lundi , 9 décembre 2019
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Péage indu : Tracasseries policières à Kinshasa

Des automobilistes, pour la plupart des transporteurs en commun desservant la ligne Victoire-Upn, Victoire-Kintambo ou Victoire-Selembao, dénoncent les tracasseries policières au niveau du croisement des avenues Sports et Kasa-Vubu, séparant les communes de Kalamu et Kasa-Vubu. Ces conducteurs de véhicules accusent des agents qualifiés de la Police de circulation routière (PCR), en poste non loin de la station d’essence Bongolo, d’avoir instauré une sorte de « péage » indu. « A ce carrefour, le fameux contrôle de routine des documents à bord n’est qu’un simple prétexte pour des éléments PCR. Quand bien même qu’un conducteur interpellé, obtempère à la demande de l’agent qualifié, de lui présenter la carte rose du véhicule et le permis de conduire, ça ne s’est jamais arrêté là. Bien au contraire. On assiste souvent à une espèce de dialogue de sourds. Mais finalement, les deux interlocuteurs finissent par s’entendre. Il faut saluer à la manière des convives qui se passent des tranches de noix de kola. C’est le seul prix à payer ici, avant de franchir l’autre bout de la chaussée », relate à « Forum des As », un chauffeur de taxi-bus, habitué de la ligne Selembao-Victoire.

Dans ce carrefour, des témoignages concordants renseignent que des agents véreux de la PCR, opèrent dans la logique d’addition de revenu. Les automobilistes ne sont pas leur seule cible.

« Ces policiers ne veulent rien rater. Ils arrêtent aussi, et de manière constante, les exploitants de taxi-motos à qui ils exigent des montants allant parfois jusque 15 $Us, en termes d’amende transactionnelle. C’est énorme pour une moto. Et même pour un véhicule. Tout le problème est que nos conducteurs ignorent parfois leurs droits. Ils ne se donnent pas la peine de se renseigner sur la valeur réelle d’une transaction, en cas de contravention routière. Nombreux d’entre eux, estiment qu’ils évitent de tirer inutilement les choses en longueur, à discuter avec le policier de roulage et se mettent à la disposition de celui-ci. Et le tout se passe conformément à la loi du plus fort », se plaint un passager.

Compte tenu de cette rançon érigée en taxe routière indispensable, certains transporteurs en commun, n’entendent plus courir le risque de tomber dans le traquenard des PCR, au croisement des avenues Sport et Kasa-Vubu.

Bien malins, ils préfèrent faire demi-tour, plutôt qu’à s’exposer aux « griffes » des agents Pcr qui les attendent à pied ferme à ce carrefour. Conséquence : le transport en commun à destination de la place Victoire, devient par moment difficile. A cela s’ajoutent les embouteillages de plusieurs dizaines de minutes. . Surtout à des heures de pointe.

ROND-POINT NGABA : UN AUTRE CAS

Le carrefour avenue Sport-Kasa-Vubu n’est pas le seul où des agents malintentionnés de la police de circulation routière se livrent à la rançon des conducteurs de véhicules. Il existe bien d’autres à travers la ville de Kinshasa. Cas du Rond-point Ngaba. Ici, la tracasserie policière est d’une telle ampleur qu’elle fait partie du lot quotidien des automobilistes.

La particularité ici, est la brutalité qui caractérise les actes de ces agents. Généralement, Ils s’introduisent dans le véhicule. Si le premier policier partage la banquette avant avec le conducteur, deux de ses collègues s’installent confortablement sur la chaise arrière du véhicule, comme si le conducteur avait commis une très lourde contravention routière impliquant de fortes amendes transactionnelles. Alors qu’il s’agit, pour la plupart des cas, d’une faute légère qui pourrait, à la limite, se solder par un petit conseil. Hélas !

La question est de savoir s’il est reconnu à un agent de la Police de circulation routière, le droit d’entrer de force dans le véhicule d’un conducteur interpellé. A priori, on dirait non. Malgré toutes les dénonciations des usagers de la route, des agents de la PCR s’illustrent par des abus qui n’honorent pas du tout.

On se rappelle encore la sévère mise en garde du Commissaire général de la Police nationale congolaise (PNC), Dieudonné Amuli qui, au cours d’une parade organisée au mois de mai dernier, avait tapé du poing sur la table, promettant même la traque des commandants PCR soit laxistes, soit impliqués dans la méconduite de leurs agents commis dans les différents carrefours de la ville.

Cependant, il s’avère que cette mise en demeure de la très haute hiérarchie de la PNC, ressemble à un coup d’épée dans l’eau. Pour ne pas dire que le général Dieudonné Amuli avait prêché dans le désert.

(Emmanue MVUBU/stagiaire UPN – sous la supervision de Grevisse KABREL)

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