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Vue de dos, Moise KATUMBI [chemise blanche] et Kyungu; devant une statue religieuse.
Vue de dos, Moise KATUMBI [chemise blanche] et Kyungu; devant une statue religieuse.

En difficulté financière : Katumbi trahi Lamuka

Dernière mise à jour, le 20 juin 2019 à 11:10

Intervenant à ces échanges sous le thème : « la Crise de légitimité en RDC : Causes et effets », Adolphe Muzito, cité par plusieurs médias en ligne, a souligné : « Nous ne pouvons pas les légitimer en disant que nous sommes une opposition républicaine et eux, une majorité républicaine. Sinon, ce serait abandonner la lutte et la victoire du peuple. C’est pourquoi, nous disons que nous sommes dans la résistance non pas pour les contredire mais pour les contester avec le peuple jusqu’à ce qu’ils quitteront ». « Si nous acceptons d’être leur opposition républicaine ou opposition tout court, c’est que dans ce cas, nous acceptons leur pouvoir et notre rôle ne reste que celui de les contredire et donner nos avis jusqu’à ce que leur mandat prendra fin. Ce qui n’est pas vrai », a-t-il expliqué. Cette prise de position contraste avec l’opinion développée par le coordonnateur de Lamuka, Moïse Katumbi. L’un des six, avait annoncé une rencontre prochainement entre les membres de la coalition et Félix Tshisekedi.

Le fossé ne cesse de se creuser entre les leaders de LAMUKA avant la réunion du présidium de cette plateforme politique. La rencontre de jeudi 6 juin au Collège Boboto, dans la commune de la Gombe, entre Martin Fayulu, Adolphe Muzito ainsi que Eve Bazaïba et les étudiants, a permis d’y voir un peu plus clair. Adolphe Muzito, l’un des six leaders de Lamuka, n’est pas allé avec le dos de la cuillère pour affirmer qu’accepter de faire une opposition républicaine ou opposition tout court, signifierait approuver les résultats des élections du 30 décembre 2018 qui ont donné Félix Tshisekedi vainqueur.

Intervenant à ces échanges sous le thème : « la Crise de légitimité en RDC : Causes et effets », Adolphe Muzito, cité par plusieurs médias en ligne, a souligné : « Nous ne pouvons pas les légitimer en disant que nous sommes une opposition républicaine et eux, une majorité républicaine. Sinon, ce serait abandonner la lutte et la victoire du peuple. C’est pourquoi, nous disons que nous sommes dans la résistance non pas pour les contredire mais pour les contester avec le peuple jusqu’à ce qu’ils quitteront ».

« Si nous acceptons d’être leur opposition républicaine ou opposition tout court, c’est que dans ce cas, nous acceptons leur pouvoir et notre rôle ne reste que celui de les contredire et donner nos avis jusqu’à ce que leur mandat prendra fin. Ce qui n’est pas vrai », a-t-il expliqué.

Contraste

Cette prise de position contraste avec l’opinion développée par le coordonnateur de Lamuka, Moïse Katumbi. L’un des six, avait annoncé une rencontre prochainement entre les membres de la coalition et Félix Tshisekedi.

« Félix Tshisekedi est un frère. Il est également frère à Martin Fayulu, à Jean-Pierre Bemba. C’est notre frère. J’étais gouverneur du Katanga, du grand Katanga qui a la malchance d’être morcelée à cause de Moïse Katumbi. Quand j’étais gouverneur, il fallait travailler pour la population. Le président Tshisekedi est là, il est en train de faire un grand travail. Il vient de nommer son Premier ministre. Pour le moment, je ne suis pas quelqu’un qui dérange. Nous sommes de l’opposition républicaine, moi, je ne vais pas vivre dans le radicalisme. 

L’opposition Lamuka aura le temps de voir le président Tshisekedi. C’est ça la reconstruction d’un pays. Nous partirons ensemble, avec mon frère Martin, avec Jean-Pierre Bemba et tous les autres donner notre point de vue. Ce ne sera pas pendant la nuit (…) », avait déclaré Moïse Katumbi, répondant à une question d’ACTUALITE.CD au cours d’une conférence de presse organisée à Lubumbashi.

Pas de préférence

Jean-Pierre Bemba regagne Kinshasa dimanche 23 juin prochain. Il y sera précédé trois jours plus tôt par lMoise Katumbi le 20 juin. Martin Fayulu a, à cette occasion, annoncé sa présence à l’aéroport international de N’djili pour accueillir le leader du MLC.

Répondant à une question au cours de cette conférence-débat, le candidat LAMUKA à la présidentielle de fin décembre 2018 relayé par 7sur7.cd : « JP Bemba ainsi que les amis du MLC m’ont contacté pour son retour. Je n’ai pas encore vu les amis de Katumbi ». Ce, avant d’enchaîner qu’il n’a pas de préférence pour Jean-Pierre Bemba au détriment de Moïse Katumbi.

Le président du parti politique « Engagement pour la Citoyenneté et le Développement » (ECIDE) a, en outre, affirmé être déterminé à poursuivre sa lutte pour la vérité des urnes tant que la population ne lui dira pas d’arrêter.

« Nous avons transformé Lamuka en plateforme politique. Notre convention est claire : nous devons avoir une action tournée autour de la défense de la Constitution. Nous devons mobiliser la population pour que le combat pour la vérité des urnes soit effectif. Je le dis et je le répète : je ne suis pas dans l’opposition par rapport à Tshisekedi. Il n’a pas été élu. Je suis dans le combat pour la vérité des urnes. Il faut donner le temps au temps. Ça va venir. Je laisserai ce combat de la vérité des urnes le jour où le peuple va dire : c’est fini, arrête », explique-t-il aux étudiants.

Martin Fayulu réaffirme en même temps l’ambition de sa plateforme d’entamer des descentes sur le terrain, toujours dans le but de dénoncer l’élection de Félix Tshisekedi. « Le mot d’ordre pour les marches viendra. Soyez prêts. Quand nous allons commencer nous irons jusqu’au bout. Les autres camarades arrivent. Et nous allons le faire », a-t-il conclu. 

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DES TIRS CROISÉS SUR KATUMBI

Le retour fracassant de Moïse Katumbi en République démocratique du Congo continue à soulever des vagues dans le microcosme politique. Accueilli triomphalement à Lubumbashi le 20 mai dernier, l’ancien Gouverneur du Katanga ne cesse de multiplier des déclarations à la presse après ses trois ans d’exil. Ses confidences dans les médias tant nationaux qu’internationaux sont toutefois loin d’être du goût de tout le monde. En témoigne sa récente interview accordée au magazine ‘‘Jeune Afrique’’.

A l’affiche de la parution de ce magazine panafricain du 20 mai dernier, Moïse Katumbi s’est appesanti sur son retour au pays et, bien entendu, sur son absence « forcée » du pays. Il a, par ailleurs, saisi l’opportunité pour éclairer l’opinion sur les mobiles de son exil, tout en tâchant de tirer à boulets rouges sur ses bourreaux qui se plaisaient à faire de lui une éternelle victime.

Vexés par cette victimisation, ses pourfendeurs montent aussitôt sur leurs grands chevaux. « C’est tout l’ABC du système de communication de l’exilé, fabriqué de toutes pièces. A chaque tournant, Moïse Katumbi prend des personnalités crédibles pour cibles et se sert de son aura pour se taper une publicité gratuite », tempête un de ses adversaires.

Allusion ici faite à Joseph Kabila, le Président sortant, pour qui il développe un discours jugé ‘‘ambivalent’’. « Tantôt il fustige ce qu’il considère comme une tentative de dérapage, notamment quand on redoutait la violation de la Constitution, tantôt il s’engage dans un rétropédalage où ce n’est plus, en réalité, son ancien mentor qui était mauvais, mais plutôt son entourage », commente un opposant de l’opposant qui s’étonne d’entendre le narrateur de Jeune Afrique promettre qu’il accorderait volontiers une poignée de main au ‘‘Raïs’’ si jamais il arriverait qu’ils se rencontrent.

Un dossier sportif préoccupant

L’autre cible évoquée ? Sieur Agnano. Lorsque Jeune Afrique demande au porte-étendard du Tout-Puissant Mazembe s’il accepterait que ce dernier puisse reprendre le contrôle de MCK (Moïse Chapwe Katumbi), l’équipe de football de cet ancien Gouverneur du Katanga, la réponse a été ‘‘sèche’’, d’autant plus que le dirigeant sportif a aussitôt taxé Agnanode ‘‘petit escroc’’ dont il s’est refusé de citer le nom, alors que ‘‘toutes les opérations de cession ont été faites en conformité avec les lois françaises et congolaises’’.

Pour les pourfendeurs de Moïse Katumbi, l’heure a sonné pour lui rappeler son parcours, ses débuts. Ils lui rappellent que ‘‘l’exil est son mode de vie de prédilection. Celui qu’il vient de vivre étant le second après celui de 1998, d’où l’a tiré Joseph Kabila pour le remettre sur scène.

De retour au pays à l’aube de l’année 2000, Katumbi va se brouiller avec les notabilités locales de sa province. « Et c’est Jean-Claude Muyambo qui, le premier, va révéler quantité de pratiques irrégulières. Excédé par le caractère de son partenaire, l’ex bâtonnier du Katanga est finalement sorti du bois. Il a révélé comment, selon lui, Katumbi a réussi à obtenir une concession minière de la Gécamines à Kinsevere, bénéficiant de la complicité active d’influente personnalité au sein du comité de gestion de la Gécamines », commente un des adversaires du Coordonnateur de la coalition Lamuka.

D’après les écrits du leader de SCODE, « pour une concession devant coûter des millions de dollars, Moïse Katumbi a déboursé à peine un acompte de 200.000 dollars, avant de tout solder à hauteur de 1 million de dollar. Peu de temps après, l’acquéreur revendra la concession à plus de 60 millions de dollars. C’est le début de la nouvelle fortune de Katumbi, bâtie sur les ruines de la Gécamines.Et c’est lui qui raconte à Jeune Afrique que si la Gécamines est celle qu’elle est, c’est grâce à lui et à personne d’autre », ironise un autre pourfendeur du président national d’Ensemble.

Katumbi et Fatshi

« Au Katanga, claironne-t-il, des langues prétendent que la fortune de Moïse Katumbi a été construite sur deux entreprises publiques en ruine : la Gécamines et la Sncc avec comme conséquence la perte de milliers d’emplois dans le Katanga. »

Les détracteurs de Moïse Katumbi décrient, par ailleurs, la culture des dons – spectacles, instaurée par l’ancien Gouverneur du Katanga. Ils vont jusqu’à attirer l’attention de FATSHI sur ce qu’ils considèrent comme le caractère versatile du leader d’Ensemble qui a quitté Joseph Kabila en 2015. 

(avec ForumDesAs)

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