jeudi , 21 novembre 2019
Accueil / Afrique / Etienne TSHISEKEDI : L’homme aux multiples casquettes
Hommage a Etienne TSHISEKEDI WA MULUMBA, Bruxelles.
Hommage a Etienne TSHISEKEDI WA MULUMBA, Bruxelles.

Etienne TSHISEKEDI : L’homme aux multiples casquettes

Dernière mise à jour, le 1 juin 2019 à 04:11

Nul ne saurait prétexter ignorer qu’Etienne Tshisekedi a été l’une des figures emblématiques de la classe politique de la République démocratique du Congo (RDC), depuis le Zaïre du maréchal Mobutu. Son Curriculum vitae en dit long. Recteur de l’École nationale de droit et d’administration (ENDA) entre 1961 et 1965, l’histoire rappelle que feu Etienne Tshisekedi fut nommé en 1965, aux fonctions de ministre de l’Intérieur et des Affaires coutumières du président Joseph-Désiré Mobutu.Pas seulement. Car, Etienne Tshisekedi figure parmi l’équipe de rédaction de la Constitution congolaise de 1967. Toujours au cours de la même année, au conclave de Nsele, Etienne Tshisekedi rédige, avec le « roi » du Zaïre, Marie- Justin Bomboko et Joseph Singa Udjuu, le manifeste de la Nsele. On n’ignore pas qu’Etienne Tshisekedi appartient ou a appartenu à un parti politique qui s’appelle Udps. On n’oublie pas non plus que Tshitshi a incarné, pendant plusieurs décennies, l’opposition depuis les années Zaïre. De ce point de vue, l’Udps a toute sa place dans ce deuil. Les combattants de ce parti ont également toutes les raisons de verser des futs de larmes pour pleurer leur leader. Celui-là même qui a sacrifié toute sa vie dans la lutte non-violente contre la dictature du président Mobutu et l’avènement d’un Etat véritablement respectueux des droits humains.

Dans la capitale congolaise, l’heure est aux préparatifs de trois jours des funérailles de cet illustre disparu aux multiples casquettes. D’abord celle d’ancien chef de corps, en qualité de Premier ministre honoraire. Ensuite, le statut de principal leader de l’opposition président du plus grand parti de la résistance non-violente à la dictature mobutienne et enfin dans son ultime et non moins importante casquette de père de l’actuel Chef de l’Etat. Ces considérations pourraient s’avérer insuffisantes, pour présenter le défunt Etienne Tshisekedi.

Toutefois, il importe de souligner que le Tshisekedi que la RDC va pleurer de façon officielle pendant les trois jours du deuil, n’est pas un Etienne Tshisekedi en tant que président national d’une importante formation politique labellisée Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Le Tshisekedi que la nation congolaise portera en terre le samedi 1er juin, sauf ultime modification de programme, est ce Tshisekedi ancien Premier ministre. Donc, chef de corps. D’où, le sens des funérailles officielles.

Par obsèques d’Etat, on comprend que c’est les pouvoirs publics qui endossent l’entière responsabilité de l’organisation. Evidemment, en harmonie avec la famille biologique du défunt pour le côté rituel. Cela s’entend, tous les officiels actifs ou passifs de la RD Congo se trouvent en droit légitime de rendre un dernier hommage à cette grande figure de la classe politique zaïro-congolaise. De membre du collège des Commissaires généraux en 1960, en qualité d’adjoint du commissaire à la Justice, Marcel Lihau, au Premier ministre issu de la CNS, Etienne Tshisekedi aura occupé quasiment tous les postes sauf celui de Président de la République.

Par ailleurs, le Tshisekedi qui sera pleuré pendant trois jours (jeudi, vendredi 30 mai et samedi 1er juin), c’est celui-là même qui est le père biologique de l’actuel Président congolais Félix Tshisekedi, au pouvoir depuis le 24 janvier 2019. En d’autres termes, le Chef de l’Etat est éprouvé au premier degré. A ce titre, il ne serait ni surprenant ni étonnant qu’aux côtés des officiels congolais, d’autres chefs d’Etats africains ainsi que des diplomates en poste en RD Congo, viennent témoigner leur compassion à Fatshi. Voilà qui donne encore beaucoup plus de relief au caractère officiel des funérailles du sphinx de la très symbolique 10ème rue de Limete.

Tshitshi merite mieux

Nul ne saurait prétexter ignorer qu’Etienne Tshisekedi a été l’une des figures emblématiques de la classe politique de la RD Congo, depuis le Zaïre du maréchal Mobutu. Son Curriculum vitae en dit long. Recteur de l’École nationale de droit et d’administration (ENDA) entre 1961 et 1965, l’histoire rappelle que feu Etienne Tshisekedi fut nommé en 1965, aux fonctions de ministre de l’Intérieur et des Affaires coutumières du président Joseph-Désiré Mobutu.Pas seulement. Car, Etienne Tshisekedi figure parmi l’équipe de rédaction de la Constitution congolaise de 1967. Toujours au cours de la même année, au conclave de Nsele, Etienne Tshisekedi rédige, avec le « roi » du Zaïre, Marie- Justin Bomboko et Joseph Singa Udjuu, le manifeste de la Nsele.

On n’ignore pas qu’Etienne Tshisekedi appartient ou a appartenu à un parti politique qui s’appelle Udps. On n’oublie pas non plus que Tshitshi a incarné, pendant plusieurs décennies, l’opposition depuis les années Zaïre. De ce point de vue, l’Udps a toute sa place dans ce deuil. Les combattants de ce parti ont également toutes les raisons de verser des futs de larmes pour pleurer leur leader. Celui-là même qui a sacrifié toute sa vie dans la lutte non-violente contre la dictature du président Mobutu et l’avènement d’un Etat véritablement respectueux des droits humains.

Ainsi, pour braver l’autoritarisme de feu le maréchal Mobutu, Etienne Tshisekedi fit partie du groupe de treize parlementaires, auteur d’une lettre ouverte d’une cinquantaine de pages adressée au président zaïrois. C’est donc dans cet environnement politique de défi à Mobutu, qu’Etienne Tshisekedi, les 12 autres co-auteurs de ladite lettre et certains compatriotes dont Kibassa Maliba – lui aussi déjà décédé – fondèrent l’Udps en 1982.

Au plus fort de la dictature, cette correspondance paraissait, aux yeux des caciques du régime d’alors, comme un acte osé. Sinon, un blasphème à l’incontestable timonier et Guide « éclairé  » du Mouvement populaire de la révolution (MPR), parti-Etat sous le Zaïre de Mobutu jusque fin avril 1990.D’où, tous les sévices corporels et autres tortures morales que Mobutu, via ses services, avait fait subir à Etienne Tshisekedi.

Pour toutes les raisons qui résument le couronnement de la lutte politique d’Etienne Tshisekedi pour la démocratie au Zaïre, il ne peut que mériter mieux. Des analystes entendent bien, des obsèques dignes de ce nom. Ces funérailles ne devraient pas devenir un espace de règlement des comptes politiques ni de disputes entre les différentes chapelles de l’UDPS.En tout cas, ce ne serait ni le lieu ni le moment. Bien au contraire. Et donc, des fauteurs en eau trouble devraient se garder de tout comportement qui serait de nature à profaner la mémoire d’Etienne Tshisekedi. Ce grand leader dont le charisme a traversé les rivages régionaux et ethniques.

DEBUT DES OBSEQUES D’ÉTIENNE TSHISEKEDI

Des concerts en hommage à Etienne Tshisekedi sont organisés depuis ce dimanche 26 mai à 19 heures, devant le siège de l’Union pour la démocratie et le progrès social, à la 11ème rue Limete, le long du boulevard Lumumba, à Kinshasa.

Plusieurs orchestres symphoniques de Kinshasa défilent sur le podium érigé en face du siège de l’UDPS. Ils offrent des prestations musicales en hommage à feu Étienne Tshisekedi que ses sympathisants considèrent comme le père de la démocratie congolaise.

Le groupe musical qui a fait le plus danser des centaines de militants de ce parti politique cher à Étienne Tshisekedi et des curieux qui ont pris d’assaut le tronçon entre la 11ème et la 12ème rue Limete résidentiel, est celui du défunt artiste musicien folklorique congolais Mabele Elisi avec la célèbre danse « le peuple d’abord ».

A travers leurs chansons, ces artistes musiciens vantent la lutte menée par Etienne Tshisekedi pour l’instauration de la démocratie et de l’Etat de droit en RDC.

En sus de son côté recueillement, ces obsèques d’Etienne Tshisekedi donnent l’air d’une kermesse à la 11ème rue Limete. On y retrouve une forte activité commerciale. A côté des débits de boissons qui s’y invitent, on retrouve sur place des restaurants de fortune appelés communément « malewa ».

On retrouve également sur le lieu une pléthore de points de vente des besoins à fort dosage alcoolique que les Kinois appellent « Zododo ». Un autre commerce très répandu sur place est la vente des tee-shirts et badges à l’effigie du sphinx de Limete.

Etienne Tshisekedi est décédé le 1er février 2017 à Bruxelles. Sa dépouille sera rapatriée le jeudi 30 mai prochain. Elle sera exposée du 31 mai au 1er juin au stade des Martyrs à Kinshasa, avant d’être inhumée dans la concession familiale à N’sele, où un mausolée digne de son rang est érigé.

MGR AMBONGO OFFICIERA LA MESSE DES FUNÉRAILLES DE TSHISEKEDI

L’archevêque métropolitain de Kinshasa, Mgr Fridolin Ambongo, officiera la messe des obsèques du feu Etienne Tshisekedi wa Mulumba, le samedi 1er juin au stade des Martyrs de la Pentecôte de la capitale de la République démocratique du Congo (RDC), indique afriquelalibre.be qui cite des médias locaux.

Il est, à cet effet, prévu le vendredi 31 mai, une messe et une veillée mortuaire ouverte au public. Samedi, la messe solennelle sera célébrée au stade, en présence de tous les évêques congolais, selon le coordonnateur général du comité d’organisation des obsèques, Lucien Lundula. Il s’en suivra l’inhumation dans l’après-midi dans une concession privée de la famille, dans la commune de la N’sele, où a été érigé un somptueux monument du Sphinx de Limete symbolisant ses deux doigts de victoire.

Décédé à Bruxelles le 1er février 2017, une messe d’adieu a été dite le dimanche 26 mai dernier à l’Eglise Saint Charles Borromée de Molenbeek-Saint-Jean par les prêtres du groupe Épiphanie. Les fidèles, venus de partout, n’ont pas eu tous accès à la nef de cette Eglise Bruxelloise. Ils ont accepté, malgré tout, de suivre ce culte d’adieu dehors.

Selon mediacongo qui cite des témoins su place, il a été observé une présence remarquée entre autres, du couple Jean-Claude Tshisekedi-Isabelle Kibassa. Maman Marthe Kasalu, veuve d’Étienne Tshisekedi et mère de l’actuel Président de la RD Congo, Félix-Antoine Tshisekedi, était également de la partie.

ÉLÉVATION D’ETIENNE TSHISEKEDI AU RANG DE HÉROS NATIONAL ?

Dans une interview accordée lundi 27 mai à « Forum des As », le Vice-Président de la fédération USA, de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Jean-Aimé Mbiya Bondo Shabanza plaide pour l’élévation d’Etienne Tshisekedi Wa Mulumba au rang de héros national et de père de la démocratie congolaise.

Pour avoir consacré toute sa vie à la lutte pour l’instauration de la démocratie et de l’Etat de Droit en RDC, Etienne Tshisekedi mérite, à titre posthume, le plus haut titre honorifique qui puisse exister en RDC, indique Jean Aime Mbiya Bondo. En l’occurrence, précise-t-il, celui de héros national, au même titre que Patrice Emery Lumumba.

« Si on l’a fait pour des musiciens et des sportifs, à combien plus forte raison pour celui qui nous a donné l’occasion de nous exprimer, de célébrer l’Etat de droit qui est en devenir dans notre pays. Je crois que la nation congolaise a tout intérêt à réserver à papa Etienne Tshisekedi le plus haut titre honorifique », a déclaré le numéro deux de la fédération UDPS USA.

Vivement un jour férié pour célébrer la démocratie

Cet ancien attaché de bureau de première classe du ministère congolais du Budget a, par ailleurs, plaidé pour que chaque anniversaire de la disparition d’Etienne Tshisekedi soit retenu comme une journée nationale de célébration de l’avènement de la vraie démocratie et de l’Etat de Droit en RDC.

« La nation congolaise doit respecter et honorer papa. Il faudra tout faire pour pérenniser, non seulement le nom, mais tout le combat d’Etienne Tshisekedi de manière générale. Cela doit même être inscrit dans les livres d’école. On doit enseigner à nos enfants la vraie histoire de notre pays. Quand on parlera du père de la démocratie congolaise, il faudrait que l’on pense à Etienne Tshisekedi », a ajouté Jean-Aimé Mbiya Bondo Shabanza.

Le Vice-président fédéral de l’UDPS USA a saisi cette occasion pour remercier le bon Dieu qui, affirme-t-il, permettra à ce que le corps d’Etienne Tshisekedi soit rapatrié au pays le 30 mai prochain. Il appelle tous les Kinois et les Congolais en général à réserver un accueil chaleureux à la dépouille de celui qu’il qualifie de géniteur de la démocratie congolaise.

Plus qu’un deuil, une fête de la démocratie

« Nous rendons grâce à Dieu qui permettra à ce que le corps d’Etienne Tshisekedi soit en fin enterré sur le sol de ses ancêtres, en dépit de la mauvaise foi de certains décideurs politiques. Je demande au peuple congolais de participer massivement à ces obsèques qui ne seront pas seulement un moment de deuil, mais une célébration de la démocratie. Habillons-nous tous en blanc et fêtons le combat de ce leader visionnaire », a-t-il souligné.

A en croire Jean-Aimé Mbiya Bondo Shabanza, la fédération de l’UDPS au niveau des Etats-Unis entend participer activement à ces obsèques. C’est ce qui explique la présence à Kinshasa de son président Marco Mpoy, accompagné de quelques cadres du parti résidents au pays de l’oncle Sam, annonce-t-il.

La crise qui sévit actuellement au sein de l’UDPS faisait partie des sujets sur lesquels est revenu Jean- Aimé Mbiya. Il a, d’un ton ferme, appelé les acteurs en désaccord à privilégier les intérêts du parti et à se plier devant la décision prise par le président a.i, Jean-Marc Kabund.

« Trêve de conflits inutiles, privilégions les intérêts du parti »

« Le plus grand problème que nous avons à l’UDPS, c’est l’interprétation des textes. Nous pensons que ce qui est plus important dans tout ça, c’est de privilégier les intérêts du parti. Je me demande s’il est nécessaire de mettre sur pied ce bureau à trois en ce moment précis. Vu les enjeux de l’heure, nous pensons que la décision qui a été prise par nos autorités de nommer Augustin Kabuya comme secrétaire général est salutaire et stratégique », a conclu le Vice-président fédéral de l’UDPS USA.

Ancien attaché de bureau de première classe du ministère du Budget en RDC, Jean-Aimé Mbiya Bondo Shabanza est détenteur d’une maîtrise en Administration publique, spécialisation Management, de Purdue Global University aux Etats-Unis. Il est actuellement Directeur exécutif d’une entreprise sociale de Droit américain qui a des représentations dans trois pays africains.

CRISE A L’UDPS

Les quatre fédérations de la capitale ont choisi leur camp dans la crise de légitimité qui couve à l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Elles refusent d’être derrière ceux qu’elles qualifient d' »opposants » internes. Elles ont réitéré leur confiance en Jean-Marc Kabund le président intérimaire, et soutiennent, ipso facto, Augustin Kabuya, dont la nomination au secrétariat général du parti a été contestée par certains cadres.

Réunis dimanche 26 mai dans la commune de Lemba, les quatre présidents fédéraux ont fustigé les comportements de certains membres du parti « qui veulent ternir l’image d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba ». Depuis la décision prise par le président intérimaire du parti, Jean-Marc Kabund, de nommer Augustin Kabuya comme secrétaire général de l’UDPS, une vive polémique a gagné certains milieux de ce parti qui souhaitent la mise en place d’un directoire composé du président de la Convention Démocratique du Parti (CDP), du secrétaire général du parti et du président de la commission électorale permanente.

Ce qui a provoqué une crise à quelques jours de l’arrivée à Kinshasa de la dépouille du sphinx de Limete. La décision du président par intérim, Jean-Marc Kabund, de nommer un secrétaire général n’a pas du tout enchanté les députés de ce parti. Dans une déclaration faite depuis l’Hémicycle, ils ont affirmé que « la mise en place du directoire devrait intervenir avant le rapatriement » de la dépouille d’Etienne Tshisekedi.

(avec ForumDesAs)

A lire aussi

RDC : Exigence d’une justice équitable au Nord-Kivu

« La plupart des jugements rendus dans l’exécution des procès à Goma ne respectent plus …

Laisser un commentaire