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Rafael NADAL, Champion, Roland Garros 2019.
Rafael NADAL, Champion, Roland Garros 2019.

Records de titres : La pression monte sur Roger FEDERER

Dernière mise à jour, le 16 juin 2019 à 01:21

Jamais un champion ou une championne n’avait compté autant de titres dans un même Grand Chelem. La victoire de Nadal sur Thiem sur l’argile parisienne est son 18ème titre majeur, qui le propulse à deux du record de tous les temps en simple chez les hommes de son rival Roger Federer. Mais Nadal a de nouveau déclaré qu’attraper le Suisse ne le préoccupait pas. « Si je rattrape Roger ou pas, je ne suis pas très inquiet à ce sujet », a-t-il déclaré. « Vous ne pouvez pas être frustré tout le temps parce que le voisin a une maison plus grande que vous, ou une télévision plus grande, ou un meilleur jardin. « Ce n’est pas comme ça que je vois la vie. « Si, à la fin de ma carrière, je suis capable de remporter deux autres tournois du Grand Chelem et de me rapprocher de Roger, ce sera incroyable. « Je vais faire de mon mieux pour continuer à profiter du tennis, en me donnant l’occasion de concourir au plus haut niveau et nous verrons ce qui se passe. »

Son règne est désormais sans égal : même de plus en plus cabossé, même après une campagne sur terre battue moins souveraine qu’à l’accoutumée, Rafael Nadal a triomphé pour la douzième fois à Roland-Garros dimanche. Jamais personne n’avait imposé sa loi aussi souvent dans un même tournoi du Grand Chelem.

Comme il y a un an, son ultime victime a été Dominic Thiem. Mais à la différence de 2018, le N.4 mondial a arraché un set à l’Espagnol, victorieux 6-3, 5-7, 6-1, 6-1 en trois heures, bras en croix sur la terre battue parisienne après un dernier retour trop long de l’Autrichien.

« C’est assurément un des meilleurs joueurs de tous les temps, aujourd’hui j’ai vu pourquoi », résume Thiem.

« Après le deuxième set, j’ai un peu baissé de niveau, ce qui n’est pas si dramatique contre la plupart des joueurs, mais lui en a profité et m’a marché dessus », décrit-il.

A 33 ans, « Rafa » devient le premier joueur de l’histoire, hommes et femmes confondus, à inscrire douze fois son nom au palmarès d’un même tournoi majeur. Le Majorquin totalise désormais dix-huit couronnes en Grand Chelem et revient à deux longueurs du record détenu par Roger Federer (20).

« Il y a très peu de temps, nous ne savions même pas si je pourrais jouer ici, se souvient +Rafa+. Ce trophée signifie énormément pour moi. »

Car derrière la force de l’habitude, il y a une trajectoire récente plus chaotique qu’on ne l’imagine.

« Gros coup de moins bien »

Quand, mi-mars, Nadal est trahi par son corps une énième fois, il accuse le coup. « Après Indian Wells (forfait avant sa demi-finale contre Federer, ndlr), mentalement, j’ai eu un gros coup de moins bien. J’ai traversé un moment difficile. Ca a été vraiment compliqué pour moi de revenir en forme, et de retrouver cette énergie dont j’ai besoin pour jouer, pour faire des choses vraiment bien », confie-t-il début mai.

« Les gens ne s’en souviennent pas parce que j’ai fini la saison N.2 mondial, mais l’année dernière, je n’ai joué que neuf tournois et je ne suis allé au bout que de sept, j’ai dû abandonner à l’Open d’Australie, puis à l’US Open. Ca a été difficile. Mentalement, même si j’ai réussi une grande saison, j’ai dû accepter très souvent des problèmes », rappelle-t-il.

A ce moment-là, « Rafa » enquille blessure sur blessure depuis six mois et son abandon en demi-finales de l’US Open début septembre. Si sa finale à l’Open d’Australie fin janvier a un effet trompe-l’oeil, son corps le lâche de toutes parts : en bref, genou droit à New York, abdominaux à Paris fin octobre, cheville droite opérée début novembre, cuisse gauche à Brisbane début janvier, main à Acapulco fin février, et genou qui grince de nouveau à Indian Wells.

« Trop de problèmes. J’ai eu besoin de temps pour accepter ça », résume-t-il.

Mais le temps presse pour Nadal, car déjà, la saison sur terre battue, sa surface chérie, se profile alors. Inhabituellement pour lui, elle commence cahin-caha avec un revers en demi-finales à Monte-Carlo (contre Fognini) mi-avril, où il n’est « pas arrivé très bien préparé ».

Un mois pour se relever

Le tournant a lieu la semaine suivante, à Barcelone.

« Le premier match (victoire 6-7, 6-4, 6-2 contre Mayer), c’était un désastre, probablement le match de ma carrière que j’ai joué avec le moins d’énergie. Après ça, je suis rentré à l’hôtel et j’ai essayé de réfléchir à ce qui se passait en moi et de le régler, raconte-t-il. Le lendemain matin, je me suis réveillé avec une énergie différente. A partir de ce moment-là, j’ai fait des progrès. »

Malgré la défaite, sa demi-finale contre Thiem dans la capitale catalane lui permet d’identifier des pistes de progrès. A Madrid début mai, il chute encore aux portes de la finale (contre Tsitsipas) mais affirme « sentir de nouveau cette énergie qui fait la différence », ce qui « n’était pas le cas il y a deux semaines ». A Rome, une semaine avant Roland-Garros, il finit par soulever son premier trophée millésimé 2019.

Dans un timing serré, un mois précisément, Nadal a reconstruit match après match sa carapace indestructible ou presque.

Tout au long de la quinzaine parisienne, il en a fait la démonstration éclatante.

En finale dimanche, la perte de la deuxième manche l’a comme piqué au vif. Thiem, lui, a sans doute payé aussi sa débauche d’efforts pour venir à bout du N.1 mondial Novak Djokovic en cinq sets à cheval entre vendredi et samedi.

Le douzième sacre parisien de Nadal étend encore la domination sans partage du « Big Three », qu’il forme avec Federer et Djokovic : le trio a désormais raflé les dix derniers titres majeurs.

(avec Afp)

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