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Fatshi [gauche], président de la RDC et son Homologue rwandais Paul Kagame, lors des obsèques de son Père au Stade des Martyrs de Kinshasa.
Fatshi [gauche], président de la RDC et son Homologue rwandais Paul Kagame, lors des obsèques de son Père au Stade des Martyrs de Kinshasa.

Clash à l’assemblée nationale : « Kabila » mobilise ses députés voyous contre Fatshi

Dernière mise à jour, le 13 juin 2019 à 01:36

A propos du clash survenu, vendredi dernier, à la Chambre, la question n’est pas tant de savoir qui a raison et qui a tort. Le comble – pour le coup c’est sacrement paradoxal – est de voir les « coalisés » se rentrer dedans dans et hors Hémicycle. Et laver les linges sales dans la presse et les réseaux sociaux. D’où cette question à brûle-pourpoint : par où est passée la coalition CACH – FCC ? C’est bien cela le hic. Car, à en juger par la dureté des échanges entre députés FCC et CACH, on peut légitimement se demander si les partisans de deux chefs de file que sont Félix-Antoine Tshisekedi et Joseph Kabila ont la même compréhension du mot « coalition ». Et surtout s’ils savent en décliner les implications. Le débat parlementaire sur les ordonnances présidentielles a donné à penser que les députés FCC et CACH appartiennent à deux familles politiques antagonistes, façon majorité et opposition. Pas l’once de l’esprit « coalition » dans les échanges qui ont tourné au pugilat verbal. Encore moins dans les déclarations d’après plénière des « coalisés ». Pas bon présage pour la clarté et la sérénité des débats à l’Assemblée nationale. D’autant que selon l’abc du jeu parlementaire, le tandem FCC-CACH a vocation à soutenir le Gouvernement qui sera son émanation. A moins que là aussi, la coalition au pouvoir ne réinvente la roue en se faisant harakiri. Si la guérilla en cours est le fait des snipers isolés, il appartient à Félix Tshisekedi et Joseph Kabila de bien expliquer – si ce n’est pas encore fait – ou alors de rappeler à leurs troupes respectives les contours de leur deal. Il y va du bon déroulement du quinquennat. Car, les Congolais d’en bas sont las de la politique politicienne qui fait le bonheur des boutefeux, des opportunistes appelés sous les tropiques « acteurs politiques ». La fameuse vieille tambouille qui fait que des politiciens créent et entretiennent des crises pour en vivre. Sevré de dividendes démocratiques, le peuple attend de ses élus autre chose que de sempiternelles chamailleries.

La plénière du vendredi 7 juin à l’Assemblée nationale, aura été la première de cette législature, à déchainer des passions. A l’origine, la motion incidentielle d’un député FCC sur les deux ordonnances présidentielles du 3 juin courant, portant nomination des membres du Conseil d’administration de la Gécamines et de la Société nationale du chemin de fer du Congo (SNCC). Après l’intervention de ce député, la plénière avait levé l’option d’initier un débat sur les deux décisions du président Félix Tshisekedi.

Depuis vendredi, une très vive tension s’est emparée de proches de l’actuel chef de l’Etat congolais. En colère, des combattants et sympathisants de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti au pouvoir, menacent de prendre d’assaut le Palais du peuple, lundi, en signe de protestation du projet de La Chambre basse, de débattre sur les ordonnances susvisées. La base de l’Udps estime que l’auteur de la motion a utilisé des mots et un ton durs à l’endroit du Chef de l’Etat.

Cependant, dans la foulée des réactions qui ont suivi la publication des deux ordonnances, des juristes estiment que celles-ci ont été prises en violation de la Constitution. S’exprimant sous couvert de l’anonymat, un spécialiste du droit administratif a même déclaré que ces deux décisions du Président de la république devraient d’abord, normalement, être délibérées au cours d’une réunion du Conseil des ministres. Il ajoute que les ordonnances chahutées devraient faire référence aux dispositions constitutionnelles sur base desquelles elles ont été prises. Ce qui, selon lui, n’a pas été le cas.

Le point de vue de ce juriste conforte celui de Forum des As qui, dans son édition du 4 juin, avait réagi dans le même sens. Le journal avait souligné le fait que les deux ordonnances n’avaient pas le contreseing du Premier ministre, d’autant plus que Sylvestre Ilunga Ilunkamba, nommé à ce poste le 20 mai dernier, attend encore d’être officiellement investi. En plus de cela, ce nouveau Premier ministre n’est pas à la tête de l’actuel Gouvernement réputé expédier les affaires courantes. Et donc, il attend la nomination des membres de son équipe.

AU-DELA DE LA POLEMIQUE…

Au stade actuel de la situation, on ne saurait faire marche arrière. Le « chef a dit ». Fort de ses prérogatives constitutionnelles, on ne voit pas le Président de la République rapporter les deux ordonnances, en dépit du percutant chahut qu’elles nourrissent. Question de voir comment faire les choses autrement dans l’avenir. Ce qui est fait étant déjà fait. Comme qui dirait : « le vin étant tiré, il ne reste plus qu’à le boire. Même amer. »

Cependant, au-delà de la polémique, le clash du vendredi 7 juin à l’Assemblée nationale, remet sur le tapis l’urgence de la formation du nouveau Gouvernement attendu depuis plusieurs mois. C’est vrai que le Chef de l’Etat est constitutionnellement irresponsable devant l’Assemblée nationale. Au demeurant, des analystes estiment que si le Président de la république prend des coups –comme c’est le cas présentement –c’est justement parce qu’il n’y a pas encore d’Exécutif national, interlocuteur valable ou seul responsable de ses actes devant la Chambre basse du Parlement.

Pendant que cette chambre du parlement est déjà fonctionnelle, plus d’un observateur pense l’absence du Gouvernement ne s’explique pas. C’est donc là, tout le problème. Car, c’est aux membres de l’Exécutif national que les députés nationaux ont des comptes à demander. D’ores et déjà, il est inimaginable qu’une Assemblée nationale fonctionne sans un Exécutif en face.

Comme Forum des As l’avait déjà dit dans l’une de ses précédentes éditions, le Président de la république en tant qu’institution, ne doit pas justement donner l’impression d’être la superstructure ni à tout faire ni à se substituer au Gouvernement. Moralité, il ne peut pas prendre des actes nominatifs à la tête des entreprises du portefeuille, sans que la question ne soit débattue préalablement en Conseil des ministres. Le hic du problème se trouve là. D’où, l’urgence à former l’équipe Ilunga Ilunkamba. L’idéal serait que les membres de ce nouveau gouvernement soient nommés avant la clôture, le 15 juin, de la session parlementaire en cours. Cette semaine sera-t-elle la bonne.

L’UDPS ACCUSE JEANINE MABUNDA D’AVOIR LAISSÉ FAIRE LES DÉPUTÉS QUI ONT TENU DES PROPOS DÉSOBLIGEANTS ET OUTRAGEANTS À L’ENDROIT DU CHEF DE L’ÉTAT ET MAGISTRAT SUPRÊME

L’UDPS ne décolère pas depuis la dernière plénière de la chambre basse du Parlement. Le parti présidentiel a chargé sans ménagement son allié du FCC.En l’accusant de « monter des cabales contre la personne du Président de la République, Félix-Antoine Tshilombo. » C’était au cours d’une déclaration faite à l’issue d’une réunion extraordinaire du comité exécutif du parti, hier dimanche 9 juin à la permanence de l’UDPS.

Selon la formation tshisekediste, « la motion soulevée par l’honorable Mbindule est une véritable œuvre diabolique conçue par la machine politique de l’ancien régime qui rêve et multiplie des stratégies visant à anéantir l’élan de changement intervenu au pays et porté par l’Udps… ». Pour le parti de la 11ème rue, cette motion initiée par un député « sous-traité » par le FCC, viole à plusieurs égards et à dessein, les dispositions de la Constitution congolaise et celle du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale. L’UDPS rappelle que seul le gouvernement est politiquement responsable devant l’Assemblée nationale.

« En conséquence, les actes administratifs du président de la République en l’occurrence les ordonnances signées par lui, échappent au contrôle du Parlement et ne peuvent donner lieu à des débats au sein de l’Assemblée nationale comme il en a été le cas le 07 juin dernier », souligne le parti présidentiel. Celui-ci impute à Jeanine Mabunda d’avoir laissé les députés tenir des propos désobligeants et outrageants contre la personne du chef de l’État.

Pour l’exécutif du parti tshisekediste, « l’honorable Mabunda a fait preuve de complicité en permettant, pour des raisons d’intérêts partisans, d’ouvrir le débat sur une matière qui n’est nullement de la compétence de l’Assemblée nationale jusqu’à aller proposer que le ministre en charge du Portefeuille puisse surseoir à l’exécution des actes qu’elle a déjà qualifiés d’irréguliers ».

A la 11ème rue, à hauteur du petit boulevard Lumumba, on considère que « le débat sur les ordonnances présidentielles est immoral et anti constitutionnel ».

LA DÉCLARATION DE L’EXÉCUTIF DE L’UDPS À LA SUITE DU CLASH SURVENU VENDREDI À LA PLÉNIÈRE DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE

Une réunion extraordinaire de l’Exécutif du parti, élargie aux présidents des ligues des femmes et des hommes, aux présidents des fédérations de Kinshasa et d’ailleurs présents dans la capitale afin de se pencher sur la situation créée par les députés nationaux membres du Front commun pour le Congo (FCC), lors de la séance plénière de l’Assemblée nationale du vendredi 7 juin à travers une motion dite incidentielle de l’honorable Bindule relative aux deux ordonnances prises par le Président de la République, Félix-Antoine TshisekediTshilombo. Après analyse minutieuse de la question, l’UDPS/Tshisekedi constate et déclare ce qui suit :

I. La motion soulevée par l’honorable Bindule est une véritable œuvre diabolique conçue par la machine de l’ancien régime qui rêve et multiplie des stratégies visant à anéantir l’élan de changement intervenu au pays et porté par l’UDPS Tshisekedi et son autorité morale, à savoir Son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo pour le bien-être du peuple congolais.
II. Cette motion, véritablement initiée la nuit de jeudi 6 juin 2019 par les ténors du FCC, viole à plusieurs égards et à dessein, les dispositions de la Constitution congolaise et celle du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale. En effet, il ressort de la lecture combinée des articles 77 et 91 de la Constitution, que seul le Gouvernement est politiquement responsable devant l’Assemblée nationale. En conséquence, les actes administratifs du Président de la République en l’espèce les ordonnances signées par lui échappent au contrôle du Parlement et ne peuvent donner lieu aux débats à l’Assemblée nationale comme en a été le cas le 7 juin dernier au mépris total des dispositions de l’article 23 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale.
III. A travers les propos désobligeants tenus à l’endroit du chef de l’Etat, la motion de ce député national FCC sous-traité, semblait n’avoir eu pour but que de manipuler l’opinion nationale contre la personne du Président de la République. Ce qui justifie l’attitude de l’Honorable Jeannine Mabunda, présidente du Bureau de l’Assemblée nationale, membre du FCC, qui a laissé les députés tenir des propos outrageants à l’endroit du Président de la République sans pouvoir les rappeler à l’ordre ou interrompre le débat.
IV. Par ses attitudes et ses propos, la présidente du Bureau de l’Assemblée nationale, l’honorable Jeanine Mabunda, juriste de formation, élue députée nationale en 2011, et ministre honoraire censée avoir une expérience avertie en politique, a fait preuve de complicité en permettant, pour des raisons d’intérêts partisans, d’ouvrir le débat sur une matière qui n’est nullement de la compétence de l’Assemblée nationale jusqu’à aller proposer que le ministre en charge du Portefeuille puisse surseoir à l’exécution des actes qu’elle a déjà qualifiés d’irréguliers.

L’UDPS/Tshisekedi rappelle à l’opinion tant nationale qu’internationale, que dans une récente interview accordée à RFI, répondant à la question du journaliste, l’Honorable Jeannine Mabunda, élue présidente du Bureau de l’Assemblée nationale, a tenu des propos annonçant la gestion conflictuelle par elle, du quinquennat du Président Félix-Antoine Tshisekedi, en affirmant que par un exercice de contrôle démocratique, celui-ci pourrait être mis en accusation devant les instances judiciaires compétentes.

Au regard de ce qui précède, vue l’évolution de la situation politique caractérisée par le blocage érigé par le FCC, l’UDPS/Tshisekedi dénonce et proteste contre les cabales et la politique de la terre brulée montées par cette plateforme politique contre la personne du Président de la République Son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi Thsilombo, Magistrat suprême et Chef de l’Etat. Par ce genre de motion à objet immoral et anticonstitutionnel, l’UDPS/Tshisekedi fait observer au FCC que la situation créée et laissée par eux est catastrophique pour l’ensemble du pays.

A cet égard, ils doivent en toute humilité et honnêteté, tenir compte de l’acte d’engagement signé par Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en faveur de la réconciliation nationale en demandant constamment au peuple congolais de faire preuve de pardon malgré…

L’UDPS/Tshisekedi demande à ses combattantes et combattants ainsi qu’à l’ensemble du peuple congolais d’accompagner Monsieur le Président de la République Son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo aux lourdes missions de bâtir un Congo nouveau.

Fait à Kinshasa le 9 juin 2019.

Secrétaire national, Chef du Département de la Communication Simon Adrien Kalenga

(avec Grevisse KABREL, Didier KEBONGO)

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