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RDC : Désordre au niveau du Cabinet de Fatshi

Dernière mise à jour, le 19 mai 2019 à 03:02

En l’espace de trois mois, certaines personnes assumant des responsabilités à la présidence de la République se comportent comme si le cabinet du Chef de l’Etat n’était régi par aucun texte et qu’il leur appartient d’inventer la roue. A force de prendre des initiatives qui mettent à mal le Chef de l’Etat et son collaborateur le plus immédiat, à savoir son Directeur de cabinet, elles donnent de la présidence de la République l’image d’une structure où certains n’obéiraient à aucune règle d’éthique et de déontologie. Dans le souci de rappeler à tous que l’administration de la présidence de la République est régie par des textes légaux et son personnel astreint au respect d’une déontologie, aucun acte indélicat ne devrait rester impuni. 

Documents ultra-sensibles en libre circulation dans les réseaux sociaux, projets de discours remis aux diplomates ou à la presse avant leur lecture officielle par le Chef de l’Etat, décisions administratives cassant des ordonnances présidentielles : cela commence à faire un peu désordre au niveau du Cabinet du Chef de l’Etat. La dernière bourde en date est signée Assistant logistique, qui a décidé de nommer un Directeur des Opérations de l’Aviation Présidentielle, sans l’aval de la hiérarchie.

Bien que le Directeur de cabinet du Chef de l’Etat ait réagit avec promptitude, en faisait remarquer à son auteur son caractère illégal et en lui exigeant des explications urgentes, le mal est fait. Il a été constaté, qu’en l’espace de trois mois, certaines personnes assumant des responsabilités à la présidence de la République se comportent comme si le cabinet du Chef de l’Etat n’était régi par aucun texte et qu’il leur appartient d’inventer la roue. A force de prendre des initiatives qui mettent à mal le Chef de l’Etat et son collaborateur le plus immédiat, à savoir son Directeur de cabinet, elles donnent de la présidence de la République l’image d’une structure où certains n’obéiraient à aucune règle d’éthique et de déontologie.

Dans le souci de rappeler à tous que l’administration de la présidence de la République est régie par des textes légaux et son personnel astreint au respect d’une déontologie, aucun acte indélicat ne devrait rester impuni. Dans la droite ligne de la vision du Chef de l’Etat, qui a place l’impunité au premier rang des antivaleurs à combattre dans ce pays, sous son mandat, c’est le moment ou jamais de faire le ménage à la présidence de la République, à travers des sanctions extrêmes contre les auteurs des fuites d’informations et de documents officiels dans les réseaux sociaux ainsi que ceux qui s’illustrent par des nominations et mises en place qui ne relèvent pas de leurs compétences.

VITAL KAMERHE INTERPELLE

La nomination du Directeur des opérations de l’aviation présidentielle est loin de faire l’unanimité. Prise par l’Assistant logistique au Cabinet du chef de l’Etat, à travers  »sa lettre sans numéro du 4 mai 2019 », cette décision est loin de plaire à Vital Kamerhe. Le Directeur de cabinet du Président Félix Tshisekedi taxe cette mesure  »d’usurpation de pouvoir, la compétence d’un tel acte ne revenant qu’au Président de la république ». Raison pour laquelle il lui a adressé une demande d’explication.

Dans une correspondance dont une copie a atterri le week-end à la rédaction de  »Forum des As », Vital Kamerhe se montre beaucoup plus explicite : « La nomination aux fonctions susvisées ayant été faite par l’Ordonnance n015/073 du 16 septembre 2015, tout remplacement éventuel à ce niveau ne peut être fait que par une autre Ordonnance, en vertu du principe de parallélisme de forme. Cela étant une faute très lourde aux conséquences administratives et pénales, je vous demande de m’en présenter des explications dans un délai de 24 heures dès réception de la présente ».

Interpellé à ce propos, Jean-Paul Malamba Mutekemena, l’Assistant logistique au Cabinet du chef de l’Etat, a vite fait de se justifier auprès du Dircab du Président de la République à travers une correspondance. « Ma décision d’avoir désigné un Directeur des opérations de l’aviation présidentielle relève du souci de respecter la règlementation dans le domaine de l’aviation, qui veut que tous les exploitants aériens, y compris l’Aviation présidentielle, doivent nommer un professionnel de l’aviation à ce poste », rétorque-t-il.

« JE N’AI COMMIS AUCUNE FAUTE »

« La personne nommée à ce poste, pilote de son état, est un professionnel de l’aviation, dont la longue carrière ainsi que les bons et loyaux services rendus à la Nation, via l’Aviation présidentielle, nous a semblé être la personne idoine à qui nous pouvions confier cette charge », argumente Jean-Paul Malamba Mutekemena.

« Il ne fait donc l’ombre d’aucun doute que je n’ai commis aucune faute, de quelle que nature que ce soit, étant donné que l’acte par moi posé relève bel et bien de ma compétence… Il vous souviendra que, lors d’un de nos échanges sur la question de l’Aviation présidentielle dans votre office, je vous ai dit avoir reçu des instructions claires sur ce sujet, de la part du chef de l’Etat qui me lit en copie », précise l’Assistant logistique au Cabinet du Président Félix Tshisekedi.

QUAND L’ACCUSE CHANGE DE FUSIL D’EPAULE

Jean-Paul Malamba se réfère à ce propos  »aux dispositions de l’article 23 de la décision n°09/002 du 20 janvier 2009, portant organisation et fonctionnement des collèges des Conseillers, des Services personnels du chef de l’Etat ainsi que de tous les autres services du Cabinet du Président de la République ».

« Les membres des services personnels, souligne l’article 23, sont à la disposition exclusive du chef de l’Etat et accomplissent toutes les missions que le Président de la république leur confie. Ils rendent compte de leurs missions directement au Président de la république ou au Directeur de Cabinet du Président de la république, sur instruction personnelle du chef de l’Etat ».

Au terme de  »cet argumentaire », Jean-Paul Malamba change de fusil d’épaule : « Excellence Monsieur le Directeur de cabinet, c’est ici l’occasion de rappeler que l’illégalité et l’usurpation des pouvoirs sont plutôt cristallisées dans le chef de l’Assistant logistique sortant, qui fut nommé en son temps par l’Ordonnance n°15/073 du 16 septembre 2015, dont vous faites mention dans votre courrier sus évoqué, du reste abrogée à ce jour, qui profitant de cet état des choses pour le moins confus, causé par le défaut de la remise et reprise, continue à poser des actes à ce titre, aux vues et aux sus de tous, en toute illégalité, sans que personne ne lui demande une quelconque explication ».

(avec lePhare et Yves KALIKAT)

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