jeudi , 19 septembre 2019
Accueil / Afrique / MLC : Marche étouffée

MLC : Marche étouffée

Dernière mise à jour, le 22 juin 2019 à 03:36

C’était aux alentours du siège provincial du MLC, sur l’avenue de l’Enseignement, dans la commune de Kasa-Vubu, que des militants ont été dispersés, alors que les cadres du parti s’apprêtaient à entamer une marche qui devrait déboucher sur le dépôt d’un mémo à la Cour constitutionnelle, dans la commune de la Gombe. Pour la police, la manifestation n’était pas autorisée, car les cadres du MLC avaient introduit la lettre la veille, ce qui ne cadre pas avec la loi en la matière. Par conséquent, il n’y a donc pas eu marche à Kinshasa. Pour le MLC, la décision de la Police est non fondée. Les cadres dudit parti accusent la Police de restreindre la liberté de manifestation. 

À Kinshasa, les militants du Mouvement de libération pour le Congo (MLC) ont été empêchés, ce samedi 15 juin 2019, de se rendre à la Cour constitutionnelle pour déposer leur mémo. Les forces de l’ordre ont fait usage des tirs de sommation et de gaz lacrymogène afin de disperser les manifestants.

C’était aux alentours du siège provincial du MLC, sur l’avenue de l’Enseignement, dans la commune de Kasa-Vubu, que des militants ont été dispersés, alors que les cadres du parti s’apprêtaient à entamer une marche qui devrait déboucher sur le dépôt d’un mémo à la Cour constitutionnelle, dans la commune de la Gombe. 

Pour la police, la manifestation n’était pas autorisée, car les cadres du MLC avaient introduit la lettre la veille, ce qui ne cadre pas avec la loi en la matière. Par conséquent, il n’y a donc pas eu marche à Kinshasa. 

Pour le MLC, la décision de la Police est non fondée. Les cadres dudit parti accusent la Police de restreindre la liberté de manifestation. « Il s’agit là d’une raison non fondée. Nous avons déjà informé l’autorité urbaine. Nous sommes surpris que la police essaie de nous cantonner à l’intérieur. Nous avons l’impression qu’ils veulent nous faire taire », a déclaré Valentin Gerengo interfédéral MLC (Kinshasa).

Pour rappel, le MLC continue d’accuser le Front commun pour le Congo (FCC) d’avoir instrumentalisé la Cour constitutionnelle pour que cette dernière invalide ses élus. 

Invalidation des deputes : La solution de Diongo

Invalidation d’une vingtaine d’élus de l’Opposition par la Cour constitutionnelle, Franck Diongo présente quatre approches, à savoir politique, juridique, historique et internationale, pour démontrer l’illégalité et l’irrégularité des arrêts de la haute cour avant d’appeler le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, de pouvoir soutenir la non-exécution desdits arrêts au nom de la paix sociale, de la sécurité, de tranquillité publique et de l’équité.

Des réactions fusent à la suite de la tension politique résultant notamment, de l’invalidation des mandats d’une vingtaine des députés de l’Opposition. Le président national du Mouvement lumumbiste progressiste (MLP), donne de la voix par quatre approches.

La première approche qui est politique repose sur deux questions de fond. Franck Diongo s’interroge en ces termes : « Comment comprendre que les arrêts de la Cour constitutionnelle n’ait abouti qu’à l‘invalidation uniquement des parlementaires de l’Opposition (députés et sénateurs) ? Pourquoi cette coïncidence qui fait que tous les sièges perdus soient récupérés par le Front commun pour le Congo de Joseph Kabila ? ».

La deuxième approche que développe Franck Diongo, est juridique. Ce député national honoraire rappelle que la loi n’accorde que 60 jours à la Cour constitutionnelle de trancher sur les résultats définitifs des élections législatives. « Ici, il se pose un délai préfixe au-delà duquel on ne peut plus rendre les arrêts. Et ce délai, on ne peut l’interrompre, l’écourter ou le rallonger. Et donc quand on agit en dehors dudit délai, tout devient illégal », souligne-t-il.

La conséquence est logique, selon lui, tous les arrêts rendus au-delà du délai légal seront inopérants. « On ne peut pas les exécuter parce que pris en violation de la loi et de la Constitution », argumente-t-il.

Dans la foulée, le leader du MLP se rabat sur la Cour constitutionnelle : « sur quelle base la Cour a-t-elle pris les arrêts alors que le recomptage des voix n’était pas possible ? »

Dans la troisième approche qui est historique, l’ancien prisonnier politique sous le régime précédent rappelle qu’il figure dans la première vague des députés victimes des arrêts irréguliers de la Cour constitutionnelle, en son temps, Cour suprême de justice.

Fatshi invité à agir pour éteindre le feu

« Nous étions 18 députés en 2007 à être invalidés par la Cour suprême. Et parce que les arrêts ont été entachés d’abus de droit et d’irrégularités, l’Assemblée nationale à l’époque sous la houlette du président Vital Kamerhe avait institué une commission parlementaire pour examiner la portée juridique des arrêts de la CSJ.

Et le rapport de cette commission dirigée par Me Matadi Nenga s’opposait à l’invalidation décidée par la Cour. Il s’est agi finalement d’un bras de fer Assemblée nationale-Cour suprême de justice – Président de la République. C’est de cette situation que s’était tenue la première réunion interinstitutionnelle. Et c’est la menace brandie par le Président de la République de dissoudre l’Assemblée nationale qui avait fait que la Chambre basse du Parlement recule », a-t-il expliqué.

Dans sa casquette de symbole de la lutte démocratique et de héros vivant de la démocratie, Franck Diongo appelle la population à rejeter, sans hésiter, les arrêts de la Cour constitutionnelle. Et au Président de la République, il lui recommande pour des raisons de paix sociale, de sécurité, de tranquillité publique, de l’équité et de respect des droits des lois et de la Constitution, de soutenir la non-exécution de ces arrêts. « Lui seul a la compétence par son arbitrage, de garantir le bon fonctionnement des institutions. Il n’y a que lui qui peut agir pour éteindre le feu en s’impliquant pour baisser la tension politique. Parce qu’il faut éviter de pousser les non-violents à la violence », a-t-il indiqué.

Pour Franck Diongo, l’engagement de Moïse Katumbi par exemple, leader d’Ensemble pour le changement, dans la compétition électorale avec près de cinq mille candidats alignés, est la preuve de sa foi en la démocratie. « Et c’est inacceptable qu’on arrache injustement les sièges gagnés par ses candidats MS et G7 », regrette-t-il.

Ainsi, les auteurs des arrêts controversés doivent être révoqués par le Président de la République. Ce dernier est également invité à convoquer un forum pour jeter les bases de la réconciliation. « Ce serait un forum qui va tourner la page de revendications électorales pour asseoir l’Etat de droit et la démocratie », a-t-il conclu.

(avec lePotentiel)

A lire aussi

Gouvernement : Un programme ambitieux mais utopique en RDC

Dernière mise à jour, le 16 septembre 2019 à 04:05 Le gouvernement de la République …

Laisser un commentaire