vendredi , 24 mai 2019
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RDC : Les coulisses de la libération de Muanda NSEMI

Dans un document adressé le 10 mars dernier au Président Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi dit Fatshi, les jeunes réunis au sein de l’Alliance fraternelle de la jeunesse intellectuelle du Kongo central (AFJIK), avaient sollicité le retour au bercail de leur leader – Zacharie Ne Muanda Nsemi. Par le même mémo, cette Alliance des jeunes du Kongo central avaient tordu le cou aux folles rumeurs répandues dans les rues de la capitale, selon lesquelles « Ne Muanda Nsemi était tué par étranglement, par dissolution dans un fut d’acide ou encore jeté dans le fleuve, après que son corps a été découpé en plusieurs morceaux ». Ces jeunes qui attendaient sereinement depuis des mois, le retour de leur « timonier », pour ne pas dire « leader éclairé », avaient salué ce qu’ils avaient considéré comme initiatives louables, courageuses et déterminantes de Félix Tshisekedi qui, selon eux, redonnaient de l’espoir au peuple congolais. Notamment dans le volet décrispation du climat politique de plus en plus effective. Dans leur conclusion, les membres de l’Alliance fraternelle des jeunes intellos du Kongo central avaient noté avec insistance que gracier Ne Muanda Nsemi et organiser son retour en digne fils du pays, ne ferait que garantir le soutien du peuple Ne Kongo au mandat actuel de Félix Tshisekedi. « Le retour en homme libre de Ne Muanda Nsemi sur la scène politique congolaise contribuera de manière sensible à renforcer et à consolider la cohésion, la réconciliation et l’unité nationales qui demeurent votre cheval de bataille », avaient souligné ces jeunes qui, plus d’un moins seulement après, peuvent légitimement prétendre avoir été entendu par le Chef de l’Etat.

On ne l’avait plus ni vu ni entendu après son évasion le 17 mai 2017, de sa cellule du Centre pénitencier de rééducation de Kinshasa (CPRK). Lui, c’est Ne Muanda Nsemi que certains Kinois avaient déjà considéré soit comme « liquidé », soit porté disparu. En l’absence d’une information officielle, normal que la radio trottoir arrose les coins et recoins de la capitale.

Cependant, avec le recul du temps, les deux thèses sur la mort par assassinat du leader du parti politique Bundu dia Mayala (BDM), s’est avérée infondée. Ne Muanda Nsemi est bel et bien en vie. C’est cet homme en costume bleu foncé, chemise blanche et cravate bleue, qui réapparait donc après environ deux ans. Il a été présenté lundi 6 mai à la presse, par Joseph Olenghankoy, président du Comité national du suivivi de l’acord de la Saint sylvestre 2016 (CNSA).

Afin que nul n’en prétexte ignorer, Joseph Olenghankoy précise que le retour en homme libre de ne Muanda Nsemi, en cavale depuis son évasion de la prison de Makala, le 17 mai 2017, est à inscrire dans le cadre de décrispation politique prônée par le président Félix Tshisekedi, dans son discours d’investiture le 24 janvier dernier. « Il est chez lui. Il est dans le pays de ses ancêtres e personne ne va l’inquiéter. Sa contribution est aussi nécessaire pour le développement de notre pays », a ponctué le numéro 1 du CNSA.

Aussitôt après la présentation aux professionnels des médias, Ne Muanda Nsemi, poursuit Joseph Olenghankoy, devait immédiatement être conduit à sa résidence située au quartier Ma campagne, abandonnée après des semaines d’échauffourées entre des éléments de la Police nationale congolaise (PNC) et les fidèles de Bundu Dia Mayala, communément appelés « Makesa ».

« PAS DE DEVELOPPEMENT DANS UN PAYS DONT LES CITOYENS SONT CONSATMMENT INQUIETES »

Ne Muanda Nsemi est aussi connu par son incapacité à retenir sa langue. Dans une courte adresse à la presse hier, l’incontestable leader du mouvement politico-religieux Bundu Dia Mayala, a déclaré qu’un pays dont les citoyens sont constamment inquiétés, ne se développera pas. « Je suis revenu pour participer au développement de mon pays. Travailler avec la Gauche et la Droite », a-t-il poursuivi, avant de promettre aux journalistes qu’il organisera une conférence de presse dans les tous prochains jours, afin de répondre à toutes leurs préoccupations.

Pour la petite histoire, Ne Muanda Nsemi avait été arrêté dans la soirée du vendredi 3 mars 2017, après de violents accrochages entre ses adeptes et la Police. Parmi les griefs formulés à sa charge, il y avait, entre autres, l’outrage au chef de l’Etat d’alors, Joseph Kabila et l’incitation à la violence. L’offensive de la Police contre sa résidence s’était soldée par la mort de quelque quatre personnes.

Si la réapparition de Ne Muanda Nsemi constitue un événement pour la plupart des Congolais en général et Kinois en particulier, elle est cependant, moins nouvelle dans les milieux de ses proches. Pour preuve, dans un communiqué publié le 24 avril dernier, le porte-parole de Ne Muanda Nsemi avait annoncé le retour imminent de leur dernier à Kinshasa, sollicitant à cet effet, une contribution des gens de bonne foi pour accélérer et finaliser les travaux d’assainissement de la résidence du leader des Ne Kongo. Pillée de fond en comble, celle-ci doit-être rééquipée.

DES ACTIONS EN FAVEUR DU RETOUR

Le retour de Zacharie Ne Muanda Nsemi au pays et en homme libre, n’est pas un fait isolé. Bien au contraire. Des actions ont été menées dans ce sens par ceux-là même qui croient en l’idéal de son combat. Le cas des jeunes réunis au sein de l’Alliance fraternelle de la jeunesse intellectuelle du Kongo central (AFJIK). Dans un document adressé le 10 mars dernier au Président Félix Tshisekedi, ces jeunes avaient justement sollicité le retour au bercail de leur leader.

Par le même mémo, cette Alliance des jeunes du Kongo central avaient tordu le cou aux folles rumeurs répandues dans les rues de la capitale, selon lesquelles « Ne Muanda Nsemi était tué par étranglement, par dissolution dans un fut d’acide ou encore jeté dans le fleuve, après que son corps a été découpé en plusieurs morceaux ». Ces jeunes qui attendaient sereinement depuis des mois, le retour de leur « timonier », pour ne pas dire « leader éclairé », avaient salué ce qu’ils avaient considéré comme initiatives louables, courageuses et déterminantes de Félix Tshisekedi qui, selon eux, redonnaient de l’espoir au peuple congolais. Notamment dans le volet décrispation du climat politique de plus en plus effective.

Dans leur conclusion, les membres de l’Alliance fraternelle des jeunes intellos du Kongo central avaient noté avec insistance que gracier Ne Muanda Nsemi et organiser son retour en digne fils du pays, ne ferait que garantir le soutien du peuple Ne Kongo au mandat actuel de Félix Tshisekedi. « Le retour en homme libre de Ne Muanda Nsemi sur la scène politique congolaise contribuera de manière sensible à renforcer et à consolider la cohésion, la réconciliation et l’unité nationales qui demeurent votre cheval de bataille », avaient souligné ces jeunes qui, plus d’un moins seulement après, peuvent légitimement prétendre avoir été entendu par le Chef de l’Etat. 

(avec Grevisse KABREL)

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