jeudi , 18 juillet 2019
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En RDC : La Chine fustige l’intimidation commerciale des USA

Au terme de sa visite en République démocratique du Congo (RDC), le vice-ministre chinois des affaires étrangères fustige l’intimidation commerciale, la pression maximale et le principe « Amérique d’abord » pratiqués par l’administration Trump et qui sont à la base de la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis. « Le programme du Président Félix Tshisekedi basé sur « le peuple d’abord » est convergent avec le concept centré sur le peuple cher au Président Xi Jinping ». Ce constat du vice-ministre chinois des Affaires étrangères est de bon augure pour la continuité des relations d’amitié sur fond de coopération gagnant -gagnant entre la RDC et la Chine. Chen Xiaodong s’exprimait devant la presse au terme de sa visite de 48 heures à Kinshasa.

La première d’un haut dirigeant chinois depuis l’alternance pacifique à la tête de l’Etat rd congolais. L’occasion faisant le larron, les chevaliers de la plume et du micro rd congolais ont demandé au vice-ministre Chen son commentaire sur le conflit commercial entre Pékin et Washington. « Le bras de fer entre les Etats-Unis et la Chine est, au fond, un bras de fer entre l’unilatéralisme et le multilatéralisme ; entre le libre -échange et le protectionnisme ; entre la coopération gagnant-gagnant et les pratiques commerciales intimidantes », a indiqué le numéro 2 de la diplomatie chinoise. Concernant les accusations des autorités américaines sur ce qu’elles considèrent comme « le piège de la dette » contractée par les pays africains auprès de la Chine, le vice-ministre a eu cette réponse : « Ce dont l’Afrique a besoin, ce sont des partenaires sincères et non de donneurs de leçons qui lancent toujours des paroles creuses. L’Afrique accueille la coopération avec la Chine sur la base de l’égalité, du respect mutuel et gagnant-gagnant, mais rejette l’arrogance des préjugés et les intérêts égoïstes ».

VOICI L’ESSENTIEL DE L’ENTRETIEN DE L’HOMME D’ÉTAT CHINOIS AVEC LA PRESSE CONGOLAISE

Quel est l’objectif de votre visite en RDC ?

Ma présente visite intervient à un moment où votre pays a élu un nouveau président, le président déjà investi. Et puis, un nouveau Gouvernement est en train de se former. Donc, l’objectif principal de ma visite est d’évoquer le futur de notre coopération, dans tous les domaines, et chercher les moyens ensemble pour comment approfondir, comment développer notre coopération dans tous les domaines.

De quoi avez-vous parlé avec le Président Tshisekedi ?

Lors de mon entretien avec Son Excellence le Président Félix Tshisekedi, j’ai transmis les salutations cordiales de la part du Président chinois Xi Jinping, et sa volonté de renforcer encore davantage la coopération sino-congolaise. Et nous nous sommes décidés d’un commun accord de renforcer les échanges de haut niveau et consolider notre confiance mutuelle politique. Ensemble avec le Président Félix Tshisekedi, nous avons fait le bilan de l’amitié et des résultats abondants produits par la coopération entre la Chine et la RDC et notre amitié de longue date. Et nous avons aussi tracé de belles perspectives de notre coopération dans l’avenir.

Et le programme de M. Félix Tshisekedi dit « le peuple d’abord » est hautement convergent avec la proposition du Président chinois Xi Jinping, c’est le concept de développement centré sur le peuple. Donc, dans l’avenir notre coopération aura pour objectif principal, servir au peuple chinois et congolais, et améliorer le bien-être social des peuples de la RDC et des peuples chinois et de développer l’économie de notre pays. Donc, nous aurons une plus étroite coordination avec la RDC. La Chine soutient et continuera à soutenir la recherche, par la RDC, d’une voie de développement adaptée à ses conditions nationales et ses efforts de développer encore davantage son économie et d’améliorer le bien-être social.

Y a-t-il des projets en vue ?

En fait, il y a beaucoup de projets en cours, mais nous ne sommes pas trop entrés en détail. Il y a des projets d’hôpitaux, de la modernisation informatique, de la construction de nouvelles aérogares, etc. Nous avons parlé prioritairement du domaine de l’éducation, de l’agriculture et de la formation des personnes compétentes.

Nous avons aussi parlé de ce que le gouvernement chinois et congolais doivent renforcer le rôle de planification et d’orientation dans notre coopération bilatérale en innovant les modes de coopération. Par exemple, sous forme de PPP et de BOT.

La Chine est aujourd’hui le premier partenaire commercial et le premier investisseur pour la RDC. Donc, nous devons continuer à renforcer notre coopération dans le domaine des investissements et de financement.

La coopération sino-africaine se décline notamment avec le FOCAC et l’initiative « La ceinture et la Route », avez-vous abordé ces deux axes ?

Nous avons aussi parlé du FOCAC, le forum sur la coopération sino-africaine. Votre pays, la RDC, participe activement aux affaires du FOCAC. Et vers la fin du mois de juin, il y aura une réunion des coordinateurs pour la mise en œuvre des acquis du Sommet de Beijing du FOCAC tenu en septembre dernier. Et votre pays va envoyer une délégation de haut niveau pour participer à cette réunion des coordinateurs. Je pense que ce sera une belle occasion pour nous de faire un bilan des résultats obtenus et de planifier une meilleure concrétisation des acquis du Sommet de Beijing en RDC.

Nous avons aussi parlé de l’initiative « la ceinture et la route ». La RDC a exprimé sa vive volonté de participer à cette initiative. La Chine en est très heureuse. Elle invite aussi la RDC à participer à cette initiative. Parce que ce cadre, cette plateforme permettra à nos deux pays de poursuivre et d’approfondir notre coopération.

Le conflit commercial entre la Chine et les USA qui défraie la chronique au niveau de la communauté internationale inquiète les pays africains. Quel est votre commentaire ?

C’est vrai que c’est un sujet qui est suivi de très près par le monde entier. J’aimerais dire que la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis a été provoquée unilatéralement par les Etats-Unis. Les Etats-Unis pratiquent l’intimidation commerciale, la pression maximale et le principe « l’Amérique d’abord », en violant les règles internationales commerciales. Partout, les Etats-Unis utilisent les droits de douane comme une menace. En fait, ce n’est pas que la Chine qui est dans le collimateur des Etats-Unis. Les pratiques intimidantes des Etats-Unis visent aussi un grand nombre de pays en développement, et même ses partenaires commerciaux traditionnels. Et donc, le bras de fer entre les Etats-Unis et la Chine est au fond un bras de fer entre l’unilatéralisme et le multilatéralisme, entre le libre échange et le protectionnisme, entre la coopération gagnant-gagnant et les pratiques intimidantes commerciales. Dans la guerre commerciale, il n’y a pas de gagnant. Depuis l’éclatement de cette guerre commerciale, les économies américaine et chinoise et les économies du monde entier ont été impactées par cette guerre. Et récemment, la Banque mondiale et le FMI ont revu à la baisse les prévisions de la croissance mondiale en 2019. Cela démontre parfaitement les inquiétudes du monde entier à cette guerre commerciale.

Je sais que les pays africains suivent de très près cette guerre commerciale. Et beaucoup de pays africains nous ont exprimé leurs inquiétudes, parce que les secteurs de l’exportation et de l’investissement sont gravement touchés par cette guerre. Donc, cela illustre que la guerre commerciale est totalement impopulaire.

Quelle est au fond la position de la Chine ?

La position de la Chine est très claire et très constante. Nous ne voulons pas d’une guerre commerciale. Nous voulons parvenir à un accord commercial avec les Etats-Unis, sur la base de l’égalité et de consultation d’égal à égal, acceptable pour les deux parties. Mais, si les Etats-Unis cherchent à provoquer cette guerre, nous sommes prêt à aller jusqu’au bout. La Chine représente un marché immense et son économie est à forte résilience. Selon Monsieur le Président Xi Jinping, l’économie chinoise est un océan, pas une petite mare. La tempête peut bien bouleverser une petite mare, mais pas un océan. Donc, nous sommes pleinement confiants que nous pouvons surmonter toutes les difficultés et relever tous les défis présents. Donc, nous espérons que les Etats-Unis pourront rejeter les pratiques erronées, avant qu’il ne soit trop tard, et retourner sur la bonne voie. Et mener des consultations commerciales avec la Chine, dans le respect mutuel et sur la base de la coopération gagnant-gagnant. Et pour parvenir enfin à un accord favorable pour toutes les deux parties. Cet accord sera bon pour les Etats-Unis, pour la Chine, mais aussi pour tous les pays africains.

Que répondez-vous à ceux qui aux USA, considèrent que les dettes contractées par les pays africains auprès de la Chine constituent un piège ?

A part cette guerre commerciale lancée par les Etats-Unis, les Etats-Unis cherchent par tous les moyens aussi à calomnier la coopération sino-africaine en concoctant la théorie du piège chinois de la dette, en noircissant l’initiative « la ceinture et la route ». J’aimerais souligner que dans la coopération avec l’Afrique, la Chine a toujours été attachée à la coopération sur la base de l’égalité, du respect mutuel et du gagnant-gagnant. Et cette coopération avec l’Afrique a apporté des bénéfices tangibles aux peuples chinois et africain. Cela est connu de tous. Et l’année dernière, les Etats-Unis ont publié une nouvelle stratégie pour l’Afrique. Ce qu’ils soulignent, c’est « l’Amérique d’abord ». Ils négligent en fait les besoins, les demandes et les intérêts de l’Afrique. Ce qu’ils cherchent, c’est son objectif par la publication de ses stratégies, c’est endiguer la Chine, donc endiguer l’influence de la Chine en Afrique. Cela a reçu des oppositions fermes de beaucoup d’amis africains. Le Président chinois Xi Jinping a avancé des concepts qui guident la coopération avec l’Afrique. Par exemple, le concept de sincérité, résultat effectif, amitié et bonne foi, et la recherche du plus grand bien et des intérêts partagés ainsi que la construction de la communauté de destin pour l’humanité. Tout cela a injecté une grande dynamique à la coopération sino-africaine et a reçu un soutien agissant de la part des amis africains.

Mais regardons les Etats-Unis, ils avancent « l’Amérique d’abord », en négligeant les intérêts du peuple africain. Et quel contraste ? C’est un contraste frappant entre l’attitude des Etats-Unis et celle de la Chine envers l’Afrique.Au Sommet de Johannesburg du FOCAC en 2015, le Président Xi Jinping a annoncé des aides financières de 60 milliards de dollars à l’Afrique. Et l’année dernière, au Sommet de Beijing du FOCAC, le Président Xi Jinping a annoncé encore une fois que la Chine fournira un soutien financier de 60 milliards américains. Donc, on peut dire que la coopération sino-africaine est devenue de plus en plus dynamique. Mais, les Etats-Unis, ces dernières années, ont réduit leur engagement en Afrique. Donc, je pense que la justice se trouve au cœur de chacun. Et je pense que les amis africains sont les mieux placés pour en dire. Ce dont l’Afrique a besoin, ce sont des partenaires sincères, mais pas les donneurs des leçons, qui lancent toujours des paroles creuses. L’Afrique accueille la coopération sur la base de l’égalité, du respect mutuel et de gagnant-gagnant mais rejette l’arrogance des préjugés et les intérêts égoïstes.

(avec ForumDesAs (RDC))

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