureux de Lamuka à la présidentielle, d’autant que le premier prône  »une opposition constructive et républicaine », alors que le second continue à réclamer haut et fort sa  »vérité des urnes », considérant que la page électorale n’est pas encore tournée.

C’est dans ce contexte de confusion que l’on signale le retour de Jean-Pierre Bemba Gombo qui, jusque-là, s’est gardé de prendre partie. Au moment où l’on s’y attendait le moins, un autre leader de Lamuka, Mbusa Nyamuisi, annonce son retrait mi-juin.Il argue qu’il doit plutôt se consacrer à la lutte contre Ebola qui terrasse sa population du Grand Nord, dans le Kivu. Mais des analystes le soupçonnent de se rapprocher de plus en plus de Félix Tshisekedi.

Aux commandes de la barque Lamuka, Moïse Katumbi a aujourd’hui la difficile tâche de maintenir le navire en équilibre et de le conduire au quai. La question que l’on se pose est de savoir si tous ces obstacles et revirements sont bien anodins. Ne seraient-ils donc pas l’émanation d’un plan de déstabilisation bien concocté? A l’avenir de nous éclairer. 

(avec ForumDesAs (RDC))

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