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Gouvernement : Interminable attente en RDC

Dernière mise à jour, le 16 mai 2019 à 03:12

Pour un pays comme la République démocratique du Congo (RDC), demeurer plus d’un trimestre sans un gouvernement réellement responsable aux yeux du peuple parait long. L’opinion est donc en droit de se poser la question de la justification de cette interminable attente.

Voilà quatre longs mois que notre pays, la République démocratique du Congo, attend de connaitre son Gouvernement. Depuis, périodiquement, la rumeur et les réseaux sociaux, puisque c’est la mode actuelle, lancent dans le public des noms d’éventuels Premiers ministres qu’aucune instance responsable ou officielle ne vient jamais confirmer.

Pour un pays comme le nôtre, demeurer plus d’un trimestre sans un gouvernement réellement responsable aux yeux du peuple parait long. L’opinion est donc en droit de se poser la question de la justification de cette interminable attente.

Loin de moi l’idée de prétendre que le pays ne serait plus gouverné pour autant. Nous avons en place et en fonction un Président de la République, M. Felix Antoine Tshisekedi régulièrement élu. Par son action et les travaux des cent premiers jours notamment, il agit sur le terrain ; par ses déplacements à l’intérieur du pays, il se montre à la nation congolaise et consolide ainsi la légitimité du processus de passation démocratique du pouvoir.

En trois mois à la tête de l’Etat, il a pu visiter un nombre important de ses homologues à travers l’Afrique. De plus, le dernier gouvernement de Joseph Kabila, que conduit Bruno Tshibala, bien qu’amputé de plusieurs de ses membres devenus Députés ou Sénateurs, est encore à la tâche. A ce qui paraît, celui-ci ne se cantonne pas seulementà gérer les affaires courantes. Dans la capitale comme à l’intérieur du pays, l’appareil d’Etat n’est pas à l’arrêt : les enfants fréquentent les écoles, les hôpitaux consultent et soignent, la police et les autres services responsables du secteur sensible de la sécurité assurent la tranquillité des citoyens, l’Administration publique assume les fonctions lui dévolues ; aujourd’hui comme hier, le système économique tourne. Rien n’est bloqué.

Mais est-ce suffisant pour un pays qui, à en croire ses dirigeants, au pouvoir ou dans l’opposition, se considère comme devant rattraper un immense retard ? Une nation aussi fragile que la nôtre, rongée de l’intérieur par nos propres faiblesses et convoitée de tous les côtés, ne saurait plus longtemps répandre l’image d’une absence aussi criante à ce haut niveau de son système d’Etat.

Si objectivement chacun peut constater que le pays n’est effectivement pas paralysé,bravo ; cependant, il est également aisé d’accepter que seul un gouvernement bénéficiant d’une légitimité renouvelée en accord avec les résultats des dernières élections serait de nature à impulser un nouveau départ.

La RDC a effectivement besoin de cette nouvelle relance. En effet, la période de la campagne électorale a donné aux leaders et aux partis politiques l’occasion de présenter à la population leurs différents projets. Voici venu le moment de la concrétisation. Les jours qui passent ne se rattraperont pas, il faut savoir démarrer à temps. Et les besoins sont immenses.

Deux autres considérations, plus politiques, militeraient pour l’installation dans un délai raisonnable d’un gouvernement accepté par la nation toute entière.

Premièrement, la RDC a positivement étonné le monde par la brillante passation civilisée et pacifique du pouvoir du mois de janvier 2019. Pour que cet acte de haute valeur morale et historique garde sa force symbolique, nous nous devons d’amener le processus jusqu’à son complet accomplissement. A l’installation des assembles législatives, Assemblée nationale et Sénat devraient suivre, sans long délai, la nomination du Premier ministre et l’installation du Gouvernement.

Deuxièmement, il faut se rappeler que la Présidence de la République actuelle, ainsi que le gouvernement attendu découlent tous de la coalition FCC/CACH issue des élections du 30 décembre 2018. Après avoir montré sa force politique à l’Assemble nationale et demain au Sénat, il conviendrait que la coalition pour la souveraineté fasse la démonstration de sa cohérence au niveau de l’exécutif national. Le prolongement de cette période d’incertitude donnerait à nos adversaires de l’intérieur et aux ennemis du pays nichés à l’extérieur un prétexte facile afin de fissurer l’accord de la sauvegarde de la nation pour cause de non-exécution. Ils sont nombreux les extrémistes de tous bords, qui, chaque jour qui passe, épient nos faits et gestes afin de discréditer et d’affaiblir nos institutions pour mieux faciliter la dislocation de la grande RDC.

Ne tombons pas dans ce piège facile, notre pays mérite cet effort, après les énormes sacrifices déjà consentis. La nation attend le gouvernement…….. 

(Jean Pierre KAMBILA KANKWENDE)

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