jeudi , 17 octobre 2019
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Exétat : Les parents des élèves asphyxiés en RDC

Les parents des élèves de la 6ème secondaire de la ville de Kinshasa sont asphyxiés par l’argent à débourser pour cette fin de l’année scolaire avec au passage les frais de l’Examen d’ État. Ils ne savent plus à quel saint se vouer pour pallier ce problème des espèces sonnantes et trébuchantes qui est la condition sine quanon pour passer cette session à caractère national. A chaque rentrée scolaire, c’est la même chanson mais à chaque année, une hausse des frais est constatée.

« Nous avons payé 510 dollars américains pour le minerval de mon enfant, Kevin Lubaka en 6ème Latin philo au Collège Frère Zuza de Kintambo. En plus de cela, 56.000 fc pour les frais légaux, 84.000 fc pour l’Examen d’État. L’addition est bel et bien salée. Il n’est pas le seul enfant quand bien même, il serait l’aîné. Sa petite sœur Samantha étudie au Lycée Bolingani et leur cadet Louis-Petit au petit Collège Boboto », a indiqué maman Clémentine habitant dans la commune de Kintambo.

Un parent qui a requis l’anonymat et dont la fille est en 6ème Chimie-Biologie, s’est également plaint : « Le minerval c’est 410 dollars américains, l’ensemble des autres frais est à 140.000fc donc plus ou moins 100 dollars. A cela s’ajoute certains imprévus. Vous connaissez les imprévus qui interviennent pour les élèves finalistes. C’est une école conventionnée catholique mais les écoles ressemblent maintenant à des firmes et c’est encore pire chez les privés. L’État doit rectifier les tirs, nous espérons que le prochain Gouvernement pourrait changer la donne », a-t-il évoqué avec tristesse.

En passant au peigne fin cette réalité dans les écoles privées, c’est le paroxysme d’un véritable fonds de commerce.

C’est le cas des écoles de Kintambo: Éveil, Batela, Danielka pour ne citer que celles-ci. Une élève du premier établissement cité nous a révélé que hormis l’argent du minerval, le préfet de l’école est monté au créneau pour exiger la somme de 100 dollars. Cet argent couvre la dissertation, le français oral, le jury pratique et les 4 jours de l’Examen d’ État. Au cas contraire, la réussite pourrait être un merle blanc. D’ailleurs il va séjourner en Europe et regagnera Kinshasa, une semaine après la fin de l’Examen d’ État.

« Le préfet ne badine pas quand il s’agit de l’enveloppe à payer pour l’épreuve nationale des finalistes. Il exige 100 dollars et pourtant c’est dans les 50 dollars. Quand vous ne payez pas ça,c’est un véritable casse-tête. Le diplôme tant recherché est mis en danger, il devient hypothétique », a lâché le tuteur de cette fille qui a également requis l’anonymat et réputé pour son franc parler.

En traversant le pont Lunda Bululu dans la commune de Bandalungwa, c’est le même refrain. Les préfets des écoles privées dictent leur loi aux élèves et parents. La voie assurée pour aller au paradis de l’Examen d’État est conditionnée par l’argent.

D’ailleurs certains apprenants se sont vus menacés parce qu’ils n’ont pas pu payer la totalité des frais exigés non pas par le Gouvernement mais par le numéro un de l’établissement.

« Quelques-uns de nos condisciples sont stressés car ils n’ont pas encore achevé la somme que le préfet des études nous demande du jour au lendemain. Tant que cet argent n’est pas soldé, le dérangement est permanent. Ils sont victimes de cet état des choses et sont chassés. C’était le cas pour moi mais mes parents ont eu cette capacité de nouer les deux bouts du mois pour régler ma situation. Je suis affecté un tout petit peu psychologiquement pour deux de mes amies. J’espère que la situation va se décanter avant les 24 et 27 juin, jours prévus pour l’épreuve proprement dite », a martelé Armandine Balaga habitant la commune de Bandalungwa.

L’Examen d’État 2019 a débuté, le 02 mai avec la traditionnelle épreuve de dissertation. Puis s’en est suivi le français oral et le jury catholique quelques jours après.

Les 4 jours de cet examen à caractère national aura lieu du 24 au 27 juin prochain.

Le montant alloué pour la participation fixée par le Gouvernement congolais est de 84.000fc soit plus au moins 50 dollars américains. 

ASPHYXIE DES ECOLES ET DES PARENTS

Le BAC (Bureau d’action et d’éveil culturel à l’éducation) constate avec beaucoup de regret mêlé de révolte que les écoles et les parents sont asphyxiés par l’examen d’Etat. Ne pouvant laisser leurs élèves être privés de l’examen de dissertation, beaucoup de préfets des études ont dû s’endetter pour payer la grosse somme exigée par le Gouvernement.

Ainsi tout en félicitant l’organisation de la dissertation sous le leadership du ministère de l’EPSP en collaboration avec celui de la FPMA, le BAC souhaite que la Présidence de la république renforce de manière spéciale, l’enveloppe de l’organisation de l’Examen d’Etat comme il l’a fait pour d’autres secteurs afin que la contribution des pauvres parents soit réduite très sensiblement. Car il est triste et révoltant que l’enfant de l’Enseignant, du fonctionnaire, du policier, du militaire, du journaliste et autre agent de l’Etat soit malmené pour accéder dans la d’examen faute de payement des frais exorbitants par rapport à leurs salaires. Il n’est pas honnête que plus de 80% des frais de l’Examen d’Etat soient à la charge des pauvres parents.

Par ailleurs, le BAC dénonce la mollesse et la complicité de certains comités des parents qui se contentent de leurs pourcentages au lieu de défendre la cause de leurs confrères parents qui leur confient une précieuse charge. Alors qu’ils sont plus nombreux que les dirigeants du Gouvernement, ils passent leur temps à gémir et à pleurer au lieu d’agir.

Pour le BAC, la grande session de l’Examen d’Etat du 4 juin doit être mieux que celle de la dissertation. Que les parents ne soient plus otages de la gourmandise de leurs comités des parents qui jouissent des pourcentages illicites.

Le BAC Jean-Marie Ntantu-Mey exhorte Fatshi à pallier le budget d’examen d’Etat. Ceci pour aider les parents pauvres dont les enfants sont souvent chassés d’examen d’Etat. Certains préfets payent à la place des parents quitte à récupérer après l’examen d’Etat en retenant tous les dossiers des enfants.

MENTION SPECIALE A L’INSPECTION GENERALE DE L’EPSP

Par ailleurs, comme les parents sont des vaches à lait, les chefs de divisions provinciales (PROVED) donnent des tests d’évaluation moyennant beaucoup d’argent aux élèves. Il y a des écoles qui ont refusé d’obtempérer car trop c’est trop.

Tout en dénonçant les faiblesses dans l’organisation de l’examen d’Etat, il faut relever cependant les efforts de l’Inspection générale de l’EPSP qui a ramené le ministre de FPMA à la raison et a récupéré les élèves dont les frais étaient perçus par le ministère de FPMA…  » La grande faute revient au Gouvernement central et aux gouvernements provinciaux qui allouent un budget insignifiant pour l’Education et soustraient beaucoup d’argent sur les frais scolaires pour leurs services », affirme l’initiateur du BAC, Jean-Marie Ntantu-Mey. 

(avec Gloire BATOMENE)

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