samedi , 21 septembre 2019
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RDC : La tendance à l’aggravation de l’insécurité alimentaire se poursuit

Environ 13 millions de Congolais vivent dans une insécurité alimentaire extrême, dont 5 millions d’enfants, et les évaluations en cours montrent que la tendance à l’aggravation de l’insécurité alimentaire se poursuit. Les nombreux conflits qui secouent la République démocratique du Congo (RDC) depuis plus de deux décennies et qui ont connu une intensification depuis 2016, notamment dans l’Est et le Sud-Est, ont provoqué un déplacement dramatique de populations rurales qui vivent de l’agriculture. Les paysans en RDC mangent parce qu’ils peuvent cultiver et récolter, mais comme nous avons eu jusqu’à 4,5 millions de personnes déplacées dans ces zones rurales. Ce sont des gens qui n’ont pas pu continuer à cultiver. Cela a continué pendant plusieurs saisons agricoles et la situation s’est détériorée avec le temps. Pour répondre à cette crise, le PAM continue de renforcer son aide alimentaire et nutritionnelle en ciblant 5,1 millions de personnes cette année, dont 1,5 million reçoivent une assistance nutritionnelle.

« Environ 13 millions de Congolais vivent dans une insécurité alimentaire extrême, dont 5 millions d’enfants, et les évaluations en cours montrent que la tendance à l’aggravation de l’insécurité alimentaire se poursuit », a alerté le représentant du Programme alimentaire mondiale au cours d’une intervention lundi 3 juin sur RFI.

A en croire Claude Jibidar, les nombreux conflits qui secouent le pays depuis plus de deux décennies et qui ont connu une intensification depuis 2016, notamment dans l’Est et le Sud-Est, ont provoqué un déplacement dramatique de populations rurales qui vivent de l’agriculture.

Le numéro 1 de cette agence onusienne a expliqué : « les paysans en RDC mangent parce qu’ils peuvent cultiver et récolter, mais comme nous avons eu jusqu’à 4,5 millions de personnes déplacées dans ces zones rurales. Ce sont des gens qui n’ont pas pu continuer à cultiver. Cela a continué pendant plusieurs saisons agricoles et la situation s’est détériorée avec le temps ».

Par ailleurs, Claude Jibidar a estimé que pour répondre à cette crise, le PAM continue de renforcer son aide alimentaire et nutritionnelle en ciblant 5,1 millions de personnes cette année, dont 1,5 million reçoivent une assistance nutritionnelle.

UNE ACTION AXEE SUR LES DEPLACEMENTS ET LE RETOUR

A cet effet, cette agence se concentre notamment sur l’aide aux personnes déplacées en visant les sites de déplacés mais aussi les sites de retour, a-t-il soutenu. A l’entendre : « Les déplacements en RDC sont fréquents mais ils ne sont pas nécessairement de longue durée. Ce sont des conflits spontanés qui font que les gens vont fuir leur village. Alors on essaie d’aider les gens à retourner chez eux ».

« En RDC, on peut voir deux ou trois récoltes par an. Donc si vous aidez les gens à planter dans l’espace de quelques mois vous leur donnez la capacité de pouvoir se prendre en charge en termes de nourriture », a-t-il poursuivi.

Malgré la complexité de la crise en RDC, le PAM ne sauve pas seulement des vies, mais aussi s’efforce de les changer.

SAUVER ET CHANGER DES VIES

D’après le représentant du PAM en RDC, son agence travaille sur le lien « aide humanitaire-développement-paix » en soutenant la sécurité alimentaire et la nutrition par l’agriculture, l’autonomisation des femmes et la consolidation de la paix.

Ainsi, a-t-il ajouté, le PAM essaie de lier l’aide à des actions à plus long terme pour aider les populations à faire face aux chocs. Que ce soient les chocs liés aux problématiques climatiques, aux conflits et aux déplacements, dont ceux provoqués par l’arrivée de populations déplacées dans des communautés d’accueil, a-t-il relevé.

« Vous avez souvent des situations ou une famille de 6 ou 7 personnes accueille une douzaine d’autres personnes, et bien sûr ils vont partager leurs ressources ce qui fait que la famille hôte réduit ses propres ressources très rapidement et se retrouve elle-même en situation d’insécurité alimentaire », a souligné M. Jibidar.

« Donc, aider ces gens à produire plus et à produire mieux, à avoir un peu plus de ressources pour prendre en charge ces personnes déplacées, ça permet de ne pas avoir une situation humanitaire catastrophique au bout de quelques mois », a-t-il renchéri.

Dans cette lutte, le PAM travaille en partenariat avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), afin d’intensifier ses interventions en matière de résilience pour toucher 450.000 petits exploitants et leurs familles cette année. Pour Claude Jibidar, la RDC pourrait produire toute la nourriture dont elle a besoin et devenir un exportateur de denrées alimentaires.

Ensuite, il a souligné aussi l’importance d’investir dans la résilience. « Apporter une assistance alimentaire à plus de 5 millions de personnes par an en RDC « n’est pas viable » pour le PAM », a-t-il fait remarquer.

« Ce que l’on voudrait, c’est faire en sorte que ces gens arrivent à se prendre en charge et que l’on puisse se tourner vers d’autres priorités que de donner à manger aux gens dans un pays qui peut produire plus que sa population ne peut manger », a conclu le représentant du PAM.

Pour rappel, la crise alimentaire qui sévit en RDC est la deuxième crise alimentaire dans le monde en termes de gravité après celle au Yémen. 

(avec Mathy MUSAU)

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