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Moise KATUMBI [chemise blanche] dans une église.
Moise KATUMBI [chemise blanche] dans une église.

Moise KATUMBI : Prises de position contraires aux idéaux de Lamuka

Dernière mise à jour, le 14 juin 2019 à 10:44

Le leader d’Ensemble se trompe de cible, car il confond en plein jour ses anciennes relations avec Félix Antoine Tshisekedi et son nouveau statut de Président de la République. Ce statut particulier l’oblige, en effet, à être au-dessus de la mêlée et à ne dépendre d’aucun camp politique, fut-elle la coalition FCC-Cach. C’est malheureusement dans ce jeu que Moïse Katumbi veut ramener le Chef de l’Etat en parlant avec nostalgie de leurs « amitiés ». Certes, ils peuvent avoir « dealer » avant les élections mais dans le nouvel environnement politique, il doit se réserver de privatiser le pouvoir du Chef de l’Etat, quand bien même Félix-Antoine Tshisekedi s’est montré loyal en appuyant sur la pédale d’un processus de décrispation gelé à souhait sous l’ancien régime.

Les premières déclarations de Moïse Katumbi dans les médias ont plus créé la confusion qu’éclairé la lanterne de l’opinion, qui reste partagée par ses prises de position contraires aux idéaux de Lamuka et révélant ses vraies intentions sur la scène nationale.

En effet, pour avoir perdu le pied sur le sol congolais, le président d’Ensemble ne lésine pas sur les moyens pour récupérer sa gloire perdue mais surtout pour s’imposer comme le leader incontesté de l’opposition qu’il veut constructive, c’est-à-dire proche des positions de la coalition FCC-Cach.

CONFUSION

Mais dans la démarche, le leader d’Ensemble se trompe de cible, car il confond en plein jour ses anciennes relations avec Félix Antoine Tshisekedi et son nouveau statut de Président de la République. Ce statut particulier l’oblige, en effet, à être au-dessus de la mêlée et à ne dépendre d’aucun camp politique, fut-elle la coalition FCC-Cach.

C’est malheureusement dans ce jeu que Moïse Katumbi veut ramener le Chef de l’Etat en parlant avec nostalgie de leurs « amitiés ». Certes, ils peuvent avoir « dealer » avant les élections mais dans le nouvel environnement politique, il doit se réserver de privatiser le pouvoir du Chef de l’Etat, quand bien même Félix-Antoine Tshisekedi s’est montré loyal en appuyant sur la pédale d’un processus de décrispation gelé à souhait sous l’ancien régime.

OPPOSANT SUI GENERIS

C’est ainsi que sans respecter le droit de réserve dû à sa position d’opposant, Moïse Katumbi se présente comme un « Conseiller spécial du Chef de l’Etat » et n’hésite pas à lui offrir ses services au travers des conseils bien ajustés pour améliorer la gestion des affaires publiques. Dans ses recettes ramenées de l’Europe,  il fait des recommandations quant à la conduite à prendre vis-à-vis de la gestion des comptes de l’Etat pour lesquels il propose un audit.

Sans être aux affaires, Katumbi agit désormais dans les rangs de l’opposition pour le compte du Gouvernement. Une position alambiquée, très critiquée au sein de Lamuka, où les sociétaires ne jurent que sur une nouvelle réunion des cinq mousquetaires pour rectifier le tir.

Cependant, en bon expert des affaires publiques, il conseille : « A présent, le conseil que je donnerais au Gouvernement serait de procéder à un audit approfondi des comptes de l’Etat et des sociétés publiques ».

Il ne s’arrête pas en si bon chemin pour livrer à la coalition FCC-Cach quelques recettes pour financer le Gouvernement et soutenir la lutte contre la corruption, dégainant, comme à ses habitudes, contre les agents publics véreux et les mandataires publics qui s’enrichissent sur le dos des populations.

ELOGES DES 100 JOURS

Même feu Etienne Tshisekedi luttant contre le régime dictatorial de la Deuxième République n’avait jamais fait autant d’éloges au maréchal Mobutu Sese Seko : « Du point de vue de la justice et du droit, les progrès sont patents ». Et ce, au moment où même le Front commun pour le Congo en instance de négociation avec le Cap pour le changement

pour la formation du Gouvernement ne s’est pas donné la peine de peindre avec une telle beauté les 100 jours dont les chantiers ne sont pas encore parachevés, ni les institutions n’ont commencé à fonctionner de manière à faire avancer le pays.

Car, à ce jour, Félix Tshisekedi n’a libéré que qu’un échantillon de ce qu’il envisage faire en faveur des populations en attente de la matérialisation de ses promesses électorales. Pendant ce temps, la coalition FCC-Cach éprouve de la peine pour se doter d’un programme gouvernemental de consensus, désigner ses animateurs et impulser le changement.

LA SENTINELLE DE CACH

Mais, pour le Coordonnateur de Lamuka plébiscité « sentinelle » de la coalition FCC-Cach, le train est déjà sur les rails après les « élections-nominations » qu’il tient à regarder désormais dans le rétroviseur plutôt que de les utiliser comme une arme pour réclamer la vérité des urnes. Une attitude qui intrigue les partisans de Martin Fayulu. Ces derniers se sentent trahis alors que le président d’Ensemble apporte sa caution à la coalition FCC-Cach dont il fustige, à peine, l’attelage, s’alignant insidieusement derrière la position des chancelleries occidentales et leurs Gouvernements qui, on le sait, n’agissent qu’en fonction de leurs intérêts et non de la compassion qu’éprouve Katumbi pour les pauvres populations congolaises.

Le même zèle étonnant est déployé quand il parle des 100 jours de Félix Tshisekedi dont il se refuse faire un bilan avant de dérouler tous les exploits du Chef de l’Etat durant ces trois derniers mois.

Alors que Martin Fayulu continue à galvaniser les foules contre la coalition FCC-Cach, Moïse Katumbi observe que « la décrispation est en cours, la libération des prisonniers politiques, la fermeture des prisons des services de renseignements, le retour des exilés, la restitution de leur passeport… ». Un chapelet récité pour la consommation du nouveau Chef de l’Etat qui s’est donné le pari de ramener au bercail toutes les brebis perdues du Congo.

EBLOUI

Pour sa part, marqué positivement par le geste d’octroi de son passeport congolais et l’annulation de différentes poursuites judiciaires, Moïse Katumbi n’hésite pas à remercier, en des termes à peine voilés, son bienfaiteur qui n’est autre que le Président de la République. Alors que sur Radio France Internationale, le samedi 01 juin, le porte-parole du Chef de l’Etat a démontré que ce dernier ne s’occupait pas de toutes les affaires d’octroi de passeport aux personnalités, fussent-elles politiques.

C’est ainsi qu’alors que les nuages demeurent sombres entre l’opposition et le pouvoir, le président d’Ensemble précède le protocole d’Etat et se fait inviter auprès du Chef de l’Etat. « Un jour, nous serons bien obligés de nous voir pour parler de l’avenir du pays et des aspirations de sa population », confie-t-il à Jeune Afrique.

MEIN KAMPF

Tout en saluant l’avènement de Félix Antoine Tshisekedi à la tête du pays pour un mandat de cinq ans, Moïse Katumbi révèle, entre les lignes, que son vrai combat n’est pas « politique », malgré sa promesse d’un safari dans les provinces et la création d’un grand parti politique autour de la plateforme « Ensemble pour le changement ».

Le combat de sa vie et des générations qui lui succéderont est « financier ». Voici une cause qui lui tient à cœur et qui tourne, une fois de plus, autour des espèces sonnantes et trébuchantes. Lui qui avait décidé urbi et orbi, après son départ du Gouvernorat, de ne plus faire la politique avant de rêver succéder à Joseph Kabila.

LEVEE DES BOUCLIERS

Son combat, comme l’avait écrit Adolphe Hitler, c’est la récupération du patrimoine de Katanga Mining Company. Pour ce challenge, il est prêt à tout, en témoignent ses déclarations qui constituent une véritable levée de boucliers et promettent la poudre plutôt que la paix.

« J’ai travaillé toute ma vie pour cette entreprise, que j’ai fondée en 1997. C’est le patrimoine de mes enfants, et je ne vais sûrement pas me laisser dépouiller ! Ce n’est pas un vulgaire petit escroc, dont je ne citerai même pas le nom, quelle que soient les complicités dont il a bénéficié, qui va réussir à faire croire que ma société lui appartient et faire main basse sur ses actifs. Ce n’est pas sa société, c’est la mienne, puisqu’elle ne m’a jamais été payée. La Cour d’appel de Paris – ce monsieur est français – m’a donné raison. Et la justice passera, soyez-en sûr », a-t-il déclaré sous un ton sec à Jeune Afrique.

TRAFIC D’INFLUENCE

Dans ce contexte, le rapprochement forcé avec le FCC-Cach alors que la ligne politique de Lamuka reste ferme ne serait-il pas dû à ces intérêts qui ne manqueront pas de briser l’élan des investisseurs étrangers vers les concessions minières congolaises dès lors que les pouvoirs publics seraient tentés de retomber dans le piège d’un remake suicidaire de la politique de zaïrianisation de triste mémoire.

Ce que l’ancien gouverneur du Katanga oublie est que le Congo est membre de l’Ohada. Par conséquent, les motivations politiciennes sur fond de trafic d’influence ne suffiront pas pour contraindre les acquéreurs de Katanga Mining Company, après des années d’exploitation et d’investissements, de quitter les champs miniers où ils déploient des activités en faveur de la création des emplois et de la mobilisation des recettes publiques.

Les propos de Moïse Katumbi visent plus de 2000 agents et plus de 7000 dépendants dont l’avenir est menacé par les relents financiers d’un opérateur politique qui, en même temps, fait l’étalage des conditions sociales difficiles de ses anciens administrés.

TRAFIC D’INFLUENCE

Comme on le voit, le combat du leader d’Ensemble est moins politique comme Martin Fayulu le démontre mais plus financier car il faut coûte que coûte reprendre la mainmise sur les mines du Katanga, en brandissant à qui veut l’entendre ses relations avec l’actuel Chef de l’Etat. Une attitude qui frise le trafic d’influence et la trahison pour le camp de Martin Fayulu mis en porte à faux dans leur combat pour la vérité des urnes.

(avec lePhare)

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