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Mort de Morsi : L’ONU verse des larmes de crocodile

Dernière mise à jour, le 8 juillet 2019 à 08:37

Mohamed Morsi n’a pas trouvé beaucoup d’avocats pour plaider sa cause. Mais, une fois décédé, voilà que des voix s’élèvent à travers le vaste monde- en commençant par l’ONU- pour réclamer une enquête internationale sur les circonstances de sa mort.Cela ressemble à des larmes de crocodile.

Président démocratiquement élu, Mohamed Morsi a été évincé du pouvoir et puis embastillé sans que cela n’ait ému vraiment les bonnes consciences en matière de démocratie. Des condamnations a minima. Des indignations confidentielles. Bref, un service minimum qui contraste la pluie de pressions, de critiques qui s’abattent systématiquement sur l’Afrique en vertu de la doxa démocratique.

La courte présidence du Raïs issu de « Frères musulmans » a été vécue comme une parenthèse à vite refermer. Comme un accident de l’histoire dans cette Egypte abonnée au pouvoir kaki depuis…1952. Depuis, tout est rentré dans l’ordre.

Vu de puissants de ce monde, le pays des Pharaons a plus besoin de « stabilité » que de démocratie. Ce même argument que d’autres pays africains ont tenté de brandir pas nécessairement à tort. En vain.

A quelques exceptions près, les « maîtres » de la planète Terre sont les seuls à certifier qu’il y a l’impératif de stabilité. L’Egypte ayant la chance de sa géographie et de sa démographie. Laisser le plus peuplé des pays arabes presque voisin d’Israël via la bande de Gaza entre les mains d’un pouvoir islamiste, fût-il modéré et issu du suffrage universel, n’arrangeait pas grand-monde.

Des considérations géopolitiques qui parlent aux Congolais d’hier et d’aujourd’hui. A la tête d’un pays idéalement situé au cœur de l’Afrique, le Maréchal Mobutu était présenté comme un facteur et vecteur de stabilité du temps de la guerre froide. En fait, c’était le côté « rempart » contre l’expansion de l’influence soviétique qui faisait les affaires de ses alliés occidentaux.

Au nom de cette lutte contre l’URSS et ses semblables, le « monde libre » …fermait les yeux sur la dictature de Mobutu. La démocratie pouvait attendre. On connaît la suite.

Moralité, l’activisme post-mortem autour des circonstances de la mort de l’ancien Président égyptien ne peut rien face à la realpolitik. 

(avec José NAWEJ)

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