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Poignée de main entre Fatshi, président de la RDC et Lagarde, présidente du FMI.
Poignée de main entre Fatshi, président de la RDC et Lagarde, présidente du FMI.

RDC : Fatshi à le peuple comme seule arme pour déboulonner le système Kabila

Dernière mise à jour, le 22 mai 2019 à 01:09

Après deux reports, la conférence de presse que doit tenir la présidence de la République, a été renvoyée sine die. La conférence de presse du chef de l’Etat devait porter essentiellement sur le bilan de son programme d’urgence de 100 jours, lancé en grande pompe le 2 mars 2019 à Kinshasa. Si la communication du chef de l’Etat est censée se focaliser sur son programme d’urgence de 100 jours, dans l’opinion, on veut voir le président de la République prendre le taureau par les cornes et crever l’abcès en abordant toutes les questions qui laissent pantois l’ensemble du peuple congolais. C’est le cas, notamment, de ce grand retard accumulé dans la nomination du Premier ministre, tout comme l’omniprésence des hommes de Kabila dans les secteurs clés de la vie nationale. Le peuple congolais, qui a placé toute sa confiance au président Félix Tshisekedi, attend de ce dernier des réponses qui rassurent pour nourrir le rêve d’un Congo meilleur.

Après deux reports, la conférence de presse que doit tenir la présidence de la République, a été renvoyée sine die. Selon les dernières nouvelles, en lieu et place de son porte-parole, c’est le chef de l’Etat en personne qui devra se présenter, le moment venu, devant la presse pour faire l’état des lieux de ses 100 jours aux commandes de la RDC. Mais, dans l’opinion, on attend voir le chef de l’Etat aller au-delà de ce bilan de début de mandat et, surtout, dire toute la vérité au peuple congolais sur ces questions qui plombent la marche de la République.

En principe – c’est ce que rapporte les sources internes de la présidence de la République – la conférence de presse du chef de l’Etat devait porter essentiellement sur le bilan de son programme d’urgence de 100 jours, lancé en grande pompe le 2 mars 2019 à Kinshasa. Un moment de vérité pour le chef de l’Etat qui devra déballer ce qui a été fait et ce qui reste à faire dans la mise en œuvre de ce programme qu’il a présenté pour inaugurer son mandat. Les attentes sont nombreuses. Tout comme les questions qui demeurent jusque-là sans réponses.

Si la communication du chef de l’Etat est censée se focaliser sur son programme d’urgence de 100 jours, dans l’opinion, on veut voir le président de la République prendre le taureau par les cornes et crever l’abcès en abordant toutes les questions qui laissent pantois l’ensemble du peuple congolais. C’est le cas, notamment, de ce grand retard accumulé dans la nomination du Premier ministre, tout comme l’omniprésence des hommes de Kabila dans les secteurs clés de la vie nationale. Le peuple congolais, qui a placé toute sa confiance au président Félix Tshisekedi, attend de ce dernier des réponses qui rassurent pour nourrir le rêve d’un Congo meilleur.

Que dira donc le chef de l’Etat ? A cette question, les pronostics sont ouverts. Si pour certains, les 100 jours de Félix Tshisekedi sont marqués par des signaux positifs qui semblent réellement marquer la rupture avec les 18 ans de Joseph Kabila, il persiste encore des zones d’ombre qui laissent planer ça et là l’ombre de l’autorité morale du FCC. L’opinion s’interroge. Jusques à quand, se dit-elle, Joseph Kabila continuera à régenter la vie politique en RDC.

En effet, l’élection de Félix Tshisekedi a été une agréable surprise. Il a déjoué tous les plans du FCC en battant Emmanuel Ramazani Shadary, candidat favori de l’ex-majorité au pouvoir. Mais en même temps, des analystes se sont perdus dans des conjectures en faisant plusieurs simulations.  Les uns ont fait état d’un deal, non encore révélé, conclu entre Félix Tshisekedi et son prédécesseur, Joseph Kabila. Avec le temps, les faits commencent à donner raison aux tenants de cette thèse.

A ce jour, soit quatre mois après l’investiture de Félix Tshisekedi, la RDC n’a toujours pas de Premier ministre. Sur le terrain politique, c’est le FCC, la plateforme politique de Joseph Kabila, qui règne en maître, jouissant d’une écrasante majorité au Parlement et dans différentes assemblées provinciales.

Au niveau des entreprises, établissements et services publics, tout se passe comme si le régime n’avait pas changé des mains à Kinshasa. Les hommes de Joseph Kabila sont bien en place, se pavanant dans tous les couloirs du pouvoir comme pour narguer ce peuple qui a cru en la rupture avec l’ère Kabila. Bref, c’est le statu quo.

Briser la glace

Que le chef de l’Etat se décide aujourd’hui à parler à son peuple, via la presse, c’est le moment de briser la glace. Le compte rendu de la mise en œuvre du programme de 100 jours n’est pas l’idéal. Pour confirmer l’alternance, devenue effective depuis le 24 janvier 2019, c’est le moment pour le chef de l’Etat de dire toute la vérité au peuple qui passe pour le moment, comme la seule arme à sa disposition pour « déboulonner », comme il l’a promis, le système Kabila.

Certes, le régime Tshisekedi a démarré, mais on a l’impression que ça patauge. Le train a tout de même quitté la ville, mais son rythme de progression est tel qu’on ne sent pas sa capacité à relever les défis lorsqu’il faudra s’attaquer aux tares léguées à la nation par les 18 sombres années de Joseph Kabila.

Plus d’une fois, le président Félix Tshisekedi s’est entretenu avec son prédécesseur, Joseph Kabila. Qu’est-ce qu’ils se sont dit ? Pourquoi la machine des réformes tarde-t-elle à se mettre en mouvement ? Y aurait-il des verrous insurmontables qui plombent le travail de Félix Tshisekedi dans sa volonté d’insuffler réellement un vent de changement en RDC ?

Au nom du slogan, devenu désormais célèbre, « le Peuple d’abord », le chef de l’Etat ne devrait donc pas, au moment il se présente devant la presse, se perdre en conjectures sans nommer le mal qui plombe son mandat. Les premiers mois de son mandat prouvent à suffisance qu’il y a encore de la résistance, particulièrement de la part des acteurs qui ont œuvré sous le régime Kabila. L’opinion publique, qui n’est pas dupe du tout, attend du chef de l’Etat des paroles qui vont raviver ce rêve de l’alternance démocratique.

Entre ses mains, le président Félix Tshisekedi dispose d’une arme fatale. Elle est incarnée par le peuple congolais, dans son ensemble. Celui-ci place sa confiance en lui pour donner un nouvel élan à la République démocratique du Congo et au finish vivre le bien-être devenu un slogan des régimes passés. Le peuple est prêt à redresser son front longtemps courbé pour bâtir réellement un pays plus beau qu’avant. Pour y arriver, il urge de faire sauter un certain nombre de goulots d’étranglement. 

Depuis son dernier séjour aux Etats-Unis, le président Félix Tshisekedi a cerné le problème, promettant de tout mettre en œuvre pour « déboulonner » le système Kabila. Sa grande force dans cette dure batille, il devra la puiser dans le peuple.

Avec cette conférence de presse, Félix Tshisekedi a l’occasion de sceller un nouveau pacte avec le peuple pour obtenir son plein soutien dans le travail de refondation de l’Etat. Il doit donc donner les gages non seulement de sa bonne foi, mais aussi de sa capacité à engager la RDC dans la voie de la rupture avec les 18 ans de Kabila. Ce pacte, il ne peut l’avoir qu’en disant toute la vérité à son peuple.

Toute la vérité sur ses rapports nébuleux avec Joseph Kabila, toute la vérité sur le retard dans la nomination d’un Premier ministre, toute la vérité sur sa ferme volonté de déboulonner le système. C’est à ce prix, rien qu’à ce prix qu’il aura enfin l’appui total du peuple congolais ; l’arme fatale dont il dispose face à ceux qui tentent de torpiller son mandat.

(avec lePotentiel)

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