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Ebola : Situation précaire en RDC

Dernière mise à jour, le 31 mai 2019 à 09:08

La situation épidémiologique de la maladie à virus Ebola demeure toujours précaire. Vingt- et-une personnes sont mortes de cette épidémie, sévissant dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri où des agressions contre les agents chargés des enterrements ont été recensées par l’autorité sanitaire. Il s’agit de 21 nouveaux décès de cas confirmés qui ont été rapportés dans les villes ou localités de Butembo (6), Beni (5), Mandima (2), Katwa (2), Kalumguta (1) Musienene (1), Mangurujipa (1) à Mabalako (3), selon le bulletin quotidien du ministère de la Santé publique.

Ayant déjà fait 1 198 morts depuis sa déclaration le 1er août 2018, l’actuelle épidémie d’Ebola est la plus meurtrière enregistrée sur le territoire congolais depuis la découverte du Virus en 1976, en RDC. D’après les études menées, la riposte est compliquée dans la région par les mouvements des populations et la méfiance des populations envers les agents de santé engagés dans la riposte.

Dans la province de l’Ituri, le chef de l’équipe des enterrements dignes et sécurisés (EDS) de la Protection civile, a été agressé par les membres de la famille d’une personne décédée à Rwampara/Bunia, qui ont refusé que l’équipe EDS fasse un prélèvement sur le corps, renseigne le ministère de la Santé publique.

Une équipe des EDS de Butembo, dans le Nord-Kivu, a également été agressée vendredi 17 mai dernier,  lors de l’enterrement de quatre personnes décédées au CTE de Butembo.

En vue de faciliter le travail, les équipes EDS creusent préalablement les tombes mais, parfois, certains habitants recouvrent les tombes pendant la nuit afin de marquer leur opposition aux enterrements. Vendredi dernier, les tombes étaient couvertes et des personnes ont lancé des cailloux à l’équipe. Un agent a été blessé.

Donc, il revient au gouvernement de la République démocratique du Congo de travailler en intelligence avec ses partenaires en vue d’enrayer ce fléau qui ne fait que décimer la population vivant dans ces deux provinces.

RÉDUIRE LES RISQUES DE CONTAMINATION

Le Royaume-Uni promet de construire des sépultures sûres et dignes pour les victimes d’Ebola dans la province du Nord-Kivu. L’annonce a été faite, le lundi 27 mai dernier, par la ministre Britannique pour l’Afrique, Harriett Baldwin, en visite en RDC. Elle a promis à cette occasion un nouveau financement de son pays afin d’aider la RDC à mieux faire face à cette épidémie. En construisant ces sépultures, le Royaume-Uni entend réduire les risques de contamination, liés aux funérailles des victimes de la maladie à virus Ebola, indique l’officielle britannique. Grâce à cette nouvelle aide, affirme Harriett Baldwin, les équipes d’inhumation des victimes d’Ebola seront dotées du matériel adéquat. Il s’agit, des gants, des désinfectants pour les mains, des masques, des blouses de protection et des pulvérisateurs de décontamination. Ces équipes disposeront également des brancards, des cordes adaptées, ainsi que des sacs pour corps à risque biologique. Ces sacs mortuaires, nouvellement introduits, disposent d’une fenêtre en plastique transparent, afin de permettre aux familles des victimes de voir leur bien-aimé en passe d’être enterré, précise la ministre Britannique pour l’Afrique.

La Ministre Britannique pour l’Afrique a annoncé lundi l’octroi d’une aide britannique pour des sépultures sûres et dignes au cours de sa visite dans la province du Nord-Kivu touchée par le virus Ebola.

Harriett Baldwin, ministre britannique pour l’Afrique, a annoncé un nouveau financement pour aider à faire face à la crise du virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC).

Il s’agit de la première visite d’un ministre britannique dans le pays depuis le début de l’épidémie d’Ebola dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri en août dernier. Le Royaume-Uni reste l’un des principaux donateurs à l’épidémie et prend au sérieux la menace du virus Ebola depuis le début.

Lundi, elle a annoncé que de nouveaux fonds d’aide du Royaume-Uni seront versés à la Fédération Internationale de la Croix-Rouge (FICR) pour l’aider à organiser des inhumations sûres et dans la dignité.

Les corps des victimes d’Ebola sont particulièrement contagieux, la transmission de la maladie se produisant souvent lors de funérailles où les gens aident à laver leurs proches avant leur inhumation. Les enterrements sont un sujet de litige en RDC, les victimes d’Ebola étant placées dans des sacs mortuaires et ne pouvant être touchées.

Grâce au nouveau soutien de DFID, les équipes d’inhumation de la FICR disposeront du matériel indispensable: gants, désinfectants pour les mains, masques, blouses de protection, lunettes de protection, pulvérisateurs de décontamination, brancards et cordes, ainsi que des sacs pour corps à risque biologique. Les sacs mortuaires nouvellement introduits viendront également avec une fenêtre en plastique transparent afin que les membres de la famille puissent voir leur bien-aimé enterré.

L’un des principaux obstacles à la lutte contre l’épidémie d’Ebola a été la perte de confiance entre la communauté touchée et ceux qui tentent de mener la réponse. Ce nouveau soutien aidera les populations locales à mieux comprendre les précautions à prendre et les mesures préventives à prendre lors des funérailles.

La ministre pour l’Afrique, Harriett Baldwin, a déclaré: « La situation sur le terrain en RDC est extrêmement précaire. Les agents de santé opèrent dans un contexte dangereux, mais il y a aussi beaucoup de méfiance au sein de la communauté, avec certains qui pensent qu’Ebola n’est pas réel. Nous devons aider à changer cela.

Nous avons appris de la dernière épidémie en Afrique de l’Ouest que les pratiques d’enterrement sans risque étaient un véritable tournant face à la crise. Ce nouveau financement de l’aide britannique que j’annonce aujourd’hui contribuera à renforcer la confiance dans les communautés touchées en améliorant la compréhension du travail des équipes d’inhumation localement.

Nous appelons également nos partenaires internationaux à se mobiliser pour contribuer à combler le déficit de financement. Le Royaume-Uni est l’un des principaux donateurs de la riposte et nous avons besoin que d’autres suivent notre exemple. Après tout, la maladie ne respecte pas les frontières. »

Le secrétaire général de la Fédération Internationale de la Croix Rouge, Elhadj As Sy a dit: « Cette épidémie a atteint un point critique. Nous devons doubler nos efforts pour contenir, contrôler et mettre fin à cette épidémie. L’engagement et la responsabilité de la communauté seront essentiels pour une réponse efficace.

Nous remercions le gouvernement britannique pour son soutien. Cela va permettre aux volontaires de la Croix-Rouge – tous originaires de la région touchée – de maintenir leur engagement auprès des communautés, comprendre leurs craintes et leurs préoccupations et adapter notre réponse en conséquence et de manière appropriée. »

La RDC lutte contre la deuxième plus importante épidémie de l’histoire d’Ebola et la première dans une zone de conflit, avec plus de 70 groupes armés opérant dans l’est du pays. Le Compte tenu de la détérioration de la situation, le secrétaire au développement international a annoncé la semaine dernière que le Royaume-Uni fournirait davantage de fonds et enverrait davantage d’experts britanniques pour renforcer la riposte.

Après l’épidémie en Afrique de l’Ouest de 2014, DFID a financé l’essai d’un vaccin utilisé au cours de l’épidémie actuelle pour vacciner les personnes en contact avec des cas confirmés d’Ebola. Le Royaume-Uni a également fourni une expertise technique par le biais de UK.

Public Health England Rapid Support Team, ainsi que des fonds pour aider les pays voisins à se préparer si le virus mortel se propageait à travers les frontières.

(avec Hervé Ntumba)

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