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Maladie virale : Chikungunya fait des ravages en RDC

Dernière mise à jour, le 25 mai 2019 à 10:30

Dans les ménages tout comme dans les milieux hospitaliers, chikungunya fait des ravages. Confondue à la malaria, cette pathologie, qui sévit à Kinshasa et dans le Kongo central, est encore méconnue d’un grand nombre de Congolais. Conscients de ce déficit, les experts du Centre Interdisciplinaires de Gestion de Risque Sanitaire (CIGERS), en collaboration avec l’Association des Communicateurs de Santé en Afrique (ACSA), ont organisé à cet effet une matinée scientifique de vulgarisation. Tenues le mardi 14 mai dans l’enceinte du Laboratoire Vétérinaire de Kinshasa, ces assises ont eu la particularité de présenter à la presse les témoignages des rescapés de cette maladie.

« Infection virale transmise à l’homme par des moustiques infectés, le chikungunya provoque une forte fièvre (entre 39°C et 40°C) et des arthralgies (douleurs articulaires) sévères chez le patient. Cette pathologie se fait également remarquée par un certain nombre de symptômes, en l’occurrence les céphalées (migraine), la nausée, la fatigue, l’éruption cutanée, les myalgies… », a expliqué, dans son exposé, Dr Antoine Nkuba, médecin aux Cliniques Universitaires de Kinshasa et à l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB).

Dans son adresse aux professionnels des médias, le conférencier a expliqué l’origine du virus jusqu’à sa réapparition en 2018 dans la ville de Kinshasa. En effet, a-t-il souligné, le chikungunya est une maladie zoonotique dont les principaux réservoirs sont des primates, voire des oiseaux. Jadis cantonné dans les milieux sauvages, ce virus est devenu, au fil du temps, le virus a migré de milieux ruraux en milieux urbains, se transférant parallèlement des animaux aux humains, a indiqué Dr Antoine Nkuba.

UNE PATHOLOGIE TRANSMISE PAR L’AEDES

Aux dires de l’intervenant, le principal vecteur de chikungunya est un moustique, dénommé Aèdes. Cet insecte, qui pique plus le jour et le soir, et non la nuit, prélève le virus du singe, précise le chercheur de l’INRB. Il vient alors contaminer l’homme qu’il pique, note-t-il.Le conférencier a distingué deux sortes de ce moustique, en l’occurrence l’AèdesAegypti, qui a évolué en 2006, et l’Aèdes Albopictus, qui serait beaucoup plus résistant que le précédent.

Selon Dr Nkuba, le chikungunya est une maladie transmissible véhiculé par unAèdescontaminé. « Ce moustique, explique-t-il, se développe dans des gites naturels (arbres, bambous…) et dans des gites domestiques (pneus délaissés, pots de fleur, pelouse…). Par ailleurs, la présence des milieux humides faciliteaussi la multiplication des Aèdes. Le cas d’eaux mal conservées dans les maisons pendant une longue durée. Ainsi, la femelle, une fois en contact avec une goutte d’eau, pond des œufs qui finissent par éclore ».

LES SIGNES CLINIQUES ET LE TRAITEMENT

« Présent dans les quatre coins du globe, le virus de chikungunya est plus actif en Asie et en Afrique. Ses symptômes se manifestent généralement dans la semaine de l’infection, par une forte fièvre et des douleurs articulaires soudaines. Parmi les autres signes cliniques, figurent également des douleurs musculaires, des maux de tête, des vomissements, des éruptions cutanées, des boutons sur la peau, des rougeurs aux yeux, de la fatigue, de la nausée… », fait remarquer Dr Antoine Nkuba.

Comme l’attestent des sources concordantes, le médecin des Cliniques universitaires soutient que chikungunya n’a pas encore de traitement étiologique, encore moins un vaccin à administrer pour éviter la propagation de la maladie. « Seul un traitement symptomatique est faisable, assure-t-il. La prise en charge médicale permet ainsi de traiter les différents symptômes. A la longue, la plupart de patients finissent par se sentir mieux dans la semaine ou plusieurs semaines après la disparition spontanée du virus ».

LE GOUVERNEMENT APPELE A S’IMPLIQUER

Pour le conférencier, une lutte anti vectorielle est recommandée pour freiner la reproduction des Aèdes et limiter le taux de transmission. Il prône, par ailleurs, l’assainissement du milieu et des campagnes d’éducation sanitaire, ainsi que des mesures d’urgences, telles que les pulvérisations d’insecticides adulticides.

Au terme de son intervention, Dr Antoine Nkuba a mis un accent particulier sur les risques de prise des anti-inflammatoires, sans être diagnostiqué par un corps médical. Parce que, commente-t-il, l’Aèdes porte en lui un virus autre que celui du Chikungunya. Ces médicaments, conclut-il, peuvent aggraver l’hémorragie dans le cas où on est atteint d’un virus de dengue. 

(avec Tania MUBUADI et Yves KALIKAT)

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