vendredi , 13 décembre 2019
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Fusion Renault et Fiat : Vers la fermeture d’usine en France ?

Marier Fiat Chrysler (FCA) et Renault pour donner naissance à un mastodonte pesant plus de 30 milliards d’euros en Bourse ? L’offre présentée lundi par le constructeur italo-américain, saluée par les marchés et l’Etat français, pourrait chambouler l’industrie automobile mondiale et le rapport de forces entre le français et son allié japonais Nissan. Le ministre des Finances Bruno Le Maire a exigé mardi que le projet de fusion entre les constructeurs Renault et Fiat n’entraîne aucune fermeture d’usine en France, sans envisager pour autant une augmentation de la participation de l’Etat au capital. Le ministre a demandé à Jean-Dominique Senard, actuel président de Renault, des garanties « sur la préservation des emplois et des sites industriels en France », a-t-il affirmé sur RTL, au lendemain de l’annonce du projet de fusion entre les deux constructeurs. Interrogé pour savoir s’il exigeait un engagement de « zéro usine fermée en France » de la part de Renault et de Fiat, M. Le Maire a répondu « bien sûr ». « C’est la première garantie que j’exige à M. Senard sur l’ouverture de ces négociations avec Fiat », a-t-il expliqué. « C’est à lui de revenir vers moi dans les jours qui suivent, puisque j’ai donné mon accord à l’ouverture de négociations, sur les garanties qu’il a pu obtenir de la part de Fiat sur l’empreinte industrielle de Renault en France », a ajouté le ministre.

Comme deuxième garantie, M. Le Maire a expliqué qu’il attendait que cette opération « se fasse dans le cadre de l’alliance entre Renault et Nissan », sans plus de précisions.

Il a également demandé à M. Senard des garanties sur la future gouvernance du nouvel ensemble, afin que « les intérêts français y soient bien représentés ».

Enfin, il a demandé au président de Renault que le groupe né de cette fusion participe à l’initiative des batteries électriques engagée avec l’Allemagne.

M. Le Maire a confirmé que l’Etat, qui détient actuellement près de 15% du capital de Renault, n’aurait plus qu’une participation d’environ 7,5% après une fusion avec Fiat. Il n’a pas souhaité l’augmenter pour autant.

« Qu’est-ce qui garantit les emplois, les sites industriels, le développement de Renault à l’avenir ? Ce n’est pas la présence de l’Etat au capital, c’est la capacité d’investir dans les nouvelles technologies », a-t-il assuré.

Selon M. Le Maire, cette possible fusion constitue d’ailleurs « une belle opportunité pour Renault et pour l’industrie automobile européenne ».

« Les entreprises qui survivront seront celles qui auront la capacité d’investir massivement dans le véhicule autonome, dans le véhicule connecté et dans le véhicule électrique », a-t-il souligné.

« Ce projet de fusion doit permettre à Renault et à Fiat de porter ces investissements et d’être parmi les constructeurs automobiles les plus efficaces », a ajouté M. Le Maire.

Le constructeur italo-américain Fiat Chrysler (FCA) a affirmé lundi que la fusion n’entraînerait aucune fermeture de sites de production. Au total, 8,7 millions de véhicules seraient vendus chaque année par le groupe fusionné, qui figurerait à la troisième place du classement mondial des constructeurs automobiles en termes de production annuelle.

FIAT CHRYSLER VEUT FUSIONNER AVEC RENAULT

Marier Fiat Chrysler (FCA) et Renault pour donner naissance à un mastodonte pesant plus de 30 milliards d’euros en Bourse ? L’offre présentée lundi par le constructeur italo-américain, saluée par les marchés et l’Etat français, pourrait chambouler l’industrie automobile mondiale et le rapport de forces entre le français et son allié japonais Nissan.

Le rapprochement FCA-Renault donnerait naissance au troisième « fabricant d’équipement d’origine » (FEO) mondial, avec des ventes annuelles de 8,7 millions de véhicules et une « forte présence dans des régions et segments clés », a estimé Fiat Chrysler dans un communiqué.

« Complémentaire »

Le portefeuille des deux groupes est « large et complémentaire, et fournirait une couverture complète du marché, du luxe au segment grand public », a-t-il ajouté.

C’est d’un mariage dit « entre égaux » qu’il est question : la nouvelle entité serait détenue à 50% par les actionnaires du constructeur italo-américain et à 50% par ceux de Renault et serait cotée à Paris, New York et Milan.

Selon une source proche du dossier, John Elkann, petit-fils de Gianni Agnelli, l’emblématique président de Fiat, et actuel président de FCA, pourrait devenir président de la nouvelle entité. Jean-Dominique Senard, actuel président de Renault, serait lui président exécutif. Mais les discussions sont encore en cours.

FCA et Renault, qui fabriquent tous deux des voitures populaires, auraient la possibilité de partager de nombreux éléments techniques.

Renault apporterait son savoir-faire dans l’électrique, et Fiat Chrysler aurait pour dot une part de marché importante en Amérique du Nord, avec des gros SUV et pick-up particulièrement rentables.

FCA a assuré que la fusion ne se traduirait par aucune fermeture de sites de production, tout en évoquant des synergies annuelles supérieures à 5 milliards d’euros.

Le deuxième syndicat de Renault, la CGT, a exigé lundi que l’Etat français, grand actionnaire de Renault, conserve « une minorité de blocage » en cas de fusion, en redoutant « de nouvelles suppressions d’emplois ».

La porte-parole du gouvernement français Sibeth Ndiaye a déclaré que Paris était « favorable » à celle alliance, tandis que le vice-Premier ministre italien Matteo Salvini, patron de la Ligue (extrême droite), a jugé l’opération « brillante ». « Si Fiat croît, c’est une bonne nouvelle ».

Réuni lundi à Boulogne Billancourt, près de Paris, le conseil d’administration de Renault a expliqué qu’il allait « d’étudier avec intérêt l’opportunité d’un tel rapprochement » « générateur de valeur additionnelle pour l’Alliance » avec Nissan et Mitsubishi. Une source proche du dossier a précisé qu’aucune décision n’était attendue aujourd’hui sur la fusion elle-même : « cela va prendre des jours, voire des semaines ».

« Si cette fusion se concrétise (…) cela pourrait requérir plus d’un an », a en outre estimé le patron de FCA Mike Manley dans une lettre aux employés de son groupe.

En attendant, les titres des deux groupes étaient galvanisés : vers 12H00 (10H00 GMT), FCA gagnait 10,79% à 12,69 euros à la Bourse de Milan, après avoir bondi de plus de 18% dans les premiers échanges, et Renault 15,11% à 57,54 euros à la Bourse de Paris.

Selon une source proche du dossier, cette annonce est l’aboutissement de « discussions qui avaient commencé sous Carlos Ghosn », l’ancien patron emblématique du constructeur français, mis en examen au Japon pour des malversations financières.

Quid de Nissan ?

Son arrestation fin novembre a déclenché une crise entre Renault et son allié japonais Nissan (qui contrôle Mitsubishi Motors), à l’origine des révélations qui ont déclenché l’enquête.

Une source proche du dossier estime que « ce projet laisse la porte ouverte à Nissan » pour faire partie de ce rapprochement. « Nous pensons que les bénéfices (…) s’étendront aussi aux partenaires de l’Alliance, Mitsubishi et Nissan », a aussi estimé Mike Manley.

En comptant Nissan et Mitsubishi, la fusion créerait un ensemble de près de 16 millions de véhicules, devançant le mastodonte allemand Volkswagen (10,6 millions) et Toyota (10,59 millions).

Une alliance franco-italo-américaine changerait aussi le rapport de forces au sein de l’attelage Renault-Nissan-Mitsubishi, en renforçant la partie française. Laquelle vient justement d’être sèchement éconduite par Nissan, à qui Renault proposait une union plus étroite.

Quant à FCA, en grande difficulté en Europe, il est depuis plusieurs semaines au centre de rumeurs de rapprochements. Début mars, le français PSA (Peugeot, Citroën, DS, Opel, Vauxhall) avait également manifesté son intérêt pour le groupe italo-américain.

Les constructeurs cherchent à joindre leurs forces pour réaliser les investissements colossaux rendus nécessaires par les évolutions technologiques : électrification, conduite autonome, véhicules connectés… Ils affrontent par ailleurs une conjoncture mondiale difficile avec notamment un retournement du marché chinois.

(avec Afp)

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