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RDC : Problématique de l’orientation scolaire

Dernière mise à jour, le 6 juin 2019 à 03:00

La réussite, mieux le bon rendement d’un élève après les deux ans post primaire, dans une filière, est fonction d’un bon choix ou d’une bonne orientation scolaire préalable, affirme à Forum des As, un Conseiller en orientation scolaire dans une école de Kinshasa. Inversement, ce spécialiste ajoute qu’un mauvais choix de filière est l’une de principales causes de doublement de classe, pour la plupart des élèves qui terminent la deuxième année du cycle secondaire en RD Congo. Principalement dans les écoles des grandes villes du pays. Ce constat relance la problématique de l’orientation scolaire, après la suppression du cycle d’orientation, intervenue après la réforme scolaire initiée à l’entame des années 80 dans l’ex-Zaïre. Depuis, la plupart des élèves qui commencent les humanités, s’auto-orientent. Nombreux choisissent des options pour lesquelles ils n’ont pas d’aptitudes intellectuelles nécessaires. D’autres encore, le font par la seule volonté de leurs parents qui ne se posent pas trop de question sur le port où peut conduire l’option choisie pour leurs progénitures.

Dans son œuvre « Perpétue » paru en 1974, le très célèbre écrivain camerounais Alexandre Biyidi, très connu sous les pseudonymes d’Eza Boto et de Mongo Beti, avait publié un texte intitulé : « Que feras-tu après tes études? ». Quiconque a lu ce texte dans le programme de l’enseignement de Français en quatrième année des humanités en RD Congo, se rappelle l’issue du dialogue entre les principaux personnages, à savoir le responsable d’une chefferie et quelques étudiants.

A la question centrale posée ci-dessus, la plupart des étudiants interrogés y avaient répondu vaguement. Un parmi eux avait même déclaré que « s’il avait vraiment étudié, c’est parce que ses parents voulaient qu’il ait plusieurs diplômes, sans savoir le port où ils allaient le conduire ». C’est tout comprendre. Plus de quatre décennies après, la problématique d’Alexandre Biyidi, place l’élève congolais qui termine la deuxième année secondaire, devenue la huitième année de l’Education de base, au terme du processus de réforme scolaire de 2014, se trouve devant un embarras de choix de filière à suivre pour les humanités. A qui donc la faute?

LA RESPONSABILITE COLLECTIVE

Se basant sur le pedocentrisme, principe de base de l’école active d’Edouard Claparède qui place l’enfant au centre de son éducation, nombre de pédagogues conviennent qu’il appartient à l’enfant, de choisir librement sa filière. Non sans raison, quand on sait que c’est que l’enfant a lui-même aimé, il le fera avec beaucoup d’engagement pour atteindre son idéal.

Certes, la motivation apparente est l’espérance d’un avenir heureux. Tout le problème, cependant, c’est que la plupart des élèves choisissent des filières par une fausse motivation. Certains rêvent le métier de journaliste. D’autres, celui de médecin, d’avocat d’ingénieur …mais sans se poser la question de savoir s’ils en ont les aptitudes nécessaires.

D’ores et déjà, ce constat malheureux remet en surface, le rôle du Conseiller d’orientation. Tout établissement organisé, est supposé avoir ce qualifié de la pédagogie appliquée. Son rôle est, justement, d’orienter les adolescents, finalistes du Cycle d’orientation, selon leurs capacités ou dispositions intellectuelles. Dans certaines écoles, les Conseillers d’orientations associent parfois les parents des élèves, dans l’orientation de de ces derniers. Dans d’autres, les élèves sont carrément guidés par le seul fait de leurs autorités.

Toujours est-il que dans l’un ou l’autre cas, la volonté de l’enfant reste un facteur prépondérant. Nombreux se détournent de l’orientation de leurs conseillers et prennent leur propre direction. Ce qui explique, selon notre interlocuteur, de nombreux cas de doublement de classe observés dans les écoles. Surtout en milieux urbains. La responsabilité, poursuit-il, est collective pour ne pas dire partagée. En même temps qu’il condamne l’auto-orientation des élèves, ce conseiller d’orientation scolaire incombe également la responsabilité de l’insuccès des élèves, après le cycle d’orientation, à la plupart de ses collègues qui, selon lui, n’accomplissent pas correctement leur mission. Les troisièmes responsables de l’échec des élèves admis aux humanités, renchérit-il, sont les parents qui imposent leurs choix, à leurs enfants.

Tout bien considéré, notre expert en orientation scolaire plaide pour une réforme scolaire qui tienne compte de cette problématique. Ainsi, pour relever le défi, ce même spécialiste conseille la redynamisation de la fonction de Conseiller en Orientation dans les écoles de la RD Congo. 

(avec Tania MUBUADI B.)

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