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Détournement de salaires par Tshibala : Grogne à la Primature de la RDC

Dernière mise à jour, le 7 mai 2019 à 11:19

Ce que l’on croyait jadis impossible à la Primature, est aujourd’hui une réalité, laquelle surprend plus d’un compatriote épris de paix et de justice. Que d’agents et cadres de cet important service de l’Etat, impayés depuis 21 mois. Cela a l’air d’un canular de mauvais goût. Pourtant, ces agents et cadres parmi lesquels on peut citer des conseillers principaux, des conseillers, des chargés d’études,  des secrétaires de direction et autres, se disent clochardisés, selon leur propre expression. Dans une lettre adressée au Premier ministre Bruno Tshibala, leur patron, et dont une copie a été envoyée au Président de la République et Chef de l’Etat, ces membres du personnel de la Primature réclament avec tambours et trompettes, le paiement du cumul des arriérés de leurs salaires. En février dernier, ce cumul avait atteint 19 mois. Et si l’on ajoute les mois de mars et d’avril, on est à 21 mois. Un vrai calvaire enduré quand on sait que tous sont des pères et mères de familles nombreuses, confrontés aux difficultés de toutes sortes.

Dans cette même correspondance, les agents et cadres mécontents de la Primature dénoncent d’autre part, l’application des taux de salaires inférieurs à ceux fixés par l’Etat. Engagés pour la plupart en octobre 2017, ils étaient payés sur base des montants forfaitaires qui ne cadrent pas avec les textes réglementaires en vigueur. Pourtant, en revisitant l’historique de la Primature, leurs prédécesseurs touchaient 18 fois plus qu’eux, alors qu’ils font le même travail et aujourd’hui, dans un contexte plus difficile.

Bien qu’ils aient connu une augmentation en janvier 2018, ces salaires sont demeurés nettement inférieurs à ceux d’un conseiller du cabinet antérieur ( Matata ou Badibanga), qui percevait plus du double de leurs émoluments. C’est la première fois, dans l’histoire de notre pays, que les conseillers au cabinet du Premier ministre sont clochardisés à ce point, ont-ils fait remarquer dans leur mémorandum, ajoutant par ailleurs que le retard pour le paiement de trois mois de compléments (une prime spéciale) ne se justifie pas jusqu’à ce jour.

A ce sujet, ces agents et cadres de la Primature récusent, le principe de solidarité évoqué par le Premier ministre dans une interview à une chaîne de télévision pour expliquer le mécanisme de recours aux effectifs pléthoriques comme prétexte dictant la modicité de leurs rémunérations, afin de satisfaire la majorité. Pire, ils ne connaissent pas leurs salaires réels mensuels, et s’interrogent sur la base du barème salarial qui leur sera appliqué pour leurs indemnités de sortie.

Et comme si le mauvais sort s’acharnait davantage sur ces membres du personnel de la Primature, non seulement tous les avantages prévus dans le Décret portant fonctionnement du cabinet du Premier ministre sont bafoués, alors que toutes les enveloppes budgétaires prévues à cet effet sont débloquées régulièrement chaque mois par le Trésor public. Aujourd’hui que les échos de leur grogne sont parvenus à la Présidence de la République, scandalisant l’opinion nationale, nombre d’entre eux ont même reçu des menaces d’arrestation pour avoir non seulement revendiqué leurs droits, mais surtout dénoncé les dysfonctionnements et la mal gouvernance à la Primature, qui ont réduit la plupart d’entre eux à la mendicité pour pouvoir joindre les deux bouts du mois.

Ils se demandent quels torts ils ont commis pour avoir rendu de bons et loyaux services à la Primature au moment où leurs compétences et expériences étaient requises. Comment dès lors comprendre que des conseillers, des chargés d’études et autres secrétaires de direction prestant à la Primature, soient victimes de l’engagement des effectifs pléthoriques, en violation des normes légales fixées pour l’utilisation du personnel réduit au sein de cet important service de l’Etat ?

Tous ces agents et cadres de la Primature, qui continuent à remuer ciel et terre pour que leurs droits soient respectés, sont convaincus que le Président de la République, en tant que garant de la Nation, ne laissera pas cette situation sans solution. Et dans ce cadre d, ils espèrent être payés intégralement et sans délai et également pour les trois compléments en souffrance, et être fixés sur le barème salarial qui leur sera appliqué, qui ne doit plus être inférieur à celui fixé par les textes de loi.

PAS DE MALAISE À LA PRIMATURE

Constat après une « petite saison » à la Primature : RAS comme « rien à signaler ». Le cabinet du Premier ministre Tshibala carbure comme à l’accoutumée tout en attendant la passation –là aussi pacifique- de pouvoir avec le prochain chef du Gouvernement. Pas l’ombre d’un malaise sur l’avenue Roi Baudoin. Confirmation du Directeur de cabinet en personne.

Costume cravate de rigueur, Bruno Tshibala était à sa tâche samedi 4 mai 2019. Avec lui, l’ensemble de son cabinet. Personnel politique comme celui d’appoint. L’intendance suit. A la tête du cabinet Tshibala depuis le 2 avril 2018, Jean-Félix Kamanda Dibwe dément dans toutes les langues l’existence d’une moindre grogne à la Primature qui serait consécutive à 21 mois d’arriérés.

« C’est archifaux sur toute la ligne. Pas de grogne. Même pas de plainte», jure la main sur le cœur le directeur de cabinet du Premier ministre. «On nous paie au même moment que toutes les autres institutions de la République. Nous n’accusons aucun mois d’arriéré. S’il y a un retard, c’est pour tout le monde. D’ailleurs, nous toucherons même le dernier mois presté. Avec les autres institutions, nous nous sommes entendus pour toucher nos indemnités de sortie avant de partir».

Quid alors de l’existence d’un mémo ou d’une lettre par lequel ou par laquelle des conseillers à la Primature auraient fait état de leurs arriérés de salaires ? « Rien de tout cela ici », réplique le patron du cabinet Tshibala. « De quelle lettre s’agit-il ? Qui en sont les signataires ? » se demande le Dircab. «Je n’ai jamais vu cette lettre » affirme Jean-Félix Kamanda.

Puis, comme pour revenir au haut fait d’armes incontestable du Gouvernement Tshibala, Jean-Félix Kamanda rappelle aux uns et aux autres : « Nous avons travaillé âprement pour les élections. Nous sommes heureux d’avoir réalisé un travail correct-le financement et la sécurisation des élections – qui a débouché sur la passation pacifique de pouvoir. Nous avons payé cash ».

Comme à titre d’information ou de rappel –c’est selon-, le Directeur de cabinet du Premier ministre souligne que la masse salariale de la Primature est restée la même depuis plusieurs années. Mais, en fonction des contingences politiques et de spécificités de la mission de tel ou tel Premier ministre, les émoluments des membres du Cabinet peuvent varier.

De fait, on peut aimer ou ne pas aimer Bruno Tshibala, l’histoire retiendra que c’est sous son mandat à la tête du gouvernement que les élections porteuses d’alternance pacifique ont été organisées. Et, pour renforcer le caractère historique du cru électoral 2018, c’est un fils UDPS- au propre comme au figuré – qui accède enfin à la magistrature suprême.

Occupé à la fois à tenir le gouvernail du bateau portant pavillon « Gouvernement d’union nationale » et à préparer la passation de pouvoir avec son successeur, Bruno Tshibala a toutes les raisons de boire du petit lait. Ceci explique sa sérénité et celle de son cabinet.

Affaire à suivre !(avec J.R.T., FDA)

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