samedi , 16 novembre 2019
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John NUMBI tremble : Réouverture du procès Chebeya et Bazana

Neuvième anniversaire de l’assassinat des défenseurs des droits humains Floribert Chebeya Bahizire et Fidèle Bazana Edadi, respectivement ancien directeur exécutif et chargé de dispatching de la VSV, tués le 1er juin 2010 dans les installations de l’Inspection générale de la Police nationale congolaise. Les ONGDH en appellent au président de la République Antoine-Félix Tshisekedi Tshilombo dit Fatshi, en sa qualité de magistrat suprême, à la réouverture du procès sur le meurtre de deux défenseurs des droits de l’homme.

Mercredi 5 juin, l’organisation non gouvernementale de défense des droits de l’homme, la Voix des sans voix pour les droits de l’homme (VSV) et les autres organisations de la Société civile ont commémoré le neuvième anniversaire de l’assassinat des défenseurs des droits humains Floribert Chebeya Bahizire et Fidèle Bazana Edadi, respectivement ancien directeur exécutif et chargé de dispatching de la VSV, tués le 1er juin 2010 dans les installations de l’Inspection générale de la Police nationale congolaise, actuel Commissariat général de la Police nationale congolaise.

Plusieurs allocutions ont été prononcées à cette occasion au cimetière de Benseke-Futi Cité où repose pour l’éternité Floribert Chebeya, ancien directeur exécutif de la VSV. Cette commémoration, qui vient d’avoir lieu après l’alternance au sommet de l’Etat en République démocratique du Congo, a été placée sous le thème principal : « Neuf ans après votre assassinat, tous unis pour défendre votre cause ».

Dans son adresse, M. Rostin Manketa, directeur exécutif de la VSV, a relevé que cette commémoration, qui aurait dû avoir lieu comme à l’accoutumée, a été reportée à mercredi 5 juin pour une cause aussi juste qui est celle des obsèques de feu le président Etienne Tshisekedi wa Mulumba, qui a mené le même noble combat que Floribert Chebeya ; le combat pour l’Etat de droit et la démocratie en République démocratique du Congo (RDC).

S’agissant de cette date commémorative où tous les défenseurs des droits humains et l’opinion nationale qu’internationale se mobilisent et se mobiliseront toujours davantage, il a souligné que Floribert Chebeya Bahizire et son compagnon d’infortune Fidèle Bazana Edadi ont été assassinés injustement pour leur combat en faveur de la démocratie, du respect des droits humains et des libertés fondamentales. Cela avant d’ajouter : « A travers eux, nous nous souvenons de tous les autres collègues défenseurs des droits humains assassinés également injustement pour leur travail ».

Procès dans un contexte de l’enchaînement de la justice

Cette date, a-t-il dit, est également une occasion, non seulement pour raviver la mémoire de l’opinion publique, mais aussi et surtout de rappeler la nécessité de la poursuite de la lutte qu’a menée Floribert Chebeya Bahizire.

Il a fait savoir que depuis lors, cela fait neuf ans que la justice n’a pas été rendue à Floribert Chebeya et Fidèle Bazana. Certes, il y a eu un procès, mais un procès dans un univers politique caractérisé par l’oppression, la peur et l’absence de l’indépendance de ceux qui sont appelés à dire le vrai droit face aux plus forts politiquement, et donc dans un contexte de l’enchainement de la justice et de la vérité en RDC.

Il a lancé : « C’est pourquoi, nous en appelons au président de la République Antoine-Félix Tshisekedi Tshilombo, en sa qualité de magistrat suprême, à la réouverture du procès sur l’assassinat de Floribert Chebeya et de son compagnon d’infortune ».

Pour la VSV, le président de la République doit savoir qu’il est impossible de’ bâtir un Etat de droit en fermant les yeux sur les crimes passés au nom des intérêts de la coalition avec l’ancien régime. Il a insisté à ce sujet : « Les défenseurs des droits humains souhaitent ardemment que le général John Numbi Banza Tambo, actuel inspecteur général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), soit relevé de ses fonctions pour qu’il soit mis à la disposition de la justice pour un procès juste et équitable, où ses droits à la défense lui seront garanties ».

Il a profité de cette occasion pour demander aux nouvelles autorités congolaises en général, et au président de la République en particulier, de tout mettre en œuvre pour que cessent les menaces et autres filatures visant à éliminer le major Paul Mwilambwe au Sénégal, alors qu’il est le témoin oculaire de l’assassinat de Floribert Chebeya et de Fidèle Bazana.

Chebeya, un héros national

Dans leurs témoignages, les acteurs de la société civile présents à cette cérémonie ont parlé de Chebeya comme un homme épris de justice, un véritable défenseur des droits de l’homme, un soldat de la liberté. Ils l’ont qualifié de véritable héros national.

Comme à l’accoutumée, l’Ong Voix des Sans Voix (VSV) aorganisé hier une messe d’action de grâce à l’église catholique Notre Dame de Fatima à Kinshasa-Gombe, en mémoire de son défunt président Floribert Chebeya, ainsi que celui de son conducteur, assassiné au même moment, Fidèle Bazana, assassinés dans la nuit du 1er au 2 juin 2010.

Cette célébration eucharistique a connu la participation des membres des différentes organisations de la société civile, des défenseurs des droits de l’homme, des syndicats, ainsi que des personnalités tant politiques qu’ecclésiastiques.

Vivement l’adoption d’une loi sur les droits de l’homme

Plusieurs activités ont été organisées dans le cadre de cette commémoration. Au-delà de la messe d’action de grâce et du recueillement devant la tombe des illustres disparues, les participants ont assisté à une projection du film sur l’affaire du double meurtre.

Ils ont également Participé à une conférence débat sur l’évolution des questions des droits de l’homme en RDC, ainsi qu’à une séance des témoignages donnés par des personnes qui ont connu Floribert Chebeya et Fidèle Bazana Edadi.

La partie conférence-débat avait été animée par le vice-président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH, ainsi que par deux défenseurs des droits de l’homme, Me Jean-Marie Kabengela Ilunga et me Jean-Claude Katende.

Deux thèmes ont été à l’ordre du jour : « La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) face aux défis des défenseurs des droits de l’homme » et « Affaire Chebeya : des pistes de réouverture du procès ».

Dans leurs interventions, les conférenciers ont par ailleurs plaidé notamment pour la dotation de la RDC d’une loi de défense des droits de l’homme en vue de palier certaines difficultés liées en la matière. Ils ont rassuré que des démarches ontdéjà été amorcées dans ce sens au niveau du Parlement.

(avec Donatien NGANDU MUPOMPA et Orly-Darel NGIAMBUKULU)

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