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Manifestations du 1er Mai 2019 en France.
Manifestations du 1er Mai 2019 en France.

1er Mai : Les Français disent NON aux voleurs de Bilderberg

Dernière mise à jour, le 6 mai 2019 à 11:39

Pluie de pavés et de lacrymogène, vitrines brisées : le défilé parisien du 1er mai a rapidement dégénéré mercredi quand plusieurs centaines de « radicaux » ont affronté les forces de l’ordre, causant des dégradations, mais sans faire de Paris la « capitale de l’émeute » comme annoncé. Entre 150.000 et 300.000 personnes, militants syndicaux et « gilets jaunes », ont manifesté mercredi dans toute la France, dans une ambiance bon enfant en région mais plus tendue et confuse à Paris, où des heurts ont éclaté, et des manifestants ont fait brièvement irruption dans un hôpital.

En France, 164.000 personnes ont manifesté, selon le ministère de l’Intérieur, 310.000 selon la CGT. L’an dernier, entre 143.500 (préfecture) et 210.000 personnes (CGT) ont manifesté.

Dans la capitale, la mobilisation pour la fête des travailleurs a réuni 40.000 manifestants selon un comptage réalisé pour un collectif de médias par le cabinet Occurrence.

« C’est une grande journée de mobilisation », s’est réjoui le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez, qui a pourtant dû être exfiltré du cortège en début d’après-midi après avoir été pris à partie par des radicaux.

Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, n’est pas de cet avis, estimant que la journée a été « volée par la violence de quelques-uns », lors d’un déplacement en début de soirée à l’hôpital de La Pitié-Salpêtrière, où a été admis un CRS blessé à la tête.

Des dizaines de participants au défilé ont fait brièvement irruption dans cet hôpital, et certains ont même tenté de pénétrer dans un service de réanimation avant d’être délogés par la police, a dénoncé la direction de l’établissement, qui recevra jeudi la visite de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.

Certains des intrus avaient des « gestes violents et menaçants », a raconté à France Inter la directrice de l’hôpital Marie-Anne Ruder, qui était présente sur place lors de l’incident. Le personnel est « profondément choqué que l’hôpital puisse devenir une cible », a-t-elle ajouté.

Vitrines brisées, pluie de pavés, feux de poubelles, départs d’incendie, jets de lacrymo, grenades de désencerclement, canons à eau: dès avant le départ officiel du cortège parisien, des échauffourées ont eu lieu entre « black blocs » et police, avant un retour au calme en début de soirée.

Des journalistes de l’AFP ont vu des manifestants être pris en charge par les « street medics ».

Alors qu’ils ont défilé côte à côte en province au nom de la « convergence des luttes », des « gilets jaunes » et des militants CGT en sont venus brièvement aux mains à l’arrivée du cortège parisien, a constaté un journaliste de l’AFP.

« BenallAnniversaire »

Alors que le préfet avait ordonné la fermeture des commerces, les tensions se sont d’abord concentrées aux alentours du restaurant La Rotonde, « symbole » macroniste où le candidat d’En Marche avait célébré sa qualification au second tour de l’élection présidentielle.

Puis le cortège, mêlant militants syndicaux et « gilets jaunes », s’est mis en marche, parcourant quelque 3 km jusqu’à la place d’Italie qui s’est progressivement vidée à partir de 19H00.

A quelques encablures de là, une centaine de personnes se sont réunies dans la soirée dans une ambiance détendue sur la place de la Contrescarpe -bouclée par les forces de l’ordre- pour le « BenallAnniversaire », certains affublés d’un masque à l’effigie de l’ancien conseiller de l’Elysée, a constaté un journaliste de l’AFP.

Le ministère, qui avait déployé plus de 7.400 policiers et gendarmes, tablait sur « 1.000 à 2.000 activistes radicaux ».

Dans un quartier de l’Elysée bouclé par crainte des « black blocs », Emmanuel Macron avait invité mercredi 400 professionnels des métiers de bouche et des fleurs pour la traditionnelle remise du muguet, autour d’un somptueux buffet. La veille, il avait réclamé que la réponse aux militants radicaux soit « extrêmement ferme », après des appels sur les réseaux sociaux à transformer Paris en « capitale de l’émeute ».

La préfecture de police signalait 330 interpellations à Paris (50 en région) et plus de 15.300 contrôles, et le parquet 254 gardes à vue.

A Paris, Camille, 23 ans, se félicitait de la « grande convergence des luttes » réalisée ce mercredi entre les étudiants mobilisés contre la « réforme Blanquer du lycée » et les travailleurs. Les violences, « c’est devenu habituel depuis la loi travail en 2016 ».

En région, la journée du travail a été globalement célébrée dans une ambiance festive par les syndicalistes, les « gilets jaunes » et les politiques, mais sous haute surveillance policière. Plusieurs préfectures ont interdit des défilés dans le centre ville, comme à Caen ou à Lyon.

Ils étaient 6.200 à Lyon, 5.500 à Marseille, 3.400 à Nantes, 2.400 à Montpellier, 2.100 à Besançon, 1.800 à Saint-Etienne, 1.600 à Strasbourg, 1.500 à Lille, 1.400 à Dijon, selon la police, et jusqu’à 20.000 à Toulouse, selon la CGT.

Parmi les pancartes, on pouvait lire : « Le peuple déteste Macron », « Merci pour Notre Dame, mais donnez aussi aux Misérables », « Mieux vaut être une cathédrale qu’un gilet jaune », « Macron arrête de nous enfumer ».

A Rennes, Fanny 42 ans, aide-soignante et « gilet jaune » de la première heure déplore qu’il n’y ait « plus de postes dans les hôpitaux. L’Etat nous supprime des postes, des matériels. On se retrouve à 4-5 pour gérer 100 personnes. Je suis là pour ça et pour mes enfants ».

Malgré leur mobilisation -en ordre dispersé-, les syndicats craignent que leurs revendications ne soient brouillées au milieu des violences.

UN 1ER MAI TENDU À PARIS

Pluie de pavés et de lacrymogène, vitrines brisées: le défilé parisien du 1er mai a rapidement dégénéré mercredi quand plusieurs centaines de « radicaux » ont affronté les forces de l’ordre, causant des dégradations, mais sans faire de Paris la « capitale de l’émeute » comme annoncé.

A la mi-journée, une foule bigarrée patiente sur le boulevard du Montparnasse, bien avant le départ annoncé de la manifestation syndicale. Des groupes de personnes encapuchonnées se mêlent aux « gilets jaunes » et militants syndicaux cassant la croûte sous le soleil. Après avoir passé masque et sweat noir, ils remontent en colonne vers la tête de cortège.

« Attention à vous! » leur lancent des « gilets jaunes » restés sur les côtés, immobiles.

Il est 13H00 et les premiers projectiles sont lancés sur les forces de l’ordre, protégeant en nombre la brasserie « La Rotonde », où le chef de l’Etat avait célébré sa qualification au second tour de la présidentielle il y a deux ans. Symbole « macroniste », elle faisait partie des cibles des « black blocs » selon les appels circulant sur les réseaux sociaux pour cette journée voulue « apocalyptique ».

Visés par des jets de bouteilles en verre et de pavés, policiers et gendarmes — plus de 7.400 sont déployés à Paris où étaient attendus « 1.000 à 1.200 activistes radicaux » selon les autorités — répliquent immédiatement en tirant des grenades lacrymogène et de désencerclement.

C’est autour de « La Rotonde », entièrement recouverte de panneaux de bois et fermée à la demande de la préfecture de police comme près de 600 commerces sur l’axe de la manifestation, que les tensions se concentrent pendant plus d’une heure.

Les « black blocs », utilisant pour se protéger deux grands cygnes en carton-pâte, l’un noir, l’un blanc, montés sur des caddies de supermarché, multiplient des incursions par petits groupes compacts et organisés.

Postées devant les vitrines de commerces, les forces de l’ordre amplifient leurs charges et les interpellations – près de 300 en fin d’après-midi.

Alors que les syndicats et leurs militants restent en queue de cortège, la confusion règne à sa tête, avec des mouvements de panique récurrents et des manifestants criant « ne courez pas, ne courez pas ».

Acclamés, les « street medics » sont régulièrement appelés pour soigner des blessés ou donner du sérum physiologique.

« A l’attaque ! »

La CGT, dont le service d’ordre semblait débordé, a dénoncé « une répression inouïe et sans discernement » après les « actes de violences de certains », accusant les forces de l’ordre d’avoir « gazé » leurs militants.

Les larmes aux yeux, l’un d’eux, assure n’avoir « jamais vu ça, même en 68 ». « C’est pas les +gilets jaunes+ les responsables. C’est le gouvernement qui laisse faire pour pouvoir nous interdire de manifester. C’est scandaleux », accuse-t-il.

Sophie, « gilet jaune » de 60 ans, dit « comprendre » les violences. « Quand on est confronté au mépris et à l’indifférence il peut y avoir de l’irrationalité qui monte », estime-t-elle.

Des manifestants scandent « Révolution, révolution », d’autres chantent « On est là, on est là, même si Macron ne veut pas, nous on est là pour l’honneur des travailleurs et pour un monde meilleur, nous on est là ».

Après un relatif retour au calme, les tensions redoublent quand la tête de cortège arrive vers 15H30 place d’Italie, fin du parcours de la manifestation syndicale.

Renfilant leur survêtement noir par dessus leur jean sur un boulevard menant à la place, certains « black blocs » courent en criant « A l’attaque ! ».

Devant le commissariat du XIIIe arrondissement, des « black blocs », les mains gantées de noir, tentent de repousser et mettre à terre des barrières anti-émeutes protégeant l’enceinte, encouragés par des « gilets jaunes ».

Les lieux sont rapidement inondés de lacrymogènes, comme la place d’Italie voisine où tout le monde recule, puis court dans tous les sens. « On va où? », crie un « gilet jaune », « les syndicats se sont barrés? », se demande un autre. « Faut retrouver le bloc, faut retrouver le bloc », lâchent des jeunes hommes vêtus de noir.

Sur les boulevards, des barricades sont montées, des poubelles incendiées, des commerces attaqués à l’aide de briques ou de barres de fer. Les vitrines de restaurants, d’un salon de massage et d’une banque – sur laquelle a également été tagué « CRS = DAESH » – sont brisées, essentiellement sur le boulevard Saint-Marcel.

(avec Afp)

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