dimanche , 21 juillet 2019
Accueil / Élections / Les Républicains : Naufrage

Les Républicains : Naufrage

Boudés par les électeurs, fuis par certains cadres, convoités par La République En Marche ou le Rassemblement national, les Républicains s’enfoncent dans les eaux glacées du doute. De fois, tu crois avoir touché le fond de la piscine. Et en fait, il est encore plus bas. Les métaphores de naufrage sont légion ces derniers temps quand on parle de la droite. Avec un score historiquement bas de 8,48% aux européennes, que personne n’osait prévoir, la disparition pure et simple de Les Républicains (LR) du paysage politique français n’est plus une simple hypothèse d’école. 

Séduits par un gouvernement dirigé par un ancien juppéiste et dont les ministres les plus visibles sont souvent issus de LR, les sympathisants de droite se sont massivement laissé tenter par un vote en faveur de La République En Marche (LREM). Ils n’y ont pas été découragés, ni par l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui a explicitement appelé à voter En Marche, ni par Agir, une petite formation de droite modérée amarrée à la majorité.

Il faut dire les choses comme elles sont : pour bon nombre de cadres du parti LR, Emmanuel Macron est le meilleur président de droite qu’ils aient eu depuis un certain temps. 

A preuve, il y a quelques jours, 72 maires et élus locaux issus de la droite et du centre ont lancé un appel à soutenir l’action de la majorité dans une tribune publiée dans « le Journal du dimanche » intitulée « République des maires ». Est-ce une initiative pilotée par Matignon et qui vise à affaiblir LR, déjà bien mal en point, dans la perspective des élections municipales de 2020 ? L’hypothèse serait plausible, car le nombre est important des élus locaux qui saisissent la « main tendue » d’Emmanuel Macron. 

De l’autre côté, le RN de Marine Le Pen ouvre désormais grand ses bras aux électeurs et aux élus LR avec comme tête de gondole l’ancien ministre sarkozyste Thierry Mariani. C’est le partage de la Pologne en 1940 ! 

Pourquoi ne pas en finir avec l’idée d’un parti unique et de remplacer LR par une confédération composée d’un parti centriste et d’un parti gaulliste ? Quand la grange s’est effondrée, que les toilettes sont bouchées et que vous avez de l’eau jusqu’aux genoux, vous ne rénovez pas. Vous cassez et vous refaites tout, c’est plus simple ! 

Sarkozy : Un recours ? 

Certains ne croient tout simplement plus que l’avenir passe par les partis. Avec son mouvement « libres ! », c’est le choix que vient de faire la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, suivant l’exemple hors parti de son homologue des Hauts-de-France, Xavier Bertrand. Lui mène sa barque depuis décembre 2017.

Fidèles aux Républicains, Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, et Christian Estrosi, maire de Nice (Alpes-Maritimes), font aussi vivre leur propre structure, « Force républicaine » et « La France audacieuse », au cas où. Le second a quand même fait un nouveau geste vers la majorité, appelant à des « coalitions » avec LREM aux municipales.

Eloigné de la scène politique, Nicolas Sarkozy reste le seul que tout le monde consulte encore. Comme un recours possible. Mais celui-ci n’a pas oublié en avoir déjà fait l’amère expérience en 2014.

(Robert Kongo)

A lire aussi

RDC : Qu’attend Fatshi de prendre des mesures draconiennes devant l’aggravation d’Ebola à l’Est ?

Dernière mise à jour, le 20 juillet 2019 à 10:42 Il est impératif aujourd’hui de …

Laisser un commentaire