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RDC : Affrontements entre combattants de CACH et du FCC dans plusieurs villes

Dernière mise à jour, le 18 juin 2019 à 12:41

« Une Cellule de crise a été mise en place entre le FCC et le CACH pour promouvoir une désescalade et aplanir les appréhensions diverses, ayant été à la base des expressions partisanes. La coalition a le devoir de résister. Il y va de l’intérêt de la Nation », a écrit sur son compte Twitter Patrick Nkanga. Cette initiative, prise par les cadres des deux plateformes partenaires, se veut un remède aux tensions qui couvent cette coalition depuis le vendredi dernier. C’est, en fait, depuis l’annonce des ordonnances du Président Félix Tshisekedi, nommant de nouveaux membres du Conseil d’administration de deux entreprises du portefeuille, à savoir la société nationale de chemin de fer au Congo (SNCC) et la Générale des carrières et des mines (GECAMINES) que les relations, (déjà fragiles ?), entre le FCC et CACH se sont détériorées.

Après les trois journées folles de tension lundi, mardi et mercredi 12 juin, notamment à Kinshasa et à Lubumbashi, le Front Commun pour le Congo (FCC) et Cap pour le Changement (CACH) pourraient, finalement, fumer le calumet de la paix. Une cellule de crise destinée à régler les différends au sein de la coalition a été mise sur pied hier mercredi. L’annonce a été faite hier même par Patrick Nkanga Bekonda, rapporteur et porte-parole du bureau politique du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD).

« Une Cellule de crise a été mise en place entre le FCC et le CACH pour promouvoir une désescalade et aplanir les appréhensions diverses, ayant été à la base des expressions partisanes. La coalition a le devoir de résister. Il y va de l’intérêt de la Nation », a écrit sur son compte Twitter Patrick Nkanga.

Cette initiative, prise par les cadres des deux plateformes partenaires, se veut un remède aux tensions qui couvent cette coalition depuis le vendredi dernier. C’est, en fait, depuis l’annonce des ordonnances du Président Félix Tshisekedi, nommant de nouveaux membres du Conseil d’administration de deux entreprises du portefeuille, à savoir la société nationale de chemin de fer au Congo (SNCC) et la Générale des carrières et des mines (GECAMINES) que les relations, (déjà fragiles ?), entre le FCC et CACH se sont détériorées.

LA MOTION DE CHARLES NAWEJ

A la suite d’une motion d’information de Charles Nawej, député FCC et ancien ministre des Affaires sociales, le débat sur ces ordonnances à l’Assemblée nationale s’est avéré la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Les partisans de Félix Tshisekedi n’ont pas, en effet, digéré que leur leader, devenu chef de l’Etat, soit traité de  »Président inconscient » pour avoir remis au pouvoir des mandataires dont la gestion n’aurait pas été orthodoxe.

Depuis lors, on assiste à une escalade de violences de la part des partisans des deux plateformes partenaires. Mais, c’est beaucoup plus  »les combattants » de l’UDPS qui, se sentant lésés par des propos jugés offensants du député FCC, ont multiplié des actes de violences en s’en prenant aux sièges du PPRD et de ses partis alliés.

Ainsi, à Lubumbashi tout comme à Kinshasa, les sièges du parti de Joseph Kabila ont été pris pour cibles le mardi et le mercredi. Hier, c’était le tour du siège de l’ARC, membre du FFC, à être incendié. Ce parti étant celui du député incriminé.

DESCENTE PUNITIVE

Les tensions entre les partis de cette coalition ont fini par dégénérer, au point que l’on a assisté ce mercredi 12 juin à une bataille rangée entre les partisans de l’UDPS et les bérets rouges du PPRD. Ces derniers qui se sont rendus dans la matinée devant le siège du Parlement pour protester contre les attaques dont ont été victimes leurs élus, ont été accusés d’avoir molesté, au niveau du pont CABU, quatre conducteurs de motos, étiquetés partisans de l’UDPS.

La descente des  »combattants » du parti de la 11ème rue ne s’est pas fait attendre. Déterminés à venger les leurs, les militants de l’UDPS ont effectué une descente punitive qui s’est soldée par des casses, même sur des véhicules des particuliers.

L’on ose, toutefois, croire qu’avec la mise sur pied de la Cellule de crise, ce regain de violences pourrait s’estomper. 

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LES COMBATTANTS DE L’UDPS/TSHISEKEDI ONT FAIT LA LOI AU PALAIS DU PEUPLE 

Journée folle, lundi 10 juin, au siège du Parlement congolais. Vers 11 heures, des centaines de combattants de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti au pouvoir, ont fait exploser les alentours du Palais du peuple. Scandant des chansons hostiles et teintées d’injures à Mme Jeanine Mabunda, présidente de l’Assemblée nationale, la foule en colère s’est déployée sur l’ensemble du périmètre du siège du Parlement. Mais leur détermination à franchir l’hémicycle, est aussitôt dissuadée par des éléments de la Police nationale congolaise (PNC), commis à la sécurité du Palais Bourbon congolais.

Malgré cette résistance policière, les manifestants n’ont pas décoléré. Bien au contraire. Plus les minutes et les heures avançaient, plus le climat autour du Palais du peuple devenait davantage tendu. Toutes les entrées du siège du Parlement, hermétiquement fermées. Des centaines de combattants en motos, improvisent une sorte de patrouille diurne sur le périmètre du Palais. Objectif : veiller aux mouvements des députés nationaux. Cible privilégiée : Jeanine Mabunda.

JEAN-MARC KABUND HUE, Boniface Balamage agresse

Peu avant midi, Jean-Marc Kabund, président a.i de l’Udps 1er vice-Président de l’Assemblée nationale, ne se doutant de rien, tente d’accéder à l’enceinte du Palais, par l’entrée principale en face de la concession des Chinois. Mais, c’est sans compter avec une foule en irascibilité qui, visiblement, ne peut obéir qu’au mot d’ordre du seul Président de la république Félix Tshisekedi. Pour preuve, Jean-Marc Kabund, moulé dans un boubou blanc d’œuf, coiffé d’un « Moniéré » (Ndlr : sorte de képi incarné par feu Etienne Tshisekedi, très à la mode chez ses partisans), essaie d’appeler les manifestants au calme. Mais en retour, il est hué comme un vulgaire traitre. La foule n’ayant pas d’âme. C’est dans ces conditions qu’il regagne aussitôt son bureau.

Entre-temps, la situation va de mal en pis. A défaut d’atteindre directement leur cible, les manifestants s’en prennent à tout celui qui, soit entre, soit sort du Palais du peuple. Malheur aux hommes tirés à quatre épingles, parce qu’assimilés aux parlementaires. Dans ce capharnaüm, le 2ème vice-président du bureau de l’Assemblée nationale, Boniface Balamage, est physiquement agressé. Sa jeep Prado caillassée, s’en sort avec le pare-brise arrière défoncé sur l’aile droite du véhicule.

Dans l’après-midi, la tension double d’intensité. Les manifestants ont compris qu’il était bientôt la fin de la Journée et que le Palais du peuple allait se désemplir. Ils renforcent leurs positions et attendent de pieds fermes. L’heure avance. Il est 15h30. C’est la fin réglementaire de la Journée. Mais comment faire en sorte que les membres des bureaux de l’Assemblée nationale et du Sénat ainsi que les cadres et agents de l’Administration publique des deux chambres, soient évacués en toute sécurité ? La Police n’y réfléchit pas par deux fois.

A bord de deux pick-up, des hommes en kaki bleu foncé, tirent quelques coups de feu en l’air et font semblant de lancer une chasse aux sorcières. Ce qui permet aux manifestants de à replier jusqu’à l’autre bord du Boulevard Triomphal. C’est dans ce cafouillage que Jeanine Mabunda quitte le Plais du Palais du peuple à 15h50. Sa jeep sous escorte de deux pick-up de la Police, sort par l’espace devant la fontaine, pour déboucher sur le boulevard Triomphal. Pour leur part, les cadres et agents de l’administration publique n’ont qu’à se frayer du chemin pour se mettre à l’abri de toute agression éventuelle. Car, les bus affectés à leur transport, ne sont pas en situation d’assurer ce service. C’est finalement vers 17 heures, que la situation revient finalement au calme.

LE TANDEM FATSHI – JOSEPH KABILA FACE A L’OBLIGATION DE LA VERITE

Le Palais du peuple, cadre par essence sanctuarisé, a été désacralisé hier. Dès lors, des observateurs estiment qu’il appartient désormais, au leadership de l’Udps, de faire comprendre à la base du parti, qu’ils ont leurs députés à l’Assemblée nationale. Et que seuls ces derniers sont investis de plein pouvoir d’apporter la contradiction soit à une matière en discussion, soit à un sujet qui heurte certaines sensibilités.

Certes, on peut comprendre qu’à la suite de ce qui s’est passé le vendredi 7 juin à la Chambre basse, ait créé des frustrations dans les rangs des combattants du parti de la 11ème rue Limete. Cependant, ces derniers ne doivent pas ignorer qu’ils sont au pouvoir au plus haut sommet de l’Etat. Si chaque fois, des militants et sympathisants d’un parti ou regroupement politique lésés par la prestation d’un parlementaire, doivent envahir le peuple, on ne peut qu’imaginer la suite.

C’est ici le lieu de rappeler que lors de sa prise de pouvoir le 24 janvier dernier, Félix Tshisekedi avait pris un engagement « Je ne serai pas le Président ni d’un parti politique ni d’une ethnie ni d’une province. Je serai le Président de tous les Congolais », avait déclaré le président élu à haute et intelligible voix. S’il existe réellement une coalition entre le FCC et CACH, alors la question qui fâche présentement, devrait être discutée en amont entre les deux alliés. Hélas, tout se passe comme si le secret du confessionnal n’est encore connu des troupes de cette coalition.

Compte tenu de ce qui passé hier au Palais du peuple, des voix s’élèvent pour inviter le tandem Félix Tshisekedi-Joseph-Kabila, à dire les quatre vérités sur les contours même de cette coalition. Il y va de l’avenir et de l’harmonie des institutions du pays. 

(avec ForumDesAs)

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