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Gouvernement Fatshi : Dilemme !

Dernière mise à jour, le 12 juin 2019 à 08:59

La nomination du gouvernement se fait toujours attendre. A Kisantu (Kongo central), où se concertent les délégués de la coalition gouvernementale, FCC – CACH, on apprend que les deux parties sont parvenues à un compromis autour de la répartition des postes ministériels. Selon des indiscrétions glanées çà et là, le président Félix Tshisekedi, de même que son allié Joseph Kabila bénéficierait chacun de 10% des postes ministériels. Ces postes seraient laissés à leur discrétion respective, les 80% restants étant répartis en raison de 80% pour le FCC et 20% pour le CACH. Tout calcul fait, le FCC aura donc droit à 70% des postes ministériels, vice-premiers ministres, ministres d’État, ministres et vice-ministres compris, contre 30% pour le CACH.

Comme par le passé, la publication du gouvernement Ilunga Ilunkamba bute à l’éternel problème de la nomination ou pas des chefs des partis ou regroupements politiques. Au sein du FCC, ces derniers n’en démordent pas et tiennent la dragée haute. Ce que redoutent non seulement le Premier ministre mais aussi le chef de l’État, lesquels ne voudraient pas impliquer dans le gouvernement des personnalités au passé non clean et réputées conflictuelles. Dilemme !

La nomination du gouvernement se fait toujours attendre. A Kisantu (Kongo central), où se concertent les délégués de la coalition gouvernementale, FCC – CACH, on apprend que les deux parties sont parvenues à un compromis autour de la répartition des postes ministériels.

Selon des indiscrétions glanées çà et là, le président Félix Tshisekedi, de même  que son allié Joseph Kabila bénéficieraient chacun de 10% des postes ministériels. Ces postes seraient laissés à leur discrétion respective, les 80% restants étant répartis en raison de 80% pour le FCC et 20% pour le CACH. Tout calcul fait, le FCC aura donc droit à 70% des postes ministériels, vice-premiers ministres, ministres d’Etat, ministres et vice-ministres compris, contre 30% pour le CACH.

En principe, la nomination du gouvernement ne devrait pas traîner. Evidemment, c’est sur papier. Car, en réalité, les faits ne sont pas aussi simples. Des sources rapportent que les débats sont houleux autour du choix des personnalités à intégrer dans le gouvernement.

Il nous revient que le Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, serait favorable à la primauté du critère de l’expertise en lieu et place du seul critérium politique. Autrement dit, le chef du gouvernement souhaiterait s’entourer de technocrates et non des cadres enclins à rendre compte à leurs partis ou regroupements politiques plutôt qu’à la nation dans la gestion de la chose publique. Ce qui n’est pas de l’avis du FCC qui préfère prendre le raccourci en désignant les chefs des partis et regroupements. « Ce sont eux qui recrutent, financent et dictent la politique de leurs partis ou regroupements politiques respectifs », a laissé entendre un cadre du FCC sous le sceau de l’anonymat.

Quant au chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, sa préférence va dans le sens de privilégier la nomination des personnalités qui ne se sont pas trempées dans les dossiers sales de la République pendant le règne de son prédécesseur, Joseph Kabila. Une hypothèse qui ne fait pas l’unanimité dans les rangs du FCC.

Si, à ce jour, il n’y a encore aucun signe de blocage, les discussions semblent cependant piétiner. Ne pas intégrer les chefs partis et regroupements politiques équivaudrait à exclure ceux-ci du partage du gâteau gouvernemental après tout le travail abattu pour s’adjuger une majorité très confortable à l’Assemblée nationale.

Le temps est à l’apaisement

Qu’adviendrait-il alors ? C’est la question que tout le monde se pose.

De Kisantu, des sources internes rapportent que tout évolue dans la sérénité – chaque camp ayant décidé de mettre un peu d’eau dans son vin pour ne pas créer des frustrations dès le début de la mise en œuvre de l’accord de cogestion liant le FCC au CACH.

« On y travaille sérieusement. A ce jour, il n’y a rien d’alarmant. La coalition FCC – CACH est une première expérience dans l’histoire politique de la RDC. C’est normal que ça traîne ; le temps que les deux camps parviennent à un compromis qui ne puisse pas léser ni l’un, ni l’autre. Le plus important est que le pays aura bientôt un gouvernement, soudé autour du Premier ministre et du chef de l’Etat. Le bout du tunnel n’est plus loin », a fait part à notre Rédaction une source interne du FCC.

Au CACH, on joue tout autant à l’apaisement. Un de ses délégués aux discussions de Kisantu rassure : « Nous allons bientôt mettre en place un gouvernement qui va piloter haut la main le programme commun  de la coalition. L’expérience est toute nouvelle pour nous mais, les premiers signes sont rassurants. Tous les délégués sont motivés par un seul souci : réussir. On y est presque ».

Malgré toutes ces assurances, les discussions sont encore loin d’être bouclées. Loin de Kisantu, les chefs des partis et regroupements, tant du FCC que du CACH, sont aux aguets. Ils n’entendent pas être mis hors-jeu. Et ils l’ont fait savoir à qui de droit.

Dans l’histoire politique de la RDC, la formation du gouvernement a toujours été précédée de chaudes empoignades. C’est de bonne guerre, d’ailleurs. Mais, il faut reconnaître que dans la démocratie parlementaire, les chefs des partis ou regroupements politiques ont un mot à dire. Ils sont par principe prioritaires, lorsqu’il s’agit de partage des responsabilités. A moins, bien évidemment pour le cas précis de la RDC, que le chef de l’Etat en décide autrement en misant sur des personnalités clean. Ce qui n’est pas évident.

(avec lePotentiel)

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