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Obseques de Tshisekedi - Les Presidents Sassou et Fatshi, entrain de causer.
Obseques de Tshisekedi - Les Presidents Sassou et Fatshi, entrain de causer.

Obsèques de Tshisekedi : La réconciliation nationale n’a pas eu lieu en RDC !

Dernière mise à jour, le 10 juin 2019 à 12:02

Les funérailles d’Etienne Tshisekedi ont permis à la République démocratique du Congo (RDC) de retrouver sa place en Afrique. En marge de trois jours de deuil, une tripartite a réuni à la résidence présidentielle de la N’sele les présidents Félix Tshisekedi de la RDC, Paul Kagame du Rwanda et João Lourenço de l’Angola. Aux termes de cette rencontre, les trois chefs d’Etat ont réaffirmé leur ferme volonté de travailler pour la paix et la sécurité dans la région des Grands Lacs. Dans un autre registre, les funérailles d’Etienne Tshisekedi ont consacré le serment politique du « sphinx de Limete », désormais repris autour du slogan « Le peuple d’abord ». Au travers de ce slogan, Etienne Tshisekedi lègue non seulement une philosophie à la postérité mais aussi une nouvelle manière de faire la politique en mettant le peuple au centre de tout. Selon plusieurs experts, la réconciliation nationale [tant entendu] n’a pas eu lieu ! C’est vraiment décevant !!!

Plus qu’un deuil, les funérailles d’Etienne Tshisekedi ont été l’occasion pour le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, de consolider non seulement son pouvoir, mais aussi d’exprimer la nouvelle politique d’ouverture de la RDC. Cinq chefs d’Etat ont fait le déplacement de Kinshasa pour communier avec le peuple congolais. Pour le président Félix Tshisekedi, le deuil de son père est porteur de nouveaux espoirs pour le pays. C’est un tournant décisif dans la, diplomatie congolaise. Seul bémol, les funérailles d’Etienne Tshisekedi n’ont pas réussi à panser les plaies des élections de décembre 2018. Si la RDC a gagné en diplomatie, il faut cependant reconnaître que la réconciliation n’a pas été au rendez-vous. Le chemin pour y arriver est encore long.

Enfin, Etienne Tshisekedi wa Mulumba, repose pour l’éternité sur la terre de ses ancêtres. Pendant trois jours, soit du 30 mai au 1er juin 2019, le peuple congolais, pris dans un élan patriotique, lui a rendu des hommages mérités pendant les funérailles organisées au Stade des Martyrs. Il a fallu attendre deux ans et quatre trois mois pour que la dépouille du « sphinx de Limete » soit rapatriée dans son pays en vue des funérailles dignes de son rang.

L’arrivée au pouvoir, en janvier 2019, de son fils, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a tout arrangé. Depuis le 1er juin 2019, Etienne Tshisekedi wa Mulumba repose véritablement en paix dans un mausolée construit en sa mémoire dans la commune de la N’sele, à environ 3 kilomètres du centre-ville de Kinshasa. Il mérite bien ce repos, après autant de sacrifices consentis depuis 1982 pour le triomphe de la démocratie en RDC. Fait Grand cordon de l’ordre des héros nationaux Kabila-Lumumba, Etienne Tshisekedi est entré par la grande porte au Panthéon de l’histoire politique de la RDC. Toutes tendances confondues, lui ont rendu hommage, reconnaissant la pertinence de son combat et saluant en même temps son courage politique. La grandeur de sa personnalité a mobilisé toute l’Afrique.

A l’occasion, cinq chefs d’Etat africains avaient fait le déplacement de Kinshasa pour honorer la mémoire de ce grand homme, à savoir Denis Sassou Nguesso du Congo/Brazzaville, João Lourenço de l’Angola, Faustin-Archange Touadéra de la République Centrafricaine, Edgar Lungu de la Zambie, Paul Kagame du Rwanda.

La palme d’or revient au président Denis Sassou Nguesso qui aura passé deux jours à Kinshasa pour compatir avec le peuple congolais et son collègue, le président Félix Tshisekedi. Le président Denis Sassou Nguesso a assisté à toutes les étapes de la cérémonie, et ce, jusqu’à l’inhumation du lider maximo de l’Udps dans son mausolée de la N’sele.

Que retenir après trois jours de deuil ?

Les funérailles d’Etienne Tshisekedi ont permis à la RDC de retrouver sa place en Afrique. En marge de trois jours de deuil, une tripartite a réuni à la résidence présidentielle de la N’sele les présidents Félix Tshisekedi de la RDC, Paul Kagame du Rwanda et João Lourenço de l’Angola. Aux termes de cette rencontre, les trois chefs d’Etat ont réaffirmé leur ferme volonté de travailler pour la paix et la sécurité dans la région des Grands Lacs. Si le président Denis Sassou Nguesso n’a pas été associé à cette rencontre, on sait néanmoins qu’un nouvel axe Kinshasa-Luanda-Kigali- Brazzaville est en train de se mettre en place pour une paix durable dans la région des Grands Lacs.

Dans un autre registre, les funérailles d’Etienne Tshisekedi ont consacré le serment politique du « sphinx de Limete », désormais repris autour du slogan « Le peuple d’abord ». Au travers de ce slogan, Etienne Tshisekedi lègue non seulement une philosophie à la postérité mais aussi une nouvelle manière de faire la politique en mettant le peuple au centre de tout.

Dans son homélie, Mgr Fridolin Ambongo Besungu, archevêque métropolitain de Kinshasa, n’a pas manqué de le rappeler. « Rappelez-vous de sa devise : le peuple d’abord. Tout par le peuple, avec le peuple et pour le peuple», a déclaré le prélat.  Et d’ajouter : « Le meilleur hommage est de nous mettre ensemble et de réaliser cet idéal d’unité nationale ».

Evidemment, l’absence de grandes figures de l’opposition a quelque peu gâché la fête. Le deuil d’Etienne Tshisekedi a été une occasion pour la RDC de se réconcilier avec elle-même. Malheureusement, l’opposition, notamment celle incarnée par Lamuka, a brillé par son absence. Qu’importe !

Dans tous les cas, Etienne Tshisekedi a été enterré dignement. La nation congolaise et l’Afrique lui ont rendu les hommages dignes du grand combat qu’il a mené pour faire triompher la démocratie. Il a réellement combattu le bon combat. Il repose en paix, pour l’éternité, dans le mausolée lui dédié dans la commune de la N’sele.

Pour Mgr Fridolin Ambongo, il s’agit de maintenir cette flamme. Il pense que le chef de l’Etat a aujourd’hui le devoir de s’inscrire dans la vision tracée par son défunt père : « Il vous revient à vous et à vos collaborateurs de parachever l’idéal sociopolitique de votre illustre père pour conduire le peuple congolais dans sa diversité vers la terre promise. Terre de prospérité sans exclusion, terre de respect mutuel et de convivialité, terre de justice et de paix, la paix véritable pour tous les fils et toutes les filles du Congo ».

Tshisekedi inhumé dans une propriété privée à Nsele

Enfin, l’opposant historique, Etienne Tshisekedi est inhumé, ce samedi 1er juin 2019, dans une concession familiale, dans la commune de la N’sele, située à l’est de la ville de Kinshasa. C’était après les hommages officiels au Stade des Martyrs.

La dépouille d’Etienne Tshisekedi est arrivée sur le lieu d’inhumation une heure après son départ du stade des Martyrs, espace où le recueillement avait eu lieu. Six chefs d’État et les représentants de différents gouvernements ont pris part aux obsèques. Le président de la République Félix Tshisekedi et son homologue du Congo Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, étaient sur le lieu d’inhumation.

Il sied de noter qu’Etienne Tshisekedi a été admis à titre posthume dans l’ordre national « héros nationaux Kabila-Lumumba » au grade de Grand cordon, au cours d’une cérémonie solennelle au stade des Martyrs.

Né à Luluabourg (devenu Kananga) le 14 décembre 1932, Étienne Tshisekedi wa Mulumba, est décédé le 1er février 2017 à Bruxelles en Belgique. Docteur en droit à l’Université Lovanium de Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa) en 1961, membre du collège des Commissaires généraux mis en place par Joseph-Désiré Mobutu à la suite d’un coup d’Etat, ancien ministre de l’Intérieur et ancien Premier ministre, Etienne Tshisekedi a traversé l’histoire politique de la RDC, de l’indépendance à Joseph Kabila.

Président de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), il s’est opposé successivement à Joseph-Désiré Mobutu, à Laurent-Désiré Kabila et à Joseph Kabila. Il a participé à la présidentielle de 2011 à l’issue de laquelle Joseph Kabila a été vainqueur. Autoproclamé président légitime, il avait alors prêté serment chez lui, à Limete.

Son fils, Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi, lui succède d’abord à la tête du parti avant de remporter la présidentielle de 2018, selon les résultats proclamés par la CENI et validés par la Cour Constitutionnelle.

La dépouille mortelle de l’opposant et ancien Premier ministre Etienne Tshisekedi a été rapatriée à Kinshasa jeudi 30 mai, rappelle-t-on.

(avec lePotentiel)

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