vendredi , 23 août 2019
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RDC : Ebola frappe l’Examen d’État

Les finalistes des écoles secondaires de Beni et Butembo, au Nord-Kivu, n’ont pu prendre part, hier jeudi 02 mai 2019, à l’épreuve de dissertation, retenue comme la première épreuve des hors-session de l’Examen d’État sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo. Comme lors des élections présidentielle, législatives nationales et provinciales organisées le 30 décembre 2018, la maladie à virus Ebola s’est invitée comme cas de « force majeure » pour obliger le ministre intérimaire de l’Enseignement Primaire et Secondaire, Emery Okundji, à prendre acte du report.

Il y a maintenant la probabilité d’organiser, du 17 au 22 mai, la dissertation et d’autres épreuves faisant partie du paquet des hors-session. Mais rien n’est sûr. Si les ravages d’Ebola persistent, comme c’est le cas aujourd’hui, en dépit de la mise sur pied, à l’initiative du Chef de l’Etat, d’un Comité de pilotage multisectoriel de la riposte contre cette épidémie et des actions de prévention, notamment par vaccination, un nouveau report de l’Examen d’Etat est à craindre, pour le mois d’août.

Ce qu’il y a lieu de souligner est que tout le monde est d’accord que les conditions sanitaires qui prévalent au Nord-Kivu, suite à la présence du virus d’Ebola depuis 8 mois, ne permettent pas la tenue de l’Examen d’Etat. Il n’y a pas, jusqu’à preuve du contraire, la moindre contestation pour accuser la coalition FCC – Cach actuellement au pouvoir, le gouvernement, le ministère ou l’Inspection Générale de l’Enseignement Primaire et Secondaire ou une main noire d’avoir planifié un coup fourré contre les parents et élèves de cette partie de la République.

Mais pourquoi accepter Ebola comme cause majeure de la non tenue de l’Examen d’Etat à la date initialement et ne pas l’admettre pour le cas des élections de décembre 2018, dans la même aire géographique nationale et face aux mêmes compatriotes ?

Même si la CENI et l’ancien pouvoir étaient passés maîtres dans l’aménagement d’agendas cachés visant l’enlisement voire le sabordage du processus électoral, force est d’avouer que l’épidémie d’Ebola constituait réellement une contrainte technique impossible à résoudre en ce temps et même dans le temps présent.

Si les acteurs et actrices politiques qui avaient douté des dégâts humains de ce fléau au Nord-Kivu pouvaient faire leur mea culpa, une avancée notable pourrait être enregistrée dans la voie de la réconciliation nationale et de la tolérance. L’exclusion temporaire des finalistes de cette province de l’Examen d’Etat devrait interpeller davantage la communauté la nationale sur les dangers qu’Ebola fait courir à toute la Nation et inciter les forces vives de la Nation à participer à l’effort commun visant son éradication.

Début des hors-sessions de l’Examen d’Etat 2019

Les épreuves hors-session de la 53ème session de l’Examen d’Etat (encore appelée Examen d’Etat 2019) ont démarré hier jeudi, 02 mai 2019, sur l’ensemble du territoire national avec la passation des épreuves de dissertation pour les candidats finalistes des humanités (Cycle long) et de rédaction pour le Cycle court. Pour l’ensemble de la RDC, l’Inspection générale de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel (IG/EPSP) signale qu’au total, 705.388 candidats, regroupés dans 2.095 centres d’examen, participent à cette passation. Par conséquent, le cycle court a 4.923 candidats regroupés en 272 centres d’examen. Il convient de noter que ce chiffre englobe les candidats autodidactes ayant réussi aux épreuves préliminaires de sélection organisées par les provinces éducationnelles.

Pour marquer ce démarrage de ces épreuves à travers tout le pays, deux ministres, à savoir, Emery Okundji Ndjovu, ministre intérimaire de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel (EPSP) et son collègue de la Formation Professionnelle, Métiers et Artisanat (FPMA), Pierrot Uweka Ukaba, en compagnie de leurs délégations respectives, ont procédé à ce lancement en visitant les quatre provinces éducationnelles que compte la Ville-Province de Kinshasa et qui sont : Lukunga, Funa, Mont Amba et Tshangu. Conduites par les directeurs provinciaux de l’EPSP de chaque entité provinciale, les deux ministres ont visité successivement quatre écoles où sont logés les centres d’examen.

Il s’agit de l’Institut de la Gombe à Lukunga ; du Collège scolaire Kimbuta à la Funa ; du Collège Saint Raphaël au Mont-Amba et du Groupe scolaire Elikya à la Tshangu. Dans chaque salle d’examen visité, Emery Okundji a pris la parole pour transmettre aux candidats les encouragements du Chef de l’Etat qui compte sur la jeunesse pour bâtir un Congo prospère. Par ailleurs, ces épreuves se poursuivront aujourd’hui vendredi, 03 mai 2019, avec les épreuves traditionnelles des options techniques qui, jadis, se déroulaient le premier jour de la session ordinaire, ensuite, du samedi 04 au mardi 07 mai 2019, il y aura passation des épreuves orales de Français. Quant aux épreuves pratiques, celle-ci seront organisées localement – sauf pour les options techniques agricoles et techniques commerciales du Cycle long et pour le Jury National du Cycle court dont les questions sont rédigées au niveau national – et se dérouleront du mercredi 08 au lundi 13 mai 2019.

Un finaliste meurt après intoxication des produits pharmaceutiques

Des sources concordantes basées à Kakenge, territoire de Mueka (Kasaï) renseignent qu’un finaliste de l’Institut technique de Kakenge est décédé, le jeudi 2 mai 2019, après s’être intoxiqué des produits pharmaceutiques. A la base de ce décès, l’omission de son nom sur les listes des candidats retenus pour les épreuves préliminaires des examens d’État.

Juli Miskas, parce que c’est de lui qu’il s’agit,est décédévendredi 03 mai aux environs de 14h locales, suite à l’excès de produits pharmaceutiques qu’il a pris la veille, après avoir remarqué que son nom ne figurait pas sur les listes des candidats retenus aux examens d’Etat, édition 2018-2019.

Les faits se sont déroulés dans la cité de Kakenge, territoire de Mueka situé près de 300 Km de Tshikapa, chef-lieu de la province du Kasaï. L’élève Juli Miskas est inscrit régulièrement à l’Institut technique de Kakenge

Pour rappel, le go des épreuves préliminaires de des examens d’Etat, édition a été lancé, le jeudi 02 mai 2019, sur toute l’étendue de la République démocratique du Congo (RDC). A Mueka, ces épreuves ont été lancées conjointement par l’Administrateur du territoire, Jacob Pembe Longo et le Directeur provincial de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel (Epsp/Kasaï 2).

Par ailleurs, des sources locales rapportent qu’à Kakenge tout comme à Domiongo, plusieurs finalistes des options techniques ont vu leurs noms être omis des listes.

Selon Jérôme  Mishamilenge Tuley, journaliste habitant à Mueka, peu avant la tenue des  épreuves, Joseph Nkongolo Proved/EPSP Kasaï 2 aurait publié un communiqué lu sur les chaînes locales, demandant aux chefs des centres d’admettre tous les lauréats du territoire à la passation de l’épreuve.

(avec lePhare et Jackie Ngolela)

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