jeudi , 21 novembre 2019
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RDC : La gestion de l’État au point mort

Est-ce que la nomination d’un Premier ministre ne serait pas dans les priorités du chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi dit Fatshi ? Plus de trois mois après sa prise des fonctions, le président de la République ne montre aucun signe d’empressement dans la nomination du chef du gouvernement, laissant libre cours aux spéculations de tous genres. Il y a quelques jours, Fatshi a annoncé urbi et orbi, à partir de la ville de Kisangani, la nomination dans les « prochains jours » d’un Premier ministre. Plus d’une semaine plus tard, pas le moindre signe d’une fumée blanche. Dans l’opinion publique, la longue attente du nouveau locataire du n°5 de l’avenue Roi Baudouin a cédé la place aux rumeurs qui alimentent des anecdotes de tous genres. On sait néanmoins qu’entre le FCC et le CACH, des négociations sont très avancées. Toujours est-il qu’elles durent et commencent à agacer l’opinion publique.

La nomination du Premier ministre se fait toujours attendre. En même temps, le gouvernement démissionnaire se vide avec le dernier départ de ses membres dont les mandats viennent d’être validés au Sénat.  La gestion de l’Etat est presqu’au point mort. Après toutes les promesses du chef de l’Etat, restées sans suite, les deux partenaires à la cogestion, FCC et CACH, sont encore loin d’un compromis. Du fait d’une gestion démesurée des ambitions qui commence à se faire ressentir dans la marche de l’Etat. A défaut d’un blocage, c’est la gué-guerre.

Est-ce que la nomination d’un Premier ministre ne serait pas dans les priorités du chef de l’Etat, Félix Tshisekedi ? Plus de trois mois après sa prise des fonctions, le président de la République ne montre aucun signe d’empressement dans la nomination du chef du gouvernement, laissant libre cours aux spéculations de tous genres.

Il y a quelques jours, Félix Tshisekedi a annoncé urbi et orbi, à partir de la ville de Kisangani, la nomination dans les « prochains jours » d’un Premier ministre. Plus d’une semaine plus tard, pas le moindre signe d’une fumée blanche. Dans l’opinion publique, la longue attente du nouveau locataire du n°5 de l’avenue Roi Baudouin a cédé la place aux rumeurs qui alimentent des anecdotes de tous genres.

On sait néanmoins qu’entre le FCC et le CACH, des négociations sont très avancées. Toujours est-il qu’elles durent et commencent à agacer l’opinion publique.

Certains y voient une baisse d’influence du chef de l’Etat dans le jeu politique qui se dessine après l’écrasante majorité de la famille politique de Joseph Kabila dans les deux Chambres du Parlement. La sortie en grande pompe d’Aubin Minaku en début de semaine sur les antennes de RFI a ravivé la polémique.

Comme pour revendiquer la primauté de sa famille politique dans le choix du Premier ministre, Aubin Minaku, haut cadre du FCC, a rappelé, en des termes clairs, que le prochain Premier ministre viendrait du FCC. « Ce n’est même pas un débat sinon dans la presse », a tranché Minaku.

Dans les rangs du FCC, il n’y a donc pas de doute possible. Le tout Premier ministre de l’ère Tshisekedi sera estampillé FCC. Sur ce point précis, le FCC exclut toute forme de compromis.

Il y a un temps, Albert Yuma Mulimbi partait favori pour remplacer Bruno Tshibala, avant que les pronostics tournent totalement en sa défaveur. Pour le moment, d’autres personnalités du FCC sortent du lot, à savoir Jean Mbuyu, le tout dernier conseiller spécial en matière de sécurité de Joseph Kabila. 

Autorité morale du FCC, c’est Joseph Kabila qui aura le dernier mot dans le choix du Premier ministre, avant que le président Félix Tshisekedi ne le formalise par voie d’ordonnance. Mais, pour y arriver, les deux partenaires à la cogestion devraient au préalable se mettre d’accord sur la personnalité à placer aux commandes. Avec tout le retard qui s’accumule dans la nomination, on croit savoir qu’un accord formel ne s’est encore dégagé dans ce sens.

Alors, qu’est-ce qui bloque ? La question est sur toutes les lèvres. A ce jour, personne n’est encore parvenu à pénétrer ce mystère, si bien que l’énigme reste encore entière.

Une gestion démesurée des ambitions

Selon des indiscrétions, FCC et CACH peinent à se faire des concessions mutuelles autour du partage des responsabilités au sein du gouvernement. Non seulement que le FCC ne veut pas céder sur la nomination du Premier ministre, il attend également avoir la plupart des ministères dans le gouvernement. Raison, les 335 députés nationaux qui composent la majorité parlementaire à côté de l’Udps et de l’UNC. Là où le bât blesse, c’est le fait que le FCC aurait déjà ciblé les ministères qui devront lui revenir de droit. Ce qui foule au pied le principe selon lequel le chef de l’Etat a sous son contrôle des ministères de souveraineté.

Même si on est encore loin d’un dialogue des sourds – pour autant que les deux parties continuent à dialoguer – les signes de friction, principalement dans le camp du CACH, sont bien visibles.

« Le FCC veut tout prendre et ne laisser que des miettes au FCC. C’est comme si, pour eux, le chef de l’Etat ne représentait rien. Ils présentent des choix qu’ils demandent au président de la République de valider. C’est inacceptable. C’est ce qui retarde, entre autres, la nomination du Premier ministre. Au-delà de cette question, les violons ne semblent pas s’accorder sur le format exact du gouvernement. Par ce temps, on doit resserrer les liens en mettant en place un gouvernement restreint. Or, dans le FCC, tout le monde veut être servi en se retrouvant au gouvernement », a fait part à notre Rédaction un cadre bien placé au sein du CACH.

Autant que dans la formation du prochain gouvernement, entre le FCC et le CACH, c’est déjà la gué-guerre. Certes, le divorce n’est pas encore au rendez-vous, mais l’appétit vorace du FCC commence déjà à gêner son partenaire à la cogestion, le CACH.

(avec lePotentiel)

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