lundi , 15 juillet 2019
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Outrage à Fatshi : Les femmes de l’UDPS rappellent Mabunda à l’ordre

Choquées, comme l’ensemble du peuple congolais, par les propos outrageants tenus par le député FCC Charles Nawej à l’endroit du Chef de l’Etat, les femmes membres de l’UDPS, réunies au sein de la Ligue des femmes du parti présidentiel, ont rompu leur silence pour réagir au manque de respect et d’égards dont l’élu sociétaire des partis et mouvements regroupés autour du président sortant Joseph Kabila a fait montre envers le Président de la République. Sous la conduite de leur présidente nationale, Denise Lupetu, les femmes membres de l’Udps ont déposé, le samedi 15 juin 2019, un mémorandum au bureau de la présidente de l’Assemblée nationale, en guise de protestation contre ce qui s’était passé au cours de la plénière du vendredi 7 juin 2019. C’est le directeur de cabinet de la présidente de la chambre basse du Parlement qui a réceptionné cette lettre ouverte destinée à Jeanine Mabunda, peu avant la clôture solennelle de la session ordinaire de mars 2019. 

Ci-dessous l’intégralité de la lettre ouverte adressée à la présidente de l’Assemblée nationale par la Ligue des femmes de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, UDPS.

Lettre ouverte à la présidente de l’Assemblée Nationale en RDC, Madame Jeanine Mabunda

Nous, Ligue des femmes de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, en sigle « UDPS », sidérées et désabusées par des pratiques théâtrales déshonorantes et dégradantes que vous voulez instaurer au sein de l’hémicycle du palais du peuple, tenons, par la présente lettre ouverte, à vous exprimer notre profonde indignation et notre désapprobation :

Pour avoir, lors de la plénière du 07 juin 2019, fait preuve, non seulement de complaisance mais aussi de partialité criante en matière élémentaire de police de débat jusqu’à faire de l’hémicycle du Palais du Peuple un lieu malsain où les députés viennent étaler leur bassesse et leur manque d’éducation de base en versant dans l’injure facile, contre le garant de la nation congolaise, et cela au mépris des règles élémentaires de déontologie, d’élégance et d’éthique consacrées dans les lois et règlements de la République, en général, et, en particulier de votre institution.

Pour avoir, par votre attitude passive et complice, laissé passer des comportements inadmissibles au sein de I’hémicycle, censé être un lieu de l’excellence et non de la médiocrité, à léguer à nos enfants et de ce fait, avoir déshonoré toutes les femmes en général, et votre personne en particulier.

Face à ce déviationnisme qui a fait tâche d’huile au sein de l’opinion tant nationale qu’internationale, la ligue des femmes tient à rappeler à votre particulière attention que le rôle que vous jouez aujourd’hui, de première femme congolaise présidente de l’Assemblée Nationale, exige, préalablement, des compétences pré- requises de politologue, de juriste et d’expert avéré .en matière parlementaire, doublé des connaissances en administration, en psychologie, en communication et en matière de syntaxe (grammaticale) des textes juridiques et constitutionnels sans lesquelles vous serez toujours en train de naviguer à vue dans l’accomplissement de vos tâches parlementaires.

Aujourd’hui, après avoir raté votre décollage au sein de l’hémicycle, ce qui conforte tous les hommes qui ont toujours soutenu qu’une femme ne peut pas être capable de diriger notre Assemblée Nationale, nous vous exhortons à la modestie, à l’humilité et à la prudence pour parvenir à remédier à la situation décriée ci-haut.

Plutôt que de vous improviser en matières trop techniques et cela au mépris de certains spécialistes en la matière dont regorgent notre hémicycle, nous vous exhortons, à vous entourer d’abord des personnes averties, expertes et chevronnées en matière parlementaire, administrative et constitutionnelle comme socle de votre réussite à la tête de notre Assemblée Nationale.

Agir autrement serait faire preuve de cécité intellectuelle, au risque de créer un précédent irréparable dans l’histoire du parlement de notre pays, la RDC.

Par ailleurs, étant donné que des déclarations et des réactions fusent de partout pour fustiger votre comportement, il n’est pas encore trop tard pour vous de faire amende honorable en retirant, publiquement, tous vos propos malveillants et ceux de vos collègues, à l’égard du peuple congolais, d’abord, que vous avez tourné en bourrique, excité sa colère et son désaveu, matérialisé par des manifestations de protestation et les casses qui s’en sont suivies, sous votre responsabilité et ensuite, au Chef de l’Etat que vous avez offensé méchamment sur la place publique.

Enfin, quant à l’article 81 de la Constitution dont vous avez voulu faire votre cheval de bataille, nous vous exhortons à parfaire d’abord vos connaissances en matière de syntaxe pour maîtriser la subtilité en vue de pénétrer ou d’intérioriser la quintessence de l’article précité que même certains prétendus spécialistes en la matière ne maitrisent pas.

Et à ce sujet, pour éclairer davantage votre lanterne, voici deux formulations possibles de l’article 81 et qui n’ont pas un sens identique, à savoir:

  • 1ère Formulation : Le Président de la République, sur proposition du Gouvernement, délibérée en conseil des ministres, nomme, relève et, le cas échéant, révoque …
  • 2ème Formulation: Le Président de la République, nomme, relève, et, le cas échéant, révoque, sur proposition du Gouvernement délibérée en conseil de ministre.

Dans la 1ère formulation, la nomination, le relèvement et la révocation sont subordonnés à la proposition du Gouvernement.

Tandis que dans la 2ème formulation, il n’y a que la révocation qui est subordonnée à la proposition du Gouvernement. Tout compte fait, vous ne saurez réussir votre tâche principale au sein de l’Assemblée Nationale tant que vous n’aurez pas appris, intériorisé et maitrisé :

  • La notion de la continuité des affaires de l’Etat en droit administratif et constitutionnel;
  • La notion de l’expédition des affaires courantes;
  • La notion de la délégation des pouvoirs incarnée par le Chef de l’Etat,
  • La notion de cas de force majeure;
  • La notion du suffrage universel ;
  • La notion de la séparation des pouvoirs,
  • La notion des attributions et des compétences;
  • La notion de l’acte de démission avant remise et reprise;
  • La notion du souverain primaire,
  • La notion de la hiérarchisation des décisions politiques, administratives et juridiques;
  • La notion des mécanismes extra constitutionnels;
  • La notion de la caducité d’une disposition légale ou réglementaire
  • La notion du Chef de l’Etat qui est l’unique comptable devant la Nation ;
  • La notion d’intérim et de vacance du pouvoir;
  • La notion de la hiérarchisation en matière des décisions opposées au regard des intérêts du peuple;
  • La notion des mesures d’application des lois et règlements ainsi que de leur marge face aux dispositions légales ou règlementaires.

Ainsi Madame la Présidente espérant que notre requête trouvera sa place dans vos décisions pour qu’enfin la paix règne dans notre pays.

Fait à Kinshasa, le 13/06/2019

 Pour la Ligue des femmes de l’UDPS,

Alpha Denise Lupetu Tshilumbayi, Présidente

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