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Bilderberg propulse ses pions à la tête de l’UE

Dernière mise à jour, le 4 août 2019 à 03:09

Le Parlement européen a élu mercredi le social-démocrate italien David Sassoli à sa présidence, le dernier des postes clés de l’UE qui restait à pourvoir après le sommet marathon conclu la veille par les dirigeants des 28 à Bruxelles. Pour succéder au Luxembourgeois Jean-Claude Juncker début novembre, les dirigeants des Etats membres sont tombés d’accord mardi sur le nom de la ministre allemande Ursula von der Leyen, une proche de la chancelière Angela Merkel. La Française Christine Lagarde a de son côté été proposée pour la présidence de la BCE, tandis que le Premier ministre libéral belge Charles Michel prendra la tête du Conseil européen, l’instance regroupant les dirigeants des 28. Selon les observateurs, Bilderberg a placé ses pions [au sommet] pour bien contrôler l’Union Européenne et continuer de maximiser ses bénéfices financiers en Europe.

Le Parlement européen a élu mercredi le social-démocrate italien David Sassoli à sa présidence, le dernier des postes clés de l’UE qui restait à pourvoir après le sommet marathon conclu la veille par les dirigeants des 28 à Bruxelles.

L’ancien journaliste de télévision, eurodéputé depuis 2009, succède pour un mandat de deux ans et demi à son compatriote Antonio Tajani (PPE, droite) au perchoir de l’assemblée, un peu plus d’un mois après les élections européennes.

Ce candidat surpris de 63 ans a été élu à l’issue du deuxième tour d’un vote à bulletin secret, avec 345 voix (sur 667 votes valides). Il avait pour concurrents la députée écologiste allemande Ska Keller (119 voix), l’Espagnole d’extrême gauche Sira Rego (43) et le conservateur eurosceptique tchèque Jan Zahradil (160).

« Nous devons avoir le courage de relancer notre projet d’intégration, nous devons faire évoluer notre Union », pour qu’elle soit plus réactive « aux exigences des citoyens », a déclaré M. Sassoli dans l’hémicycle après l’annonce de son élection.

Pas de candidat PPE

Le PPE, dont le groupe au Parlement est le plus large (182 députés), devant celui des sociaux-démocrates (154), n’avait pas présenté de candidat face à M. Sassoli, prenant acte du partage des hauts postes européens décidé la veille par les 28 à Bruxelles.

Le groupe libéral, Renew Europe (108 députés, troisième en termes d’effectifs), où siègent les macronistes français, avait pris la même décision.

La présidence du Parlement fait partie des hautes fonctions de l’UE que veulent se répartir les grandes familles politiques européennes, même si elle est beaucoup moins convoitée que celle de la Commission.

Pour succéder au Luxembourgeois Jean-Claude Juncker début novembre, les dirigeants des Etats membres sont tombés d’accord mardi sur le nom de la ministre allemande Ursula von der Leyen, une proche de la chancelière Angela Merkel.

La Française Christine Lagarde a de son côté été proposée pour la présidence de la BCE, tandis que le Premier ministre libéral belge Charles Michel prendra la tête du Conseil européen, l’instance regroupant les dirigeants des 28.

Prenant acte de l’attribution de la Commission au PPE, dont il dirige le groupe au Parlement, l’Allemand Manfred Weber s’était dit « prêt à soutenir » le candidat des sociaux-démocrates pour le perchoir.

M. Weber a ainsi renoncé à se présenter lui-même, après avoir déjà jeté l’éponge pour la tête de l’exécutif européen.

Il estimait pourtant que le poste de patron de la Commission lui revenait, en tant que candidat tête de liste (« Spitzenkandidat » selon le terme allemand usité) du parti ayant recueilli le plus de voix aux élections européennes de mai.

Mais c’était sans compter sur l’hostilité de plusieurs dirigeants, en particulier du président français Emmanuel Macron, qui estimait qu’il n’avait pas l’envergure suffisante.

« Pas l’homme du Conseil »

De leur côté, les sociaux-démocrates du Parlement ont fustigé le « paquet » conclu par les dirigeants des 28, même s’ils héritent du poste de chef de la diplomatie européenne pour l’Espagnol Josep Borrell.

Ils jugent que la présidence de la Commission devait revenir à leur « Spitzenkandidat », le Néerlandais Frans Timmermans. Mais ce dernier a pâti notamment de la fronde des pays du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovaquie).

Pour garantir un « équilibre », les dirigeants des 28 avait suggéré mardi que le Parlement élise un président socialiste.

« Je ne suis pas l’homme du Conseil, je sors des rangs du Parlement », a ainsi dû se défendre mercredi David Sassoli, soucieux de ne pas être perçu comme le fruit d’un partage des postes critiqué par les eurodéputés de son propre groupe.

Pour la présidence de la Commission, les jeux ne sont pas encore faits pour Mme von der Leyen, qui a réservé mercredi son premier déplacement de candidate au Parlement européen, où elle a notammment participé à une réunion du PPE.

« J’ai l’intention de beaucoup écouter de façon à être en mesure dans les quinze prochains jours de développer un dialogue avec le Conseil et le Parlement, une vision pour les cinq prochaines années pour l’Europe », a-t-elle déclaré devant la presse.

Le choix de son nom pour la tête de la Commission, qui a suscité des critiques au Parlement aussi bien au PPE que chez les sociaux-démocrates, devra obligatoirement recevoir le feu vert des eurodéputés lors d’un vote programmé mi-juillet.

« Si elle base sa stratégie sur le fait de pouvoir compter sur les Verts, c’est un peu hasardeux », a prévenu le Belge Philippe Lamberts, co-président du groupe écologiste. Mais l’Allemande devrait tout de même obtenir une majorité selon lui, car « le PPE est un parti assez discipliné » et que les socialistes « ont une réputation pas imméritée d’être godillots, même s’il y a bien quelques frondeurs ».

DEUX FEMMES AUX POSTES CLÉS

Après 48 heures de marchandages, les dirigeants européens se sont entendus mardi sur leur casting pour diriger l’UE, qui verra deux femmes occuper pour la première fois deux postes clés: la ministre allemande Ursula von der Leyen à la Commission et la Française Christine Lagarde à la BCE.

La présidence du Conseil européen sera occupée par le Premier ministre libéral belge Charles Michel, tandis que le ministre socialiste espagnol Josep Borrell hérite du poste de Haut représentant pour les Affaires étrangères.

L’actuel président du Conseil européen, Donald Tusk, s’est félicité d’un « parfait équilibre entre les sexes » avec deux hommes et deux femmes.

Les principales familles politiques sont représentées : deux femmes de droite, un libéral et un socialiste.

Les quatre dirigeants sont tous issus d’Europe de l’Ouest, même si l’Est pourrait hériter de la présidence du Parlement européen, sur lequel les eurodéputés se prononcent mercredi à Strasbourg. Le nom du socialiste bulgare Sergueï Stanichev circule.

Inconnue à l’étranger, la ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen, une proche d’Angela Merkel, sera la première femme et seulement la deuxième Allemande à la tête de la Commission. A partir du 1er novembre et pour cinq ans.

Son nom a été proposé par le président français Emmanuel Macron, ce qui a ouvert la voie à une Française, Christine Lagarde, pour prendre la tête de la Banque centrale européenne (BCE). Là aussi une première pour une femme.

« Acte 2 »

L’ancienne ministre française des Finances (63 ans), qui sera nommée pour 8 ans, s’est dite « très honorée ».

« Elle va occuper ce nouveau poste avec beaucoup de prudence et d’engagement », a estimé Angela Merkel.

Le ticket von der Leyen/Lagarde permet à la France et à l’Allemagne d’obtenir chacune un poste d’envergure, et à la droite européenne de conserver la tête de la Commission.

Le futur président du Conseil européen, le libéral Charles Michel (43 ans), a promis de préserver « l’unité, la diversité et tout spécialement la solidarité » dans l’UE.

« L’Espagne est de retour avec force pour représenter la politique étrangère et de défense de l’UE », s’est félicité le Premier ministre socialiste espagnol Pedro Sanchez à propos de Josep Borrell (72 ans), son ministre des Affaires étrangères proposé pour la diplomatie de l’UE.

Ce compromis met fin à de profondes divisions entre les dirigeants européens qui étaient apparues au grand jour sur la constitution de la nouvelle équipe.

Médecin de formation, mère de sept enfants, Ursula von der Leyen parle couramment français et anglais et a occupé plusieurs postes ministériels.

« Je l’ai défendue avec beaucoup de force. J’ai pu apprécier ces dernières années son courage et sa détermination sur des sujets difficiles », a commenté Emmanuel Macron.

A 60 ans, cette native de Bruxelles a toutefois un bilan controversé au ministère de la Défense allemand.

Hostilité

Signe de l’hostilité qui entoure son nom dans son pays, Angela Merkel a été contrainte de s’abstenir mardi lors du vote du sommet européen, pour ne pas froisser ses alliés sociaux-démocrates au sein de la coalition gouvernementale. Mais aucun des 27 autres Etats membres ne s’est opposé à elle.

Le groupe socialiste au Parlement européen a lui fait part de sa déception. Or, la nomination d’Ursula von der Leyen devra être approuvée par un vote dans l’hémicycle.

L’Allemande a en revanche obtenu l’indispensable soutien des quatre pays du Groupe de Visegrad (Hongrie, Slovaquie, République tchèque, Pologne), qui s’étaient frontalement opposés dans la matinée à un autre candidat, le socialiste néerlandais Frans Timmermans.

Quant à l’Allemand Manfred Weber, chef de file du PPE (droite) au Parlement et qui a pour cette raison longtemps revendiqué la Commission, il a officiellement abandonné en fin d’après-midi. Il renonce aussi à une candidature à la présidence du Parlement.

Après une nuit de marchandages stériles entre dimanche et lundi, les 28 s’étaient promis de se mettre d’accord pour éviter de prêter le flanc aux attaques des populistes en offrant l’image d’une Europe divisée.

Le renouvellement de ces postes a été rendu complexe par le morcellement du paysage politique européen.

Les élections de mai ont vu le tandem PPE et social-démocrate perdre le contrôle de la majorité qu’il détenait au Parlement européen.

(avec Afp)

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