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Fatshi - chemise blanche avec béret - recueillement devant le cercueil de son Père, Etienne Tshisekedi Wa Mulumba.
Fatshi - chemise blanche avec béret - recueillement devant le cercueil de son Père, Etienne Tshisekedi Wa Mulumba.

RDC : Fatshi doit revenir à ses obligations constitutionnelles

Dernière mise à jour, le 7 juin 2019 à 11:11

Du jeudi 30 mai au samedi 1er juin, l’aiguille de l’appareil d’État congolais s’est, en quelque sorte arrêtée. A la base, les obsèques officielles de l’ancien Premier ministre Etienne Tshisekedi. Les trois jours de funérailles ont immobilisé l’attention nationale. Le tout, en hommage à une grande figure de la classe politique congolaise, opposant historique depuis le Zaïre de Mobutu. Ceci explique cela. Cependant, d’aucuns estiment que ce deuil passé, le Président de la république, Félix Tshisekedi doit revenir à ses obligations constitutionnelles. Le premier de ces engagements est la formation du Gouvernement. Le pays en a fortement besoin. Et en mode urgence. Si vu de la loi suprême, le Chef de l’État est garant du bon fonctionnement des institutions, cette prérogative ne lui est reconnue que lorsque ces mêmes institutions existent ou sont installées. Ce qui ne semble pas encore être le cas dans la situation actuelle.

Après la démission du Gouvernement Tshibala, subséquente à la nomination lundi 20 mai dernier, de Sylvestre Ilunga Ilunkamba comme Premier ministre, les Congolais ont le regard tourné vers la Cité de l’Union africaine. Ils attendent impatiemment la deuxième ordonnance portant nomination des membres du nouvel Exécutif. En tout cas, nombreux ont été ces Congolais qui avaient cru, non sans raison, que l’étape de la nomination du nouveau Premier ministre, considérée comme la plus difficile, étant franchie, le reste c’est-à-dire la formation du gouvernement n’allait plus tarder. Hélas !

Vu de la Constitution, le Président de la République est l’une des institutions du pays, à l’instar du Parlement et du Gouvernement. Cela s’entend, chacune de ces institutions a ses prérogatives. Aucune d’elle ne peut prétendre remplacer l’autre. De même que l’institution Président de la république a ses missions, de même le Parlement et le Gouvernement ont les leurs.

Cependant, après l’investiture du Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi le 24 janvier dernier, la RD Congo est toujours sans Gouvernement. Si le Président de la république est une institution, alors il a besoin de toutes les autres structures appelées à l’accompagner dans la matérialisation de sa politique. Que le Parlement se limite au vote des lois et au contrôle de l’Exécutif, ce dernier à la noble tâche de mettre en pratique le programme d’action du Président de la république en tant qu’institution. De ce point de vue, il ne faudrait donc pas que le Président de la république donne l’impression de se substituer au Gouvernement.

« LE PEUPLE D’ABORD « ….SANS EXECUTIF ?

« Le peuple d’abord » ! Plus qu’un nouveau slogan du parti Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), ce message de campagne de feu Etienne Tshisekedi, candidat à la présidentielle de 2011, résume la philosophie politique. Mieux, l’idéologie de cet ancien parti de l’opposition, aujourd’hui au pouvoir au plus haut sommet de l’Etat. Pour plusieurs raisons faciles à deviner, la concrétisation de cette « pensée » passe inévitablement par la formation du Gouvernement. D’où, l’épithète ou le substantif Exécutif.

Telle que les choses se passent, plus d’un Congolais ne cache plus sa crainte de voir le premier semestre de l’année en cours, se terminer sans que l’on ait un gouvernement. Dans très exactement deux semaines, sera la clôture de la session extraordinaire au Parlement. Soit le samedi 15 juin courant.

Compte tenu de cette contrainte constitutionnelle de calendrier, plus d’un analyste pense que le Chef de l’Etat ferait œuvre utile, s’il prenait son ordonnance portant nomination des membres du Gouvernement, avant même la clôture de cette session parlementaire qui touche bientôt à sa fin. Cela pour deux raisons. La première est de permettre à l’Assemblée nationale d’investir l’Exécutif. La deuxième raison est de faire en sorte que la nouvelle équipe ait le temps nécessaire à élaborer son projet de loi budgétaire à présenter à la session ordinaire de septembre prochain. La semaine qui commence sera-t-elle la bonne ? 

(avec Grevisse KABREL)

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