mardi , 18 juin 2019
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Bilderberg et Monsanto : Les fauteurs de troubles en France

Le noyau dur des « gilets jaunes » a manifesté samedi pour le 27e samedi consécutif, le gouvernement annonçant la plus faible mobilisation depuis le début du mouvement il y a six mois, à une semaine des élections européennes. Pour cet acte 27, ils étaient environ 15.500 samedi en France, dont 1.600 personnes à Paris, selon le ministère de l’Intérieur, soit la plus faible mobilisation depuis l’acte 1 le 17 novembre. Des estimations contestées par les « gilets jaunes » qui avancent 41.000 personnes et recensent 152 lieux de mobilisation. Les « appels nationaux » lancés à Reims et Nancy ont attiré respectivement environ 2.000 et 1.300 personnes. Des tensions y ont éclaté et la police a fait usage de gaz lacrymogène, comme à Lyon et Dijon.

« Il y a des briseurs de vie et des briseurs de vitres, regardez où est la violence », « Macron impose, la France explose », pouvait-on lire sur les banderoles du cortège à Reims, où sont venus une cinquantaine de « black bloc », selon la mairie, qui fait état d’une vingtaine de vitrines brisées. Au moins deux manifestants ont été blessés et pris en charge par les pompiers, du mobilier urbain dégradé et des poubelles enflammées, selon un journaliste de l’AFP.

« Faut aller voter, faut un maximum de votes anti-Macron, comme ça il verra bien que le peuple est pas content du tout de ce qu’il fait. Au moins là il verra bien. Allez voter, pas d’abstention, pas de vote blanc », a lancé Sébastien. Et Annie, 52 ans, d’assurer: « Aux Européennes, tout le monde ici votera contre Macron ».

A Paris, les premiers « gilets jaunes » sont arrivés sur le parvis du Sacré Cœur à Paris vers 17h30, destination finale du cortège parisien parti de la Défense en début d’après-midi.

« Motivation toujours là »

« Il y a un peu moins de monde mais la motivation est toujours là, je me bats pas pour moi mais pour mes enfants, mes petits enfants, pour tous ceux qui sont dans la misère, pour les migrants qu’ils aient une vie décente », a réagi auprès de l’AFP Patricia Richard originaire de l’Essonne, ancienne animatrice.

Selon les chiffres préfectoraux, 600 personnes ont manifesté à Lens, entre 60 et 100 au Touquet, 90 à Nogent-sur-Oise, un millier à Montpellier, 900 à Alès.

« Ceux qui ne nous comprennent pas pensent que nous en voulons toujours plus. Alors que nous voulons juste mieux vivre. Mais qui est capable de vivre avec 900 euros ? Quand j’entends Macron dire qu’il a fait sa part, je ne peux pas être d’accord, et ça me mobilise d’autant plus ! », a réagi Virginie, secrétaire de direction venue à Montpellier, où ils étaient un millier.

Le président de la République a en effet estimé vendredi le mouvement des « gilets jaunes » n’avait « plus de débouché politique », appelant « au calme » ceux qui continuent à manifester et les invitant à voter, voire à se présenter aux élections.

« Le gouvernement va peut-être remporter cette manche mais on a semé des graines », jugeait à Toulouse, où ils étaient environ deux milliers, Aurélien, un inventoriste trentenaire « gilet jaune » de la première heure. Et tire un bilan positif d’une mobilisation « qui a fait tomber les masques d’un pouvoir autoritaire » et a réussi, selon lui, « à saper à l’international l’image de Macron et à lui infliger un peu de burn-out ».

A Bordeaux, qui fut l’une des places du mouvement, seuls quelque 450 « gilets jaunes » ont manifesté et rejoint le défilé contre Bayer-Monsanto, dont le mot d’ordre était « Monsanto, gilets jaunes, même combat! ». A Besançon le cortège de 300 « gilets jaunes » a rejoint le rassemblement pour la journée de lutte contre l’homophobie et la transphobie.

Si le 1er mai avait largement rassemblé syndicats et « gilets jaunes », l’acte 26 avait réuni 18.600 manifestants en France selon le décompte gouvernemental contesté par les « gilets jaunes », qui en dénombraient 37.500.

BAYER-MONSANTO FAIT L’OBJET D’UNE ENQUÊTE EN FRANCE

Quelques milliers de personnes se sont réunies samedi à Paris, Lyon, Bordeaux ou Lille pour dénoncer les activités de Bayer-Monsanto et autres géants de l’agro-chimie et réclamer un autre modèle agricole, alors que Monsanto a subi plusieurs revers judiciaires dans le monde et fait l’objet d’une enquête en France.

Sur les quais de la Garonne à Bordeaux, 1.400 personnes, dont 450 gilets « jaunes » selon la préfecture, ont défilé dans une ambiance bon enfant, reprenant en choeur « nous sommes les mêmes: fin du monde, fin du mois, même combat ».

A Paris, entre 600 et 700 personnes sont parties de la place de la République. Quelques « gilets jaunes » se sont joints aux manifestants, dont des militants de Greenpeace et d’Attac, des sympathisants EELV ou LFI, autour d’un char représentant une abeille et d’une Marianne portant un coquelicot en cocarde, à l’image des signataires d’un appel contre les pesticides de synthèse.

Serge Chaumier, professeur d’université à Arras, veut « montrer qu’on est nombreux à ne pas être d’accord pour la vente et l’utilisation du glyphosate ». Il arbore une pancarte avec le chiffre 1,07 (ng/ml), le taux de glyphosate détecté lors d’un test urinaire. « 100% des gens testés ont du glyphosate », lance-t-il.

A Toulouse, une cinquantaine de manifestants, certains revêtus d’une combinaison blanche et brandissant des pulvérisateurs, d’autres déguisés en abeilles se sont allongés dans une des artères les plus commerçantes de la ville, puis devant le monument aux morts de la ville.

« Monsanto est un vendeur de mort depuis toujours, de l’agent orange aux plantes OGM, mais ils n’est pas le seul, c’est contre toute l’industrie agrochimique que nous sommes là », expliquait Magali Lauriot, une militante de 54 ans.

Si elle se félicitait des « déboires » connus par le groupe racheté par Bayer, elle jugeait qu’il n’en subissait « pas encore assez ».

Monsanto enchaîne ces derniers mois les revers judiciaires liés au glyphosate, le principe actif de son désherbant à succès, le Roundup. Le chimiste allemand Bayer a vu s’évanouir près de 45% de sa capitalisation depuis qu’il a racheté le groupe américain en juin 2018.

Bayer est également aux prises avec une polémique en France autour d’un fichage – par une agence de communication employée par Monsanto – de centaines de personnalités concernant leur position sur les OGM ou le glyphosate.

En Bretagne, environ 1.600 personnes ont défilé à Lorient, selon la préfecture. Entre 500 et 600 personnes ont défilé à Lyon, 350 à Chalon-sur-Saône et 80 environ à Gap, selon la préfecture. A Lille, entre 200 et 300 personnes, élus et militants politiques (LFI, EELV), syndicalistes (CGT), militants associatifs (Générations futures) et « gilets jaunes », ont défilé. Pour Nathalie, assistante maternelle « gilet jaune » de 50 ans, leurs revendications et la lutte contre les pesticides, « c’est la même bataille, contre le capitalisme qui détruit la planète et nous empoisonne ».

A Strasbourg, une quarantaine de personnes se sont rassemblées place de la République. Des marches étaient prévues dans 37 villes en France et dans d’autres pays d’Europe (Allemagne, Portugal, Serbie, Chypre), en Inde et aux Etats-Unis (San Diego, Californie et Austin, Texas) ainsi qu’au Mexique, au Chili et en Argentine et à Perth, en Australie, selon les organisateurs.

« Nous sommes fiers du travail que nous faisons », a réagi Bayer dans une réaction transmise à l’AFP. « Nous savons que les gens ont différents points de vue sur ces sujets et il est important qu’ils puissent les exprimer et les partager. »

(avec Afp)

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