vendredi , 23 août 2019
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Affaire Katumbi : Thambwe MWAMBA doit présenter ses excuses au peuple congolais

La justice vient de faire son travail. Toutes les charges judiciaires retenues contre le leader de « Ensemble pour le changement », Moïse Katumbi, sont tombées. La justice congolaise a prouvé à la face du monde qu’elle a été inféodée et instrumentalisée par le régime Kabila. Condamné injustement à trois ans de prison ferme, Moïse Katumbi a été intentionnellement empêché de matérialiser ses ambitions politiques. Sa candidature à la présidence de la République aux élections du 28 décembre n’a même pas été réceptionnée par la Commission électorale nationale indépendante (CENI). La haute cour vient de corriger la grosse bêtise commise par le tribunal de paix de Lubumbashi sous pression. Il n’y a plus débat. Le pouvoir judiciaire congolais était inféodé par Kabila. Faudrait-il qu’Alexis Thambwe Mwamba, ancien ministre de la Justice, passe dans les médias pour présenter ses excuses au peuple congolais ? C’est la question que l’opinion congolaise tout entière se pose actuellement.

Il faut tout simplement se dédouaner. Chercher à se racheter auprès du  nouveau régime qui prône l’État de droit. Le jugement prononcé sous pression qui a condamné Katumbi, n’est rien d’autre que la volonté manifeste de l’ancien chef de l’État de marcher sur la justice congolaise. Il sied de rappeler que Stoupis avait menti concernant la spoliation de son immeuble. Un autre dossier, celui des mercenaires américains est classé sans suite.

Avec le nouveau chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, la justice congolaise est dans l’obligation de soigner son image. Durant le règne de l’ancien régime, cette justice a perdu toute sa crédibilité tant sur le plan national qu’international. Elle doit à présent se dédouaner en faisant réellement preuve de son indépendance par rapport à l’exécutif. Nul n’est au dessus de la loi, dit-on.

Pourquoi instrumentaliser la justice pour des besoins égoïstes ? Le chef de l’État, Félix Tshisekedi, devra se démarquer du régime de son prédécesseur pour éviter de replonger, une fois de plus, le pays dans le chaos. Les Congolais en ont déjà marre.

La correction de la Cour de Cassation

Après une longue et vaine attente, la Cour de cassation vient de casser le jugement RP 7652 rendu le 21 juin 2016 par le tribunal de paix de Lubumbashi/Kamalondo. Par cet arrêt, la haute cour vient de corriger une erreur judiciaire qui a porté préjudice à un citoyen congolais, au motif que ses ambitions politiques dérageaient le régime décadent. Ce jugement, prononcé sous pression et par contumace, condamnait Moïse Katumbi à trois ans de prison ferme. Trois ans plus tard, le droit  vient d’être dit et la vérité rétablie, à savoir M. Stoupis avait menti concernant la spoliation de son immeuble. Désormais, Moïse Katumbi est blanc comme neige et libre de ses mouvements.

Une étape importante vient d’être franchie dans le cadre de la décrispation politique instituée par l’Accord de la Saint-Sylvestre. Il s’agit du rétablissement de la vérité dans l’affaire Stoupis contre Moïse Katumbi, affaire qui a défrayé la chronique en son temps dans la mesure où c’était un montage judiciaire grossier et de mauvais goût. L’opinion ne comprenait pas que l’on puisse imputer à l’ancien gouverneur de l’ex-province du Katanga la spoliation d’un immeuble qui aurait appartenu à un sujet grec du nom de Stoupis.

Sous pression politique et policière, le tribunal de paix de Lubumbashi/Kamalondo fut poussé à traiter ladite affaire en mode de flagrance et à condamner injustement le président du TP Mazembe à trois ans de prison ferme. Ce qui, à l’époque, le condamnait à un exil forcé et, du coup, à être exclu du processus électoral en cours d’achèvement.

La vérité étant têtue, elle a fini par éclater au grand jour, trois ans plus tard. Quid ? Le jugement RP 7952 rendu par le tribunal de paix de Lubumbashi/Kamalondo le 21 juin 2016 vient d’être cassé par la Cour de cassation dans un arrêt rendu le 17 avril 2019. « La Cour de cassation, siégeant en matière de prise à partie, (…), annule jugement RP 7952 rendu le 21 juin 2016 par le tribunal de paix de Lubumbashi/Kamalondo », note la Haute Cour qui indique, en outre, que ledit jugement s’était caractérisé par la mauvaise foi, des artifices et des manœuvres qui donnent à la décision une valeur juridique apparente.

Il s’agit ici, notent des proches du président d’Ensemble pour le changement, d’une procédure judiciaire menée par les avocats de ce dernier et assortie du processus relatif à la décrispation politique instituée par l’Accord de la Saint-Sylvestre signé par les protagonistes le 31 décembre 2016 sous les auspices de la CENCO. C’est cette dernière qui, après investigations, avait conclu en son temps que l’affaire Stoupis de même que l’autre affaire rocambolesque dite de mercenaires américains que Moïse Katumbi aurait recrutés pour soi-disant déstabiliser la RDC, étaient des montages judiciaires grossiers.

Le  régime Kabila étant déchu, plus rien ne pouvait empêcher les cours et tribunaux de dire le droit en toute liberté. D’aucuns saluent cette décision de la Cour de cassation et demandent instamment à celle-ci de mettre fin aux poursuites judiciaires concernant l’affaire dite des mercenaires. Moïse Katumbi a le droit de rentrer dans son pays et de participer la reconstruction de la RDC détruite par 17 ans d’un pouvoir prédateur.

La Justice Militaire blanchit Moïse Katumbi

Enfin, l’auditorat général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ordonne que le dossier « Recrutement des mercenaires » attribué Moïse Katumbi, soit classé « sans suite » pour « inopportunité de poursuites ».

Totalement blanchi, l’ancien gouverneur de l’ex-province du Katanga, Moise Katumbi, était inculpé d’atteinte à la sureté de l’État pour un prétendu recrutement des mercenaires étrangers sur le sol congolais. Les enquêtes qui ont été ouvertes autour de ce  dossier, révèlent qu’il n’ y avait aucun mercenaire au Katanga à l’époque des faits.

« Nous estimons inopportun de continuer l’instruction du présent dossier », conclut l’auditorat général dans une note de classement « sans suite » émise le 9 mars dernier et signée par l’auditeur général des Fardc, le lieutenant-général Timothé Munkuto Kiyana.

« La justice abandonne les charges, car l’instruction dudit dossier va énormément gêner la ligne de conduite de la hiérarchie, aboutissant à un fiasco de la politique de la réconciliation tant prônée », explique le parquet militaire.

Moïse Katumbi s’est exilé en Belgique depuis près de trois ans, a vu sa condamnation à trois ans de prison en 2016 -dans une affaire de spoliation immobilière-, être annulée par la Cour de cassation, la semaine dernière, rappelle-t-on.

(avec lePotentiel)

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