vendredi , 20 septembre 2019
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Un vœu pieux ? : Fatshi déterminé à faire de la presse le véritable 4ème pouvoir

Le président de la République, Felix-Antoine Tshilombo Tshisekedi dit Fatshi, s’est associé à la presse le vendredi 3 mai pour célébrer la Journée mondiale de la liberté de la presse organisée à Kinshasa à Béatrice hôtel. Une première dans l’histoire de la presse en République démocratique du Congo (RDC). Geste apprécié à sa juste valeur par les concernés. Surtout qu’il s’est dit déterminé à faire de la presse le véritable 4ème pouvoir. Applaudissements ! Mais que cela ne soit pas un vœu pieux qui, comme par le passé, ne se réalise qu’en rêve.

« … J’ai promis d’être celui qui favorisera la liberté de la presse et qui consacrera la presse comme un véritable quatrième pouvoir », a-t-il déclaré. Aussi les professionnels de médias invitent-ils le chef de l’État à créer un cadre réglementaire devant amener à la concrétisation de la conquête de ce pouvoir. Ils pensent également que les mettre, notamment, à l’abri du besoin en améliorant les conditions socio-professionnelles peut efficacement contribuer à l’avènement d’un tel pouvoir.

Cela après avoir reconnu que la presse est « l’un des moteurs essentiels de la venue de l’État de droit dans ce pays ». Et de souligner que « les médias restent un instrument essentiel dans la vie d’un État ». C’est ainsi qu’il a, d’ailleurs, soutenu qu’il faut s’associer à la presse pour voir ensemble comment bâtir cet État de droit. Surtout que cela cadrait avec le thème de cette Journée ‘‘Médias pour la démocratie : le journalisme et les élections en période de désinformation’’.

Une fois les conditions de vie améliorées, le surnom de ‘‘quado’’, qui continue de coller le professionnel de médias à la peau, disparaîtra comme par enchantement. Il faut donc mettre fin à la prostitution du journaliste qui ne doit plus user de la politique de la main tendue. Laquelle l’avilit et le met à la merci du ‘‘généreux’’ donateur. Conséquence : une information biaisée, partisane, parfois, expressément incomplète. Ce qui jette un certain discrédit sur la profession.

Cela a même emmené le président de la République à exhorter les journalistes à travailler avec conviction, avec objectivité et en toute responsabilité.

Son engagement est donc salué par tous les confrères, professionnels de médias, qui soutiennent la révisitation des textes légaux et réglementaires régissant la profession. Tous les moutons noirs devant être indexés et mis hors d’état de nuire.

LES MÉDIAS RAPPELLENT AU CHEF DE L’ETAT SA PROMESSE DU 24 JANVIER 2019

Pour avoir honoré les femmes et hommes des médias en célébrant avec eux la 26ème édition de la journée mondiale sur la liberté de presse le vendredi 3 mai 2019 à Béatrice Hôtel, Félix Antoine Tshisekedi est jusqu’ici le seul Chef de l’Etat Congolais à s’être plié à cet exercice. Ce constat a été fait par Museme Diawe, qui a assuré la modération là à Béatrice Hôtel.

Marie-Ange Mushobekwa, ministre intérimaire de la Communication et Médias, diplomates et autres officiels congolais ont également répondu présents aux invitations conjointes de l’UNPC et JED…. co-organisatrices de ladite activité.

Dans son mot de circonstance, Félix Antoine Tshisekedi a remercié JED pour l’honneur que lui a fait de participer à la célébration de la journée mondiale Il a dit ne pas oublier les héros du jour qui travaillent durement pour honorer leur métier. Cet invité d’honneur a indiqué qu’en sa qualité de Chef de l’Etat, il a l’obligation d’être aux côtés des professionnels des médias et leur faire savoir qu’il connaît leurs difficultés. Dans la foulée, il s’est souvenu de sa promesse du 24 janvier 2019 de faire des médias le quatrième pouvoir. En clair, a-t-il affirmé, tout est parti de l’alternance intervenue récemment au sommet de l’Etat et qui a comme socle l’érection d’un véritable Etat de droit dans notre pays. En pensant à cet Etat de droit, il a en tête un être qui lui est cher et porte le nom d’Etienne Tshisekedi.

Et d’ajouter que si elle est effectivement le quatrième pouvoir, la presse va jouer un rôle moteur pour l’avènement d’un véritable Etat de droit. La presse est un secteur vital dans la vie d’un Etat. C’est dans ce sens, a-t-il expliqué, qu’hommes et femmes des médias doivent bénéficier d’un encadrement efficient.

Quant aux recommandations formulées par un noyau des journalistes peu après son investiture et qui ont fait ressortir les problèmes auxquels sont confrontés les médias et les pistes de solution, il a promis de les recevoir et de discuter avec eux pour étudier les voies et moyens d’améliorer les conditions de travail des journalistes.

Rappelant la gamme des droits des journalistes, il a fait état aussi de leurs devoirs qui sont contenus dans le Code d’éthique et de déontologie. Le 5ème Chef de l’Etat de la RDC a  égratigné les animateurs des réseaux sociaux qui, par leurs écrits, jettent le discrédit sur les médias  et demandé aux journalistes de métier de se démarquer, en mettant en pratique les règles de leur profession. Le journaliste, tout en dénonçant avec force les travers, doit privilégier l’objectivité qui est la colonne vertébrale qui sous-tend son métier.

Pour rappel, le Chef de l’Etat a réceptionné ces suggestions des mains du secrétaire Tshivis wa Tshivuadi et du président de l’UNPC, Boucar Tshilunde.

De son côté, le patron de l’UNPC est revenu sur les maux qui plombent le secteur des médias en RDC, saluant au passage l’avènement de l’actuel Chef de l’Etat à la magistrature suprême et son engagement à œuvrer pour la promotion des médias congolais.

Kasonga Tshilunde a retracé l’historique de la journée mondiale de la liberté de la presse, expliquant que l’idée avait germé en 1991 lors des assises de Windhoek et cela s’est concrétisé deux ans plus tard. Au mois de mai de chaque année, a-t-il rappelé, les professionnels des médias évaluent les avancées réalisées en termes de liberté de la presse pendant une période donnée et rendent hommage à leurs collègues tués dans le cadre de leur métier.

Confrontés à plusieurs problèmes, nos médias sont à l’agonie, plusieurs maisons étant au bord de la faillite, a-t-il ajouté.

Le numéro un de l’UNPC s’est attardé sur la taxation onéreuse des intrants et autres équipements, le recours aux imprimeries de fortune, la loi de 1996 sur les médias et dans laquelle il est fait état de l’aide directe et indirecte à allouer à la presse.

23 ans après la promulgation de ladite loi, on s’en sert surtout pour sanctionner les journalistes fautifs, a-t-il déploré.

Kasonga Tshilunde a évoqué ensuite la loi sur l’accès à l’information, la dépénalisation des délits de presse et insisté pour une mutation de ce concept en une faute déontologique. Il a demandé au Chef de l’Etat de peser de tout son poids pour surseoir à l’arrestation des journalistes poursuivis pour délits de presse.

Le secrétaire de JED s’est appesanti sur le sort peu enviable des journalistes, qualifiant ce secteur de moribond.  Il s’est employé à dresser le tableau sur la liberté de la presse en RDC ces dernières années. Tshivis a reconnu des avancées réalisées (37 cas de violation des droits des journalistes recensés jusqu’ici en 2019) dans ce domaine peu après l’avènement de Félix Antoine Tshisekedi à la magistrature suprême du pays

Il a souhaité voir la RDC, mal cotée dans le domaine de la liberté de la presse, obtenir un score flatteur dans les années à venir et JED changer de dénomination.

Meissa Diop, représentant pays intérimaire de l’UNESCO en RDC, a lu le message de la directrice générale de l’Unesco, dans lequel il est fait état de 99 meurtres des journalistes en 2018 et 1307 assassinats des journalistes entre 1994 et 2018.

L’AMBASSADEUR DU MAROC LOUE LE PROFESSIONNALISME ET L’INDÉPENDANCE DU JOURNALISTE CONGOLAIS

Fidèle à la tradition qu’il a instaurée depuis son accréditation en République Démocratique du Congo, l’Ambassadeur du Royaume du Maroc Rachid Agassim, a partagé le samedi 04 mai un dîner amical en sa résidence avec un groupe de journalistes de Kinshasa. Cette réception spéciale était pour le diplomate chérifien une façon d’honorer les professionnels de la presse congolaise, et commémorer avec eux, la Journée mondiale de la liberté de la presse célébrée le 3 mai de chaque année à travers le monde.

Dans son mot de circonstance, l’ambassadeur a loué l’esprit d’ouverture et de liberté doublé de professionnalisme dont le journaliste congolais fait montre dans son travail. « Il suffit de parcourir 4 journaux kinois, et on a l’essentiel de l’actualité du pays », a souligné le représentant de Sa Majesté Mohamed VI en RDC. C’est une preuve que le travail se fait avec professionnalisme et en toute liberté. Ce n’est pas le cas sous d’autres cieux où, pour avoir l’actualité du jour, il faudrait actionner plusieurs mécanismes y compris des appels téléphoniques envers des amis afin d’avoir une idée plus ou moins nette de la situation du pays.

Le journaliste africain invité à se décomplexer

Rachid Agassim en a profité pour fustiger un certain complexe dont ses compatriotes se nourrissent, aussi bien en politique que dans le métier de journaliste, vis-à-vis de leurs homologues occidentaux.

Etant à sa sixième mission diplomatique, preuve de l’expérience acquise du fait d’avoir sillonné le monde, il constate avec amertume que nombre de journalistes africains ont tendance à se remettre en cause, croyant que leurs confrères du Nord détiendraient le monopole des connaissances en matière de couverture médiatique même pour des événements qui se passent chez eux. On pense apprendre des autres qu’on considère comme des « maîtres connaisseurs et donneurs de leçons », alors que nul ne peut prétendre mieux connaitre le terrain qu’il n’habite pas par rapport à son résident.

D’où, les Africains doivent commencer par se faire confiance et surtout comprendre que dans la plupart des cas, ceux qu’ils prennent pour des modèles donnent des informations orientées par leurs administrations dans un but précis. Qu’on cesse d’être naïf et continuer à croire que les autres viendraient jouer le rôle qui nous revient en tant qu’Africains pour redresser notre situation en vue de promouvoir le développement.

Il appartient aux Africains de comprendre que l’émergence de leurs pays dépend de leur sens de responsabilités. Et ils ont la charge de mieux informer leurs compatriotes, les éduquer afin qu’ils comprennent les enjeux du monde pour militer en faveur de la « libération » de leur continent du joug de ceux qui se nourrissent toujours des velléités de le dominer et l’assujettir.

Voilà la charge d’éducation civique et patriotique qui incombe à chacun et chacune si on veut que l’Afrique décolle et devienne réellement maîtresse de son destin. Car, personne d’autre ne viendra faire leur bonheur. La stratégie est de les détourner de l’objectif en leur faisant croire que ce qu’ils font n’est pas bon comme ce fut le cas de la colonisation.

Le diplomate a pris l’exemple de la situation congolaise où au lieu de saluer la passation pacifique du pouvoir – une première pour le peuple congolais – la plupart des reportages rendus par des médias périphériques tendaient à minimiser cet événement grandiose pour raconter n’importe quoi. En réalité, c’est un problème d’agendas et autres calculs qui ne profitent pas aux Africains. On oriente l’angle du reportage pour des raisons évidentes.

C’est pourquoi il y a nécessité de prendre conscience afin de travailler pour développer la coopération Sud-Sud en vue de promouvoir le développement intégral du continent au lieu de continuer à se comporter comme des enfants à qui on doit tout apprendre.

Chaque peuple ayant sa culture, il faut seulement l’aider à faire son plan de développement plutôt que faire croire qu’il y a un modèle unique, occidental, pour se développer.

Or, parfois ceux semblent donner des leçons se comportent pire à certaines situations à ceux qu’on critique et on minimise.

En conclusion, en tant qu’Africain, l’ambassadeur du Royaume chérifien en RDC exprime un grand souci pour le développement de l’Afrique. Raison pour laquelle il tient sérieusement à l’éveil des Africains en vue de lever l’option d’agir et faire autrement pour changer l’avenir de notre continent.

LES USA POUR UNE MOBILISATION GÉNÉRALE DES AFRICAINS FACE AUX VELLÉITÉS DE L’ETAT ISLAMIQUE

L’ambassadeur des Etats-Unis en République Démocratique du Congo (RDC), Mike Hammer, a souhaité que les pays africains, particulièrement ceux qui partagent une frontière commune avec la RDC, puisse renforcer leur coopération en matière sécuritaire pour barrer la route aux ambitions du mouvement terroriste « Etat islamique ». Dernièrement, ce mouvement a revendiqué un attentat dans le Nord-Kivu, alors qu’au départ, plusieurs observateurs de l’échiquier politique congolais l’avaient attribué au groupe ‘ADF’ qui est composé de rebelles ougandais. Il pense qu’il ne faudrait pas minimiser cette revendication. Il est convaincu que cette revendication signifie quelque chose sur laquelle il faut rester vigilant. Le représentant des Etats-Unis à Kinshasa a fait cette analyse lors d’un diner de presse qu’il a organisé en sa résidence, à la Gombe, le 03 mai 2019, à l’occasion de la « Journée mondiale de la Liberté de Presse ».

Mike Hammer a précisé que pour appuyer l’initiative du Président de la RDC de pacifier l’Est de son pays, la priorité revenait à la Monusco, et que les Etats-Unis se tenaient à côté de la communauté internationale pour l’appuyer. C’est ainsi qu’après avoir accompagné le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo aux Etats-Unis, il a entrepris un voyage au Nord-Est de la RDC pour s’entretenir sur place avec la population et les autorités du pays, afin de mieux saisir cette menace et voir les efforts du gouvernement congolais pour résoudre cette question des ADF, qui commence à avoir des ramifications avec des terroristes de l’Etat islamique, et qui devient très préoccupant pour les populations. Il a dit qu’on était au courant des efforts de l’Etat islamique pour s’établir en RDC et dans d’autres pays africains. Face au péril que représente l’Etat islamiste, Mike Hammer a noté que cette lutte ne concernait pas seulement les USA et la communauté internationale, mais doit conduire au renforcement de la coopération sécuritaire entre les pays africains, surtout ceux qui ceinturent la RDC, tels que l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi, etc.

Coopération militaire, respect des droits humains et investissements américains : axes prioritaires de la coopération entre la RDC et les Etats-Unis

Il a mis à profit cette rencontre avec la presse pour annoncer la visite imminente en RDC du premier responsable et Commandant général d’« Africom » (nom des contingents militaires US sur le continent africain) pour examiner les meilleures relations que l’Armée américaines devra avoir avec les Forces Armées de la RDC. Non seulement la coopération militaire avec la RDC s’avère très importante pour les Etats-Unis, mais il y a aussi et surtout le respect des droits humains et de la liberté de presse à travers le pays et particulièrement dans des provinces ayant vécu les conflits armés telles que les deux Kivu, Kasaï, etc. Les Etats-Unis, à travers la Monusco, encouragent la réinsertion sociale (DDR) des anciens miliciens, car, avec l’avènement du nouveau régime, à travers l’élection du Président Félix Tshisekedi, plusieurs groupes armés ont manifesté leur intention de déposer les armes.

Il s’est ensuite réjoui que le Chef de l’Etat ait répondu positivement à l’invitation des organisations professionnelles de la presse. Il est convaincu que la presse est irremplaçable dans une démocratie, qu’on soit ou non d’accord avec elle. Il a exprimé sa satisfaction de voir actuellement les opposants se réunir à travers la RDC, sans aucune intimidation. Cela un important pour la démocratie en général. Pour terminer, Mike Hammer a évoqué la question des investissements américains au Congo. Selon lui, cela est déjà une réalité à travers des voyages d’investigation des opérateurs américains en RDC, favorisés par l’Agence USAID. Le diplomate américain reste convaincu que cette coopération avec la RDC vise la paix et la prospérité du peuple congolais et qu’à la fin tous les deux pays – la RDC et les Etats-Unis – sortent gagnants.

(avec lePotentiel et lePhare)

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