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Martin FAYULU MADIDI, lors d'un meeting public a la Place de la Poste, Kisangani, Mai 2019.
Martin FAYULU MADIDI, lors d'un meeting public a la Place de la Poste, Kisangani, Mai 2019.

RDC : Passage à tabac et arrestations des militants de Fayulu

Dernière mise à jour, le 16 mai 2019 à 12:51

Des sympathisants de Martin Fayulu ont effectué lundi dans la matinée, le déplacement pour le siège de la Police judiciaire, pour assister à l’audition de leur leader. Malgré le report sine die de cette étape qui pourrait donner lieu à l’ouverture d’un dossier au niveau des tribunaux de juridiction, des militants de Fayulu ne l’ont pas entendu de cette oreille. Tous, en file indienne, déclaraient que leur leader n’avait pas été expressément notifié du report de son audition. Au cours d’un point de presse, Martin Fayulu a déclaré que la Police judiciaire est revenue sur son invitation, « rapportant notre audition à une date ultérieure ». Aussi, le candidat Lamuka à la présidentielle du 30 décembre dernier, s’est-il félicité de la mobilisation des Congolais derrière lui. Mais en plus de ce satisfécit, Martin Fayulu a déploré et condamné les arrestations qu’il qualifie d’arbitraires, et le passage à tabac de paisibles concitoyens. Aussi, a-t-il exigé la libération, sans condition, de ses sympathisants aux arrêts.

Des sympathisants de Martin Fayulu ont effectué hier lundi dans la matinée, le déplacement pour le siège de la Police judiciaire, pour assister à l’audition de leur leader, initialement invité ce jour, par le Commissaire général adjoint chargé de la Police judiciaire.

Malgré le report sine die de cette étape qui pourrait donner lieu à l’ouverture d’un dossier au niveau des tribunaux de juridiction, des militants de Fayulu ne l’ont pas entendu de cette oreille. Tous, en file indienne, déclaraient que leur leader n’avait pas été expressément notifié du report de son audition. D’où, la mobilisation, au prorata de la base de l’Ecide, observée hier sur quelques artères de la ville de Kinshasa.

Au cours d’un point de presse, Martin Fayulu a déclaré que la Police judiciaire est revenue sur son invitation, « rapportant notre audition à une date ultérieure ». Aussi, le candidat Lamuka à la présidentielle du 30 décembre dernier, s’est-il félicité de la mobilisation des Congolais derrière lui. Mais en plus de ce satisfécit, Martin Fayulu a déploré et condamné les arrestations qu’il qualifie d’arbitraires, et le passage à tabac de paisibles concitoyens. Aussi, a-t-il exigé la libération, sans condition, de ses sympathisants aux arrêts.

Cependant, dans la perspective de sa nouvelle invitation par la Police, Martin Fayulu compte sur l’accompagnement des Congolais. « Aussitôt que nous recevrons une nouvelle invitation de la Police ou de n’importe quelle autre instance judiciaire instrumentalisée, nous vous le dirons pour que vous puissiez nous accompagner », a-t-il conclu. 

POLÉMIQUE AU SUJET DE LA PROCÉDURE CONTRE MARTIN FAYULU SUR L’INCITATION À LA HAINE TRIBALE !

Dans la ville haute, l’eau continue à couler sous le pont sur la procédure pénale initiée au niveau de la Police judiciaire par un Congolais pour incitation à la haine tribale. La polémique fait rage à ce sujet. Nombreux sont ceux qui aimeraient voir le plaignant retirer sa plainte sans autre forme de procès. Ils invoquent l’inopportunité pour cette plainte qui ne servirait jamais la paix ni non plus la cohésion nationale. Mais bien le contraire. Or, le contexte du moment ne s’y prête pas.

Quant aux faits reprochés, nombreux sont aussi ceux qui n’ont pas du tout entendu sortir de la bouche de Martin Fayulu Madidi lors de son dernier meeting à la Place Ste-Thérèse dans la commune de N’Djili, un appel à la haine contre les membres de l’ethnie Luba. Mais plutôt un moment du côté de la foule bien avant l’arrivée de Fayulu.

Une plainte pénale déposée au Parquet génal (PG) près la Cour de cassation sur l’appel à la haine tribale contre les Luba qu’il a envoyée à la Police judiciaire pour instruction. La seule preuve qu’il faut fournir, c’est de produire une bande-vidéo qui montre Fayulu lancer des appels à la haine ethnique contre les Luba. Toute la procédure est à ce niveau. Le plaignant doit étayer son accusation d’éléments de preuves.

Autrement, le Parquet sera obligé de faire le classement sans suite du dossier et ne le fixera jamais devant un Tribunal. Ce qui amènerait, dans ce cas précis, Martin Fayulu de faire une action reconventionnelle contre le plaignant pour actions téméraires et vexatoires afin qu’il lui soit appliqué les mêmes poursuites et la même condamnation. Mais, on n’en est pas encore là.

INFRACTION GRAVISSIME ?

L’instruction préjuridictionnelle ne se trouve qu’au stade de la Police judiciaire avant de remonter au Ministère public (Parquet). Le plaignant peut toutefois, dans l’entretemps, retirer sa plainte. Ce qui lui éviterait la possibilité d’une action reconventionnelle de la part de Fayulu Madidi qu’il accuse d’appel à la haine tribale contre une ethnie, en l’occurrence, les Luba.

Une infraction gravissime du Code pénal congolais. Ce n’est pas une dissertation à laquelle il fait se livrer mais produire des preuves inattaquables. Ce n’est pas la première fois que Martin Fayulu Madidi est accusé d’appel à la haine tribale contre les Luba. Au lendemain de son premier meeting, toujours à la Place Ste-Thérèse à N’Djili, le Commandement de la Police (PNC) de Kinshasa avait publié un communiqué où il faisait état des appels à la haine ethnique et avait menacé de sévir.

Cependant, Martin Fayulu Madidi, tout comme tous les cadres de LAMUKA présents à ce meeting, démentaient formellement en mettant la main au feu, en soutenant que Marti Fayulu n’avait jamais tenu ce genre de propos mais dans un mouvement de débordement de colère de la foule.

On assiste manifestement au même scénario au denier meeting à N’Djili avec à la clé cette plainte pour appel à la haine ethnique contre les Luba.

Pourtant il est établi que la plainte ne vise pas la foule mais Martin Fayulu Madidi qui, au cours de ce même meeting a fait de larges extraits pour s’attaquer au tribalisme en prônant la cohésion nationale par le vivre-ensemble de toutes les ethnies dans la concorde. 

(avec Grevisse KABREL, Kandolo M.)

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