jeudi , 18 juillet 2019
Accueil / Afrique / Manifestation : Les policiers ont « volé » les téléphones des militants de Lamuka

Manifestation : Les policiers ont « volé » les téléphones des militants de Lamuka

Les éléments de la Police nationale congolaise (PNC) ont dispersé, jeudi 13 juin, les militants de la plateforme Lamuka qui manifestaient devant la Cour constitutionnelle, en contestation des arrêts relatifs au contentieux électoral sur les législatives nationales et sénatoriales. Certains militants de LAMUKA affirment avoir perdu leurs téléphones portables et d’autres biens. Le Mouvement social (MS) et l’Alliance pour l’alternance démocratique (AAD), demandent au Président de la République, Félix Tshisekedi, de restructurer la Cour constitutionnelle, à la suite de ses arrêts très polémiqués, rendus tard dans la nuit de lundi à mardi dernier. Dans sa déclaration, le Bureau politique du MS et de l’AAD souligne le caractère irrégulier des décisions sus- évoquées de la Haute Cour, qu’il considère avoir été pris en violation de l’article 74 de la Constitution en vigueur.

Ces manifestants entonnaient des chansons hostiles à l’endroit des juges de la Haute Cour. Ils poussaient des cris et brandissant des papiers portant des inscriptions qui appellent les juges à annuler leurs arrêts qui, affirmaient-ils, risquent de mettre le pays à feu et à sang.

Pour assurer l’ordre public, les éléments de la PNC, qui tentaient plusieurs fois de calmer les manifestants, ont décidé cette fois là de les chasser de force. Ce qui a failli occasionné un léger accrochage entre les deux parties. Certains militants de LAMUKA affirment avoir perdu leurs téléphones portables et d’autres biens à cette occasion.

Le commissaire divisionnaire adjoint de la police ville de Kinshasa, le général Sylvano Kasongo n’a pas tardé à effectuer une descente sur place pour s’enquérir de la situation. Il a quitté les environs de la haute Cour après s’être assuré que la situation était sous contrôle.

Cette manifestation de jeudi devant la Cour constitutionnelle était organisée par les femmes membres de LAMUKA. Elle faisait suite à l’appel lancé par le coordonnateur honoraire de cette plateforme Martin Fayulu Madidi qui, au cours d’une conférence de presse tenue le 12 juin dernier, annoncé une série d’actions de rue pour barrer la route à tous « ces conglomérats des ennemis de la République ».

« Les juges de la Cour Constitutionnelle ont perdu leur indépendance au profit de l’appartenance à une coalition désavouée par le peuple. Cette situation est totalement inacceptable et nous devons y mettre fin par tous les moyens », avait déclaré Martin Fayulu.

La plateforme Lamuka a jusque-là perdu 21 députés nationaux et 2 sénateurs, invalidés par la Cour Constitutionnelle, dans le cadre du contentieux électoral des législatives et sénatoriales. 

RESTRUCTURER LA HAUTE COUR 

Le Mouvement social (MS) et l’Alliance pour l’alternance démocratique (AAD), demandent au Président de la République, Félix Tshisekedi, de restructurer la Cour constitutionnelle, à la suite de ses arrêts très polémiqués, rendus tard dans la nuit de lundi à mardi dernier. Par ailleurs, les deux regroupements politiques suspendent jusqu’à nouvel ordre, la participation de leurs sénateurs, députés nationaux et provinciaux, aux activités de leurs institutions respectives. C’est ce qui ressort de la déclaration du Bureau politique de ces deux regroupements, jeudi 13 juin à Kinshasa. Le MS et l’ADD motivent leur décision par les récents arrêts de la Cour constitutionnelle sur les contentieux électoraux des législatives nationales du 30 décembre dernier.

Dans sa déclaration, le Bureau politique du MS et de l’AAD souligne le caractère irrégulier des décisions sus- évoquées de la Haute Cour, qu’il considère avoir été pris en violation de l’article 74 de la Constitution en vigueur. Aussi, les deux regroupements politiques, exhortent-ils le nouveau Raïs congolais à restructurer la Cour constitutionnelle, avant d’amener celle-ci à reporter son verdict suprême qui a suscité une pluie torrentielle de réactions dans le camp de l’Opposition.

Par ailleurs, dans ce document signé par M. Florent Mulumba, rapporteur de leur bureau politique, le MS et l’AAD recommandent au Chef de l’Etat, de convoquer le Conseil supérieur de la Magistrature pour statuer sur le cas des magistrats véreux de la Haute Cour. C’est-à-dire ceux-là même dont le comportement a terriblement porté un coup dur, non seulement au prestige de haute juridiction judiciaire, mais aussi et surtout, à l’idéal vertueux de la cohésion et de l’unité nationales. Compte tenu de l’ampleur de la situation, le MS et l’AAD estiment que les magistrats de la Haute Cour qui seront rendus coupables de corruption, ne devront pas demeurés impunis.

Blessés dans son amour propre, le Bureau politique du MS et de l’AAD convient les militants et sympathisants des deux regroupements, à se mobiliser en prévision de la marche pacifique prévue pour le 30 juin courant. A cette marche, le MS et l’AAD annoncent également une série de manifs envisagées dans le cadre du combat à mener contre les ennemis de la cohésion nationale. 

DÉCLARATION POLITIQUE DES REGROUPEMENTS MOUVEMENT SOCIAL (MS) ET ALLIANCE POUR L’ALTERNANCE DÉMOCRATIQUE (MS)

Le Bureau politique du Mouvement Social (MS) et de l’Alliance pour l’Alternance Démocratique (AAD), a tenu ce jeudi 13 juin 2019, une réunion extraordinaire élargie aux Députés et Sénateurs.

Au cours de celle-ci, l’actualité politique nationale, dominée par les derniers arrêts de la Cour Constitutionnelle, a servi de base aux discussions au terme desquelles les décisions suivantes ont été prises.

Faisant le constat du caractère inique et irrégulierdes arrêts de la Cour constitutionnelle, au regard de la procédure et du délai légal, visant expressément l’anéantissement de la participation de l’opposition à l’Assemblée nationale et au Sénat,le Bureau politique recommande à Monsieur Antoine Félix Tshisekedi, Président de la République, Chef de l’Etat, Magistrat suprême,

  • D’interpeler sans délais, les hauts magistrats de la Cour Constitutionnelle sur les irrégularités flagrantes décriées par la Classe politique, l’opinion nationale et internationale ;
  • D’amener la Cour Constitutionnelle, à reporter ses arrêts pour cause d’irrégularités dues au non-respect des dispositions de l’article 74 de la Constitution ;
  • De convoquer le Conseil supérieur de la magistrature pour statuer sur le cas des Magistrats dont le comportement individuel a gravement porté atteinte à la stabilité des institutions, à la cohésion et à l’unité nationale ;
  • De décider de la restructuration et de la recomposition de la Cour constitutionnelle aux fins de garantir son indépendance et sa crédibilité ;
  • De mettre à la disposition de la justice les magistrats cités dans les cas de corruption avérée et ou dénoncée.

Dans cette attente, le Bureau politique a décidé de suspendre la participation de ces Sénateurs, Députés nationaux et provinciaux aux activités des institutions nationales et provinciales jusqu’à nouvel ordre.

Le Bureau politique invite les militants membres du mouvement Social et de l’Alliance pour l’Alternance Démocratique en particulier, et la population congolaise en général, à se mobiliser massivement en prévision de la marche pacifique qui sera organisée le 30 juin prochain et des différentes manifestations à venir età rester vigilant contre tous les ennemis de l’unité et de la cohésion nationale.

Fait à Kinshasa, le 13 juin 2019

Pour le Bureau politique,

Le Rapporteur FLORENT MULUMBA M.

(avec Orly-Darel NGIAMBUKULU, Grevisse KABREL)

A lire aussi

Fatshi, President de la RDC, lors d'une conférence de presse.

En prônant le pardon : Fatshi souffle le chaud et le froid au risque de consacrer l’impunité

Quand Félix Tshisekekdi implore le pardon divin pour tous ceux qui ont volé, violé, abusé …

Laisser un commentaire