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Poignée des mains entre Fatshi, President de la RDC et un pilote avant de monter à bord.
Poignée des mains entre Fatshi, President de la RDC et un pilote avant de monter à bord.

RDC : Le « mandat » de Fatshi n’augure rien de bon

Dernière mise à jour, le 19 juin 2019 à 12:31

Une nouvelle page de l’histoire faite de tension et aux projections catastrophiques est entrain de s’ouvrir en Rdc sous forme de cohabitation inédite. Le climat dans lequel se déroulent les négociations dans le partage du « gâteau » national entre le Fcc et le Cach nous interpelle sur la médiocrité des acteurs congolais dont la politique demeure une rente financière. A cette allure dont l’espoir ne tient que sur un fil,est ce que le président Tshisekedi peut être l’homme de la situation ? A la lumière du choix du premier ministre, de ces dernières ordonnances qui mettent en exergue le recyclage des apparatchikts repus de la mauvaise gouvernance de la SNCC et de la Gécamines sans oublier la main mise sur tous tous les leviers du pouvoir par la famille politique de Kabila, nous estimons que le chaos est devant nous et que le désespoir révélé par Monseigneur Fridolin Ambongo s’amplifiera davantage et la confiance que tous ces fanatiques accordent à F.Tshisekedi va se dénuder jusqu’à l’os.

Même si on ne peut oublier les conditions dans lesquelles la vérité des urnes a été manipulée par J.Kabila, tous ceux qui ont souhaité vivement voir cette page tournée s’accordent que l’histoire jugera sévèrement J.Kabila pour avoir nommé par défaut F.Tshisekedi président. Dans la configuration actuelle du parlement, du senat et des postes de gouverneurs de province, il ne fait l’ombre d’aucun doute que c’est le clan Kabila qui a le pouvoir. Dans cette optique, c’est la continuité du même système qui a incarné le népotisme.

En démocratie on ne peut pas parler d’alternance politique si ce sont les mêmes acteurs politiques de la dernière législature qui détiennent les leviers du pouvoir. Tous ceux qui viennent distiller de l’enfumage politique en Rdc en applaudissant le changement à la tête de la république d’alternance politique sont bien des flatteurs qui s’ajoutent sur la liste des politiciens congolais dont l’ADN est celui des voleurs de richesses nationales. L’alternance politique se concrétise lors des élections dans le transfert du pouvoir de la majorité sortante à la nouvelle en l’occurrence l’opposition lorsque ce verdict populaire s’applique au gouvernement, au parlement et voire au senat. Les faits sont là: sur quel levier du pouvoir détient le président Tshisekedi la majorité ?

C’est encore un rendez vous manqué avec l’histoire puisque les congolais ont voulu lors du scrutin de décembre 2018 en votant massivement obtenir plus de réponses à leurs demandes sociales notamment le chômage, la réduction de la pauvreté. Toutes les promesses faites par Tshisekedi récemment ne seront que pour la plupart de voeux pieux. En parlant de l’assainissement du climat d’affaires, il ne s’agit pas de reconduire les personnes qui traînent des casseroles.

Le cas de la Gécamines est une flagrancre qui dépasse les limites de l’éthique défendue par Tshisekedi sans oublier celui de la SNCC dont seulement la facette des locomotives fait la honte de la république. Malgré des nombreuses accusations de détournement portées contre Albert Yuma par plusieurs rapports des ONG et la faillite gravissime de la SNCC dirigée par Ilunga Ilunkamba, Tshisekedi ne s’est pas empêché de nommer premier ministre Ilunkamba et de reconduire Yuma à la tête de la Gécamines. Le déficit ne peut que se creuser entre le peuple et le président. Quand les congolais ne vont plus trouver leur part du progrès ou leurs propres intérêts à l’instar de l’époque du système totalitariste de Kabila, Tshisekedi sera bien vomi.

Kabila veut encore continuer à appauvrir les congolais par l’entremise de Tshisekedi qu’il a transformé en vassal n’ayant pas les outils de s’émanciper politiquement ou de devenir maître des horloges en imposant son propre rythme et en reprenant le tempo en son compte. Le nouveau président ne changera pas les paramètres qui fondent le vieux système. C’est cynique de voir Kabila tirer les ficelles comme si la Rdc était son patrimoine privé.

Dans l’armée, Tshisekedi n’a pas un chef militaire de son obédience puisque tous les responsables ont été nommés par son prédécesseur. Dans cette perspective il n’est qu’inéluctable de voir perdurer l’imbroglio de la situation insécuritaire à l’est du pays avec les mêmes généraux congolais sulfureux.

L’opposition doit continuer à mobiliser la jeunesse congolaise de tout bord afin de préparer l’alternance politique effective. Les jours, les mois passent et ne se ressemblent pas. Les congolais vont se libérer d’un très mauvais président nommé suite à un deal. Le temps qui est le juge et va finir par déshabiller les traîtres les plus habiles. Nous n’allons pas tarder pour découvrir les patriotes qui se préoccupent du peuple des infiltrés venus pour piller, détruire et fuir le pays. Il ne sera que question de quelques mois ou seulement d’une année pour que la fronde gagne tous les congolais et surtout ceux de la plate forme Lamuka et des organisations non gouvernementales congolaises. Congolaises et congolais soyons vigilants.

(Professeur Florent Kaniki)

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