lundi , 16 décembre 2019
Accueil / Afrique / Succession de Fatshi : Guerre à l’UDPS/Tshisekedi
Jacquemain SHABANI, ancien secrétaire général de l'UDPS/Tshisekedi.
Jacquemain SHABANI, ancien secrétaire général de l'UDPS/Tshisekedi.

Succession de Fatshi : Guerre à l’UDPS/Tshisekedi

Dernière mise à jour, le 18 mai 2019 à 12:20

Élu Président de la république, Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi dit Fatshi, alors président de l’UDPS/Tshisekedi, pour se conformer à la Constitution, a signé le 22 janvier, un « mandat spécial » à Jean-Marc Kabund A Kabund, secrétaire général de l’UDPS, aux fins d’assumer son intérim à la tête du parti en usant de toutes les prérogatives reconnues au président du parti jusqu’à la fin de son indisponibilité. Ce qui n’était pas du goût de toute la base de la formation tshisekediste dont certains le feront savoir. Le 27 avril dernier, contestant la nomination de Kabund à la tête de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS/Tshisekedi), la Convention met en place un directoire comprenant notamment Wakwenda et Shabanipour conduire le parti. Les membres de ce directoire étaient en train d’aller en réunion ce mercredi soir 8 mai au siège du parti. C’est sur ces entrefaites que les pro-Kabund leur ont refusé l’accès à l’autre camp dans le rang duquel on retrouvait deux figures de l’UDPS, Victor Wakwenda et Jacquemin Shabani, respectivement présidentsde la Convention du parti (CDP) et de la Commission électorale permanente. Ce refus a entraîné alors la bagarre rangée que tous déplorent. 

Des bagarres d’une rare violence ont opposé, mercredi soir 8 mai, deux camps rivaux de combattants UDPS, à la permanence du parti, sur la 11ème rue Limete, à hauteur du Boulevard Lumumba. Ces deux groupes symbolisent en fait deux courants d’idées opposés au sein de la base du parti au sujet notamment de la succession de FATSHI à la tête l’UDPS.

Elu Président de la république, Félix Tshisekedi, alors président del’UDPS, pour se conformer à la Constitution, a signé le 22 janvier – soit deux jours avant sa prestation de serment – un « mandat spécial » à Jean-Marc Kabund A Kabund, secrétaire général de l’UDPS, aux fins d’assumer son intérim à la tête du parti en usant de toutes les prérogatives reconnues au président du parti jusqu’à la fin de son indisponibilité. Ce qui n’était pas du goût de toute la base de la formation tshisekediste dont certains le feront savoir.

Le 27 avril dernier, contestant la nomination de Kabund à la tête de l’UDPS, la Convention met en place un directoire comprenant notamment Wakwenda et Shabanipour conduire le parti.Les membres de ce directoire étaient en train d’aller en réunion ce mercredi soir 8 mai au siège du parti. C’est sur ces entrefaites que les pro-Kabund leur ont refusé l’accès à l’autre camp dans le rang duquel on retrouvait deux figures de l’UDPS, Victor Wakwenda et Jacquemin Shabani, respectivement présidentsde la Convention du parti (CDP) et de la Commission électorale permanente. Ce refus a entraîné alors la bagarre rangée que tous déplorent. Pour savoir ce qui se passe au sein de ce parti, Forum des As a interrogé les protagonistes de deux camps.

APPLIQUER L’ARTICLE 26 DES STATUTS

Pour les partisans dits de Jacquemin Shabani, l’UDPS est dans une mutation due à la disposition statutaire par rapport au fait que le président du parti ne peut plus exercer ses fonctions, parce que devenu Président de la république. Ils appellent, de ce fait, à l’application de l’article 26 des statuts. « Le Directoire se met en place conformément à l’article 26 », insiste un cadre du parti.

Cet article stipule : « En cas de démission, d’empêchement définitif, d’expiration de mandat ou d’interdiction d’exercer du président du parti, un directoire, composé du président en exercice de la Convention démocratique du parti, du secrétaire général du parti et du président de la commission électorale permanente du parti, assume son intérim pour un délai ne dépassant pas 30 jours, au cours duquel il est tenu de convoquer une session extraordinaire du congrès en vue de l’élection d’un nouveau président du parti. Les décisions pendant l’intérim doivent être prises par consensus ».

Le camp Pro-Jacquemin Shabani plaide pour le « respect des textes. L’UDPS s’est battu pour des principes. On doit d’abord être rigoureux nous-mêmes, on se l’applique nous-mêmes et on le fait appliquer au Congo », soutient-il. Ce n’est pas tout. « Dans nos statuts, il est dit que, pour avoir des responsabilités au niveau du parti, il faut être disponible. »

Pour ce groupe, « les contradictions actuelles au sein du parti sont le fait de douleurs d’enfantement d’une mutation. On reste optimiste, on va discuter entre nous, on va arriver à avoir une compréhension commune et aller de l’avant. On est une grande famille ».

« Nous sommes dans un cas d’empêchement temporaire, et non définitif. Ce n’est pas l’article 26 qui règle cela »

Dans le camp des Pro-Kabund, on explique que « Shabani et ses collègues ont voulu faire un passage en force et ils ont été repoussés. Il n’est pas question d’un Directoire à mettre en place au parti. Ce sont des anarchistes qui vont à l’encontre du bon fonctionnement du parti».Pour eux, « la CDP n’est pas encore en place, elle est en train d’être constituée. »

Quant à l’art 26 des statuts, « il s’applique en cas d’empêchement définitif du président. En 2007, le président Etienne Tshisekedi est tombé malade. Il est allé aux soins et était resté trois ans en Europe. Il n’était revenu qu’en 2010. On n’a pas organisé un Congrès pour le remplacer… L’article 26 ne s’applique pas pour un fonctionnement temporaire », souligne, secrétaire national et chef de département Communication.

« Dans le cas présent, poursuit-il, l’empêchement de Félix est temporaire, pas définitif. Cet article 26 ne s’applique pas en ce moment-ci». Pour Simon Adrien Kalenga, c’est un problème à poser à la présidence du parti et celui-ci, dans son fonctionnement normal, programme les choses. « Ce ne sont pas des individus, piqués par on ne sait quel moustique, qui vont chercher à imposer des choses pendant qu’ils n’ont pas mandat. Nos amis là sont totalement à côté.Nous craignons qu’ils soient sous l’influence d’une main noire. »

« La CDP n’est pas convoquée par Jacquemin et ses collègues. C’est un organe qui est mis en place par la présidence du parti. C’est à ce titre là que le président Félix Tshisekedi avait pris deux décisions, l’une désignant les membres de la composante des représentants, l’autre convoquant la session de la CDP. Mais cette convocation, l’exécution était confiée au directeur de cabinet du président du parti qui va notifier aux différentes composantes le jour et le lieu de la tenue de cette première session de la convention… »

Pour l’instant, explique Simon Adrien Kalenga, « compte tenu des urgences qu’il y a au pays, pour aider le Président de la république à faire son travail, le parti est en discussion avec les partenaires politiques pour la mise en place du Gouvernement. »

Au regard des incidents de mercredi, des voix s’élèvent pour solliciter l’implication de FATSHI pour éviter l’implosion du parti présidentiel. 

(avec Didier KEBONGO)

A lire aussi

Vérité des urnes : Nous devons évoluer

Martin Fayulu, qui continue à revendiquer la victoire à la présidentielle du 30 décembre 2018, …

Laisser un commentaire