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"Joseph KABILA" [devant a gauche] et Fatshi [a droite]
"Joseph KABILA" [devant a gauche] et Fatshi [a droite]

Fatshi – « Kabila » : Divorce exigé

Dernière mise à jour, le 22 juin 2019 à 03:36

Le mariage FCC-CACH risque d’exploser au fur et à mesure un bon nombre de Congolais souhaitent voir le chef de l’État, Félix Tshisekedi, s’émanciper du sénateur Joseph Kabila. Ce couple n’a toujours pas résolu la problématique de la formation d’un nouveau gouvernement après plus de quatre mois de coalition. Les militants du CACH exigent le divorce, en invitant l’actuel président à prendre ses responsabilités et à s’écarter de l’autorité morale du FCC.

En République démocratique du Congo, bon nombre de Congolais ne sont pas favorables à la coalition FCC-CACH. Pour preuve : depuis le début de cette semaine, les militants du CACH exigent la dissolution « sans condition » dudit mariage. D’où, la tension ne fait que monter entre ces deux camps. On assiste ainsi à des violences et autres actes de barbarie pouvant se propager sur toute l’étendue du territoire national.

Le mariage FCC-CACH risque d’exploser au fur et à mesure un bon nombre de Congolais souhaitent voir le chef de l’État, Félix Tshisekedi, s’émanciper du sénateur Joseph Kabila. Ce couple n’a toujours pas résolu la problématique de la formation d’un nouveau gouvernement après plus de quatre mois de coalition.

Les militants du CACH exigent le divorce, en invitant l’actuel président à prendre ses responsabilités et à s’écarter de l’autorité morale du FCC.

C’était mercredi 12 juin 2019, qu’on a assisté une démonstration des forces ayant opposé les militants de l’UDPS à ceux du PPRD. Les militants de ces deux formations politiques se sont déversés massivement dans la rue pour se livrer à une bataille. Par conséquent, des sièges des partis politiques, à l’instar du PPRD de Joseph Kabila, de l’ARC originale de Charles Nawej et celui de

Puis Mwabilu ont été totalement vandalisés grâce aux jets des pierres et autres projectiles des meneurs non autrement identifiés. 

Par ailleurs, l’opposant Martin Fayulu se cramponne sur son fameux combat de vérité des unes. Dès ce jeudi, il a mobilisé les femmes, depuis la Gare centrale pour une marche vers la Cour constitutionnelle. Et, d’autre marche des militants de Lamuka a été étouffée par la police, car les militants avaient voulu se rendre au palais du peuple.

D’ailleurs, il promet une série d’actions de grande envergure, le 30 juin 2019. Et, parallèlement, le Mouvement de Libération du Congo, le parti de Bemba dont l’arrivée à Kinshasa est confirmée pour le dimanche 23 juin à 10 heures, annonce, quant à lui, des manifestations pacifiques dont une marche contre les invalidations en cascade de ses élus.

Face à cette situation, il revient aux tenants du FCC-CACH de revenir sur les accords signer pour calmer la situation.

Fatshi doit rompre le silence

L’onde de choc, partie de Kinshasa, s’est finalement propagée sur l’ensemble de la République. Lubumbashi dans le Haut-Katanga, Kisangani dans la Tshopo, Kananga et Mbuji-Mayi dans le Grand Kasaï n’ont pas été épargnés. Le pays est en train de brûler pendant que le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, reste aphone. Garant de la nation et de la stabilisation des institutions, Félix Tshisekedi doit rompre le silence pour ramener le calme dans le pays. L’urgence s’impose.

L’arène politique congolaise est en pleine ébullition. Les tensions de ces derniers jours sont encore loin de s’estomper. Jeudi, des militants et partisans de Lamuka ont pris d’assaut le siège de la Cour constitutionnelle pour protester contre les derniers arrêts invalidant une vingtaine des députés nationaux de l’opposition.

Entre-temps, des affrontements entre les militants de l’UDPS et du PPRD, deux partis membres de la coalition FCC –CACH, ont pris une allure inquiétante. A Lubumbashi, chef-lieu du Haut-Katanga, un manifestant présenté comme proche de l’UDPS a été tué par balle. Les appels au calme dans les deux camps n’ont pas suffi à calmer les esprits.

Pendant que Kinshasa et les grandes villes du pays brûlent, le chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi continue encore son périple à l’extérieur du pays. Après Malabo, en Guinée équatoriale, où il vient d’assister à l’ouverture des assemblées annuelles de la Banque africaine de développement, le chef de l’Etat a mis le cap su Dar-es Salaam, en Tanzanie, avec une escale à Bujumbura, au Burundi.

A Kinshasa, on croyait qu’il allait annuler tous ses déplacements pour se concentrer sur le front intérieur qui est sérieusement en ballottage. Mais, le président de la République hésite à se prononcer pour anticiper sur un éventuel embrasement généralisé. Il a donc maintenu son programme, alors que les tensions actuelles déstabilisent les fondements de la coalition FCC – CACH.

Tirs croisés 

A l’intérieur, des voix s’élèvent pour convier le président de la république à rompre son silence. Garant de la nation, tous les regards sont donc rivés sur lui. Un analyste politique indépendant s’est livré au Potentiel en ces termes : « On ne comprend plus rien. Pendant que le climat politique se gâte, le président de la République affiche un calme qui ne s’explique pas. Entre le CACH, la coalition qui l’a porté au pouvoir, et le FCC de Joseph Kabila, on n’est plus loin d’une rupture. En toute logique, le chef de l’Etat devrait annuler tous ses déplacements à l’étranger et centrer tous ses efforts en interne pour trouver le plus rapidement possible une issue à cette crise politique ».

Et d’ajouter, cachant mal son dépit : « J’ai l’impression que le chef de l’Etat minimise le problème. Pour quelle raison ? On n’en sait rien. Il a prêté un serment qui le lie à la nation. Il est le symbole de l’unité nationale. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs et des institutions ainsi que la continuité de l’Etat. C’est la constitution qui le dit. Or, le pays tangue. Il doit parler pour ramener le calme ».

A la présidence, rien ne semble bouger. Apparemment, on ne s’empresse pas, convaincu sans doute qu’une main invisible va finalement apporter l’accalmie sur l’ensemble du territoire nationale. Ce qui, à première vue, n’est pas évident.

En effet, le blocage institutionnel est bien là. Le Sénat ne jouissant pas de ses pleins pouvoirs, seule l’Assemblée nationale tente de sauver les meubles. Mais, le débat du vendredi dernier a jeté le froid sur la chambrer basse du Parlement où les députés semblent être partagés entre la peur et la résignation.

Dans ces conditions, il n’y a que le président de la République qui a le plein pouvoir pour d’un côté, tracer la voie à suivre, et de l’autre ramener la confiance, apparemment brisée entre les institutions politiques et le peuple.

L’absence du gouvernement, près d’un mois après la nomination du Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, est venue s’ajouter à l’imbroglio.

Une fois de plus, seul Félix Tshisekedi est en mesure de décanter la situation. Le peuple a soif d’entendre son président de la République se prononcer sur l’état actuel de la situation. Il s’agit de battre la mesure idéale pour que le calme revienne sur l’ensemble du territoire. C’est vrai que les échauffourées de ces derniers jours vont laisser des traces dans la coalition FCC– CACH.

C’est à mettre, pense-t-on, sur le compte de l’apprentissage d’une expérience qui n’a jamais été vécue en RDC.

Le retour au calme est bien possible. Tout dépend de l’attitude que va adopter le président Félix Tshisekedi pour rassurer les uns et les autres, notamment le FCC, le CACH et le peuple congolais.

(avec lePotentiel)

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