samedi , 21 septembre 2019
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Heinz-Christian STRACHE : Un scandale qui tombe mal pour Salvini et Marine Le Pen

La grand-messe nationaliste à Milan gâchée par un scandale autrichien. Avant même le début de ce rassemblement, Heinz-Christian Strache, le chef du Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ, extrême-droite), a été contraint de démissionner de son poste de vice-chancelier samedi après avoir été mis en cause pour tentative de collusion avec la pseudo-nièce d’un oligarque russe, à qui il a demandé de financer son parti. L’eurodéputé Harald Vilimsky, tête de liste du FPÖ pour les européennes, a du coup annulé sa venue, et a été remplacé par l’eurodéputé Georg Mayer. A quelques jours du scrutin européen, ce scandale tombe mal pour Matteo Salvini et sa principale alliée Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national (RN) en France.

Les partis nationalistes réunis derrière le chef de la Ligue italienne Matteo Salvini samedi à Milan, ont fustigé l’immigration, l’islam et l’oligarchie de Bruxelles, à une semaine des élections européennes, une grand-messe toutefois gâchée par un scandale touchant leur allié autrichien.

Avant même le début de ce rassemblement, Heinz-Christian Strache, le chef du Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ, extrême-droite), a été contraint de démissionner de son poste de vice-chancelier samedi après avoir été mis en cause pour tentative de collusion avec la pseudo-nièce d’un oligarque russe, à qui il a demandé de financer son parti.

L’eurodéputé Harald Vilimsky, tête de liste du FPÖ pour les européennes, a du coup annulé sa venue, et a été remplacé par l’eurodéputé Georg Mayer, qui n’en a pas fait mention et a appelé à « stopper l’immigration de l’Afrique et du Moyen-Orient ».

A quelques jours du scrutin européen, ce scandale tombe mal pour M. Salvini et sa principale alliée Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national (RN) en France.

Devant des dizaines de milliers de ses partisans rassemblés sur la grande place du Duomo, la cathédrale de la ville, le vice-Premier ministre Matteo Salvini, s’en est pris comme les orateurs précédents à « l’Europe des élites » et « du passé ».

« Pas de racistes »

« Sur cette place, il n’y a pas d’extrémistes, il n’y a pas de racistes ou de fascistes », a-t-il lancé, devant une banderole où on pouvait lire « stop aux bureaucrates, banquiers, bien-pensants, embarcations ».

« Les extrémistes sont ceux qui ont gouverné l’Europe pendant 20 ans au nom de la pauvreté et de la précarité », a-t-il ajouté face aux bannières bleues de son parti et quelques drapeaux français de militants du RN.

Vraie star de ce rassemblement d’une douzaine de partis de la droite nationaliste, Matteo Salvini a multiplié les références à la religion catholique et aux racines judéo-chrétiennes de l’Europe, brandissant un rosaire et invoquant la Vierge Marie.

Aucune photo de famille n’a été organisée après les discours sur le podium, que Matteo Salvini a arpenté seul sous les vivas de ses partisans.

Avant-dernière oratrice de ce grand rassemblement des souverainistes, Marine Le Pen a prêté symboliquement l’hymne français de la Marseillaise à ses alliés en affirmant que « le jour de gloire » des patries était « arrivé ».

Elle a fustigé une « oligarchie sans repères », qui veut « la dilution des nations », redit « non » à l’immigration qui « submerge nos pays, met en danger la sécurité de nos peuples, de nos comptes sociaux et nos valeurs de civilisations », dans un discours lui aussi très identitaire.

« Basta islam »

« Basta islam », avait lancé plus tôt le patron du Parti de la liberté néerlandais Geert Wilders. « Les élites politiques à Bruxelles ne méritent plus notre confiance », a-t-il dit, estimant que « l’Europe a besoin de plus de Salvini ».

« On doit faire le ménage après Merkel, Juncker et Macron », a lancé le représentant du Parti du peuple danois.

Les deux ténors Salvini et Le Pen entendent souder l’alliance de ces partis, qui restent cependant divisés sur la discipline budgétaire, la répartition des migrants entrés dans l’UE, ou encore la Russie, dont le RN et la Ligue sont proches, contrairement aux anciens pays communistes.

Leur objectif est de faire du groupe Europe des nations et des libertés (ENL), où siègent déjà la Ligue, le RN, le FPÖ autrichien ou le Vlaams Belang flamand, la troisième force du Parlement européen, une place que convoitent aussi les libéraux de l’ALDE, où pourraient siéger les élus français rangés derrière le président Emmanuel Macron.

Mais ont brillé à Milan par leur absence le Premier ministre national-conservateur hongrois Viktor Orban, qui a promis à M. Salvini d’engager une « coopération » après les élections mais refuse toute alliance avec Mme Le Pen, ainsi que le PiS polonais, en dépit d’un déplacement de M. Salvini à Varsovie en janvier.

Galvanisés en dépit d’une pluie battante, les militants de la Ligue ont fêté leur « capitaine » Matteo Salvini, rêvant déjà à « une nouvelle Europe » à l’instar de Cino Maddaloni, né à Parlerme en Sicile, et qui travaille pourtant pour une agence européenne en Allemagne.

Drapeau français au-dessus de sa tête, Dominique Verny, un militant du RN venu d’Antibes, s’est lui félicité que Salvini ait « fait baisser l’immigration » alors que Macron « n’a pas pris le bâton pour la France ».

La Ligue est créditée, selon les projections du Parlement européen, de 26 eurodéputés, soit 20 de plus qu’actuellement, le RN passant à 20 élus (+5) et l’AfD à 11 (+10).

HEINZ-CHRISTIAN STRACHE EMPORTÉ PAR « L’AFFAIRE D’IBIZA »

Séisme pour l’extrême droite autrichienne à huit jours des élections européennes: son chef, Heinz-Christian Strache, a été débarqué samedi du gouvernement de Sebastian Kurz après s’être compromis avec la pseudo-nièce d’un oligarque russe dans une mise en scène destinée à le confondre.

« L’affaire d’Ibiza », coup dur pour le camp nationaliste européen, a éclaté vendredi soir avec la publication par les médias allemands Süddeutsche Zeitung et Der Spiegel d’une vidéo tournée en caméra cachée, il y a deux ans, d’une rencontre entre le chef du FPÖ et une femme qu’il croyait liée à un influent oligarque. Tous deux discutent de la possibilité d’un soutien financier russe en échange de l’accès à des marchés publics autrichiens.

Séisme pour l’extrême droite autrichienne à huit jours des élections européennes: son chef, Heinz-Christian Strache, a été débarqué samedi du gouvernement de Sebastian Kurz après s’être compromis avec la pseudo-nièce d’un oligarque russe dans une mise en scène destinée à le confondre.

Vice-chancelier depuis 18 mois, M. Strache, 49 ans, a annoncé sa démission lors d’une allocution à Vienne organisée dans l’urgence pour tenter de déminer un scandale qui fait vaciller le gouvernement de Sebastian Kurz. Le jeune chef du parti conservateur (ÖVP) est allié depuis 2017 avec le FPÖ, le parti de M. Strache.

« L’affaire d’Ibiza », coup dur pour le camp nationaliste européen, a éclaté vendredi soir avec la publication par les médias allemands Süddeutsche Zeitung et Der Spiegel d’une vidéo tournée en caméra cachée, il y a deux ans, d’une rencontre entre le chef du FPÖ et une femme qu’il croyait liée à un influent oligarque. Tous deux discutent de la possibilité d’un soutien financier russe en échange de l’accès à des marchés publics autrichiens.

« J’ai fait une erreur », a reconnu samedi M. Strache. Il démissionne aussi de ses fonctions à la tête du FPÖ, l’une des formations nationalistes les plus influentes de l’UE, alliée de Matteo Salvini en Italie et Marine Le Pen en France.

Les spéculations allaient bon train sur l’avenir de la coalition conservateurs/extrême droite, des tractations tendues se déroulant entre les deux partenaires, selon les médias. Sebastian Kurz puis le chef de l’Etat Alexander Van der Bellen s’exprimeront samedi soir.

Quelques milliers d’opposants au gouvernement étaient réunis dans le calme devant la chancellerie à Vienne, réclamant des élections anticipées et le départ des cinq autres ministres FPÖ du gouvernement, dont le sulfureux ministre de l’Intérieur Herbert Kickl.

Lors de la soirée arrosée filmée dans une villa de l’île d’Ibiza, M. Strache paraît enthousiasmé par la perspective d’un investissement russe dans le plus puissant journal autrichien, Kronen Zeitung, afin d’en faire un média pro-FPÖ.

M. Strache explique à son interlocutrice qu’il pourra en échange de ce soutien lui obtenir des marchés publics.

Comme Orban

« Elle aura tous les contrats publics remportés aujourd’hui par Strabag », un groupe autrichien de construction, acteur majeur du secteur, affirme le chef du FPÖ, selon la retranscription de ses propos.

M. Strache exclut des résistances au sein de la rédaction du Kronen Zeitung: « Les journalistes sont les plus grandes prostituées de la planète », affirme-t-il. Depuis son retour au pouvoir en 2017, le FPÖ est accusé de s’en prendre aux médias, notamment à la télévision publique ORF.

L’homme fort du FPÖ explique également vouloir « construire un paysage médiatique similaire à celui d’Orban », en Hongrie. Dans ce pays, le Premier ministre Viktor Orban est critiqué pour avoir massivement porté atteinte au pluralisme de la presse.

Le rendez-vous d’Ibiza était en fait un coup monté pour piéger M. Strache, selon les médias allemands qui affirment ne pas savoir qui est derrière cette opération.

L’ex-patron du FPÖ s’est dit victime « d’un attentat politique ciblé » et a promis une riposte judiciaire. Il a mis en cause la grande quantité d’alcool consommée ce soir-là, qui l’aurait amené à se « vanter comme un adolescent macho » pour impressionner la visiteuse jusqu’à tenir des propos « catastrophiques ».

Nébuleuse russe

Selon les extraits publiés, M. Strache décrit également un mécanisme de financement occulte de campagne permettant de tromper la Cour des comptes. Il cite des dons allant de 500.000 à 2 millions d’euros et égrène le nom de grands patrons autrichiens qui financeraient le FPÖ.

Le député Johann Gudenus, figure russophile du FPÖ, est chargé d’assurer la traduction des échanges. Le FPÖ avait signé avant son arrivée au pouvoir un accord de coopération avec Russie Unie, le parti de Vladimir Poutine, qui lui vaut des accusations récurrentes de liens troubles avec Moscou. M. Gudenus a démissionné samedi de son poste de chef du groupe parlementaire d’extrême droite.

L’eurodéputé Harald Vilimsky, tête de liste du FPÖ pour les européennes, a annulé son déplacement samedi à Milan où le leader de l’extrême droite italienne Matteo Salvini réunit le camp nationaliste avant le scrutin du 26 mai.

Le parti socialiste (SPÖ) a qualifié cette affaire de « plus grand scandale » autrichien des cinquante dernières années.

Heinz-Christian Strache avait succédé en 2005 à Jörg Haider à la tête du FPÖ dont il s’est efforcé de lisser l’image, en cultivant un profil d’élu fréquentable après avoir frayé avec les cercles néonazis dans sa jeunesse.

L’actuel ministre des Transports Nobert Hofer, finaliste de l’élection présidentielle de 2016 perdue par l’extrême droite, le remplace à la tête du FPÖ. Il est cité comme possible successeur au poste de vice-chancelier.

(avec Afp)

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